Alhambra de Grenade, vue partielle depuis le Mirador de San Nicolas

GRENADE Grenade est une ville espagnole, capitale de la province de Grenade au Sud-Est de l’Andalousie. Grenade est située au pied de la Sierra Nevada, au confluent de trois rivières, la Beiro, la Darro et la Genil.

Population : 243 341 habitants (aire urbaine: 500 000), dont 70 000 étudiants. Superficie : 12 500 km² . Climat : continental.

Tourisme et culture à Grenade

Grenade est un haut lieu culturel et touristique qui abrite entre autres le célèbre palais de l’Alhambra (inscrit sur la liste du patrimoine mondial établie par l’UNESCO). Grenade attire chaque année des milliers de touristes de tous les continents. Elle occupe dans l’imaginaire de tous, y compris de ceux qui ne l’ont pas visitée, une place unique. A la croisée des cultures, lieu de cohabitation parfois sanglante de plusieurs civilisations, héritière de multiples traditions, Grenade est un mélange unique en son genre.

« La rencontre entre maure et chrétien, gitan et juif, sierra et plaine, neige et soleil, dans ce balcon verdoyant de l’Europe qui regarde vers les côtes arides de l’Afrique. » (Lorenzo Bohme).

GRENADE ALHAMBRA
Les monuments de Grenade

  • L’Alhambra est un palais composé de quatre parties bien distinctes : l’Alcazaba (Al Casbah, la maison), édifice purement militaire à l’origine du palais ; les palais nasrides, construits sous la dynastie des Nazari, sous laquelle Grenade a été la plus florissante ; le Generalife et ses jardins et enfin le Palais de Charles Quint.
  • Palais de Dar al-Horra, construit au XVe siècle par les nasrides
  • Corral del Carbón, ancien caravansérail du XIVe siècle
  • La cathédrale, dont la construction fut initiée sous Charles Quint en style gothique en 1518, fut achevée par la suite en style Renaissance (1703)
  • L’Hôpital Royal, aujourd’hui rectorat de l’Université de Grenade
  • Le monastère San Jeronimo
  • La Chapelle Royale
  • Le Parc des sciences

Les quartiers de Grenade
GRENADE (Bib-Rambla)

  • L’Albaicín : colline située sur la rive droite du Darro, projette son visiteur dans un univers unique. Site de l’ancienne cité primitive d’Elvira, avant que les maures Ziris ne la renomment Grenade, elle hébergeait les artistes qui montaient sur la colline lui faisant face pour édifier les palais de l’Alhambra, pendant les temps permettant son embellissement.
  • Le Realejo : Le Realejo était le quartier juif du temps de la Grenade nasride ; l’intégration du peuple juif était telle que Grenade était connue de par le Pays d’al-Andalûs sous le nom de Granada de los judios (en arabe Granata al Jawud). C’est aujourd’hui un quartier comprenant de nombreuses villas andalouses avec jardins ouverts sur les rues, dénommées les carmenes.
  • La Cartuja : Ce quartier héberge un édifice éponyme : La Cartuja, exacte traduction de la Chartreuse en français : ancien monastère dans le style gothique flamboyant, dont les décorations intérieures restent inachevées. Se trouvent dans ce quartier également les édifices résultant de l’extension de l’Université de Grenade.
  • Bib-Rambla : Le toponyme existait du temps des arabes ; aujourd’hui cette place est un haut-lieu de la gastronomie de la ville, surtout par ses terrasses de restaurants ouvertes dès les beaux jours. Le bazar issu des petites ruelles marchandes de la Grenade ancienne, devenu essentiellement touristique, serpente à partir de cette place, jusque le long de la cathédrale.
  • Le Sacromonte : Le Sacromonte se situe sur l’extension de la colline de l’Albaycin, en remontant le cours du Darro. S’y trouvent de nombreuses cavernes creusées et aménagées dans la roche, peintes en blanc. Les gitans, peuple chassé de toutes les parties d’Europe, s’y sont installés depuis les temps médiévaux de l’Andalousie. Ils y organisent la Zambra Gitana, danse andalouse provenant du Moyen-Orient, et qui est devenue le Flamenco. L’environnement culturel propre à cet zone fait l’objet d’une protection, par l’intermédiaire du Centro de interpretación del Sacromonte.

Vidéos de Grenade

Parcs et jardins de Grenade

  • Parc de Fuente Nueva
  • Parc Federico Garcia Lorca
  • Parc Carmen de los Martires
  • Parc de Zaidin

Restes de l’époque ziride à Grenade

Essentiellement bâtie durant les Nasrides, la dernière dynastie régnante, Grenade ne conserve que peu de restes des gouvernants antérieurs, les Zirides, hormis leurs thermes en bas des pentes de l’Albaicín : le bagnuelo.

L’université de Grenade

L’université de Grenade est une des plus anciennes universités d’Espagne. Fondée en 1531 par Charles Quint, elle reste l’une des principales du pays. Elle dispose de campus universitaires à Grenade ainsi que dans les deux enclaves de Ceuta et Melilla.

Grenade compte entre 60 000 et 70 000 étudiants répartis dans 107 départements, dont de nombreux étrangers soit dans le cadre de programmes d’échanges européens Erasmus ou Intereg, soit dans le cadre extra-européen.

Grenade participe activement au programme européen Erasmus, notamment en partenariat avec l’université de Bordeaux.

Métonymie

Elvira désigne Grenade avant que les Zirides ne lui aient changé son nom. Ce nom se retrouve dans la Calle de Elvira et la Puerta de Elvira, qui correspondent au tracé antique de la cité.

Histoire de Grenade
GRENADE VUE DEPUIS L’ALHAMBRA

Epoque wisigothe
La cité antique est peuplée par des Ibères (venus de l’Asie mineure au nord de la Turquie), des Phéniciens (anciens Syriens, Palestiniens et Libanais), des Grecs, des Carthaginois (anciens Tunisiens), des Romains (ancien Italiens), des Ostrogoths, des Wisigoths et des Arabes de 711 jusqu’en 1492 ; elle se nomme Elvira au moment de l’arrivée des Maures, qui la nomment Garnat Al-Yahud (la Grenade des Juifs). La légende locale raconte que, las des exactions et persécutions continuelles des rois wisigoths à leur encontre depuis Receswinthe, la population juive facilita le passage des nouveaux conquérants en leur livrant les clés d’Elvira.

Epoque musulmane
La Grenade contemporaine est le fruit de deux civilisations, dont le passage eut lieu pendant l’année 1492 : la civilisation islamique tout d’abord, qui depuis le premier roi Ziri de Grenade, Zawi ibn Ziri jusqu’au dernier sultan Nasari Boabdil, a régné non sans difficultés sur la ville et ses alentours: ce fut le Royaume de Grenade.

Epoque chrétienne
L’année 1492 est capitale dans l’histoire espagnole. On l’associe le plus souvent à la découverte des Amériques par Christophe Colomb. Mais elle marque aussi la fin de sept cents ans de présence maure dans la péninsule ibérique, Grenade étant le dernier bastion à se rendre. La « Reconquista » (reconquête) s’achève donc par la remise des clés de la ville par Boabdil à Ferdinand II d’Aragon et Isabelle Ire de Castille, les rois catholiques. La mère de Boabdil déclara alors à son fils : « Pleure comme une femme ce que tu n’as pas su protéger comme un homme ».

La civiliation occidentale dans son expression radicale catholique émanant de la Reconquête, s’empare ainsi de la ville qui, malgré de grands monuments catholiques (cathédrale, Hôpital royal, monastères…) et la persistance de nombreuses processions de pénitents liée à la période troublée des conversions, a toujours gardé comme une nostalgie de la splendeur passée sous le règne musulman. (Source