Roi d’Espagne

JUAN CARLOS Ier, ROI D\'ESPAGNE

Le roi Juan Carlos Ier, très rarement désigné par son nom francisé Jean-Charles Ier (en castillan : Juan Carlos I de Borbón y Borbón), né le 5 janvier 1938, est l’actuel roi d’Espagne, il a accédé au trône le 22 novembre 1975.

Les institutions officielles emploient généralement pour le désigner son nom en castillan Juan Carlos I dans toutes les langues étrangères à l’Espagne, bien que son nom soit aisément traduisible dans toutes les langues d’Europe. Ce nom s’est aujourd’hui imposé partout dans l’usage. Pourtant, en catalan, basque et galicien, on emploie respectivement les noms Joan Carles I, Joan Karlos I.a et Xoán Carlos I.

La Monarchie parlementaire de Juan Carlos Ier

Grâce à l’institution de cette Monarchie les citoyens Espagnols, vécurent le passage de la Dictature à la Démocratie sans la moindre effusion de sang, sans le moindre drame.

La monarchie parlementaire met le roi au-dessus des partis politiques. Le suffrage universel décide tous les quatre ans de porter au pouvoir l’assemblée législative qui a recueilli la majorité électorale. Après consultation, le roi propose le candidat au poste de président du gouvernement qui doit ensuite recueillir la confiance du parlement espagnol, les « Cortes ». Par là même, un gouvernement décidera du destin du pays pour le meilleur du peuple espagnol.

L’Espagne a réussi sa décentralisation, le roi en est le fédérateur. Il incarne les traditions et la culture de son pays et est le garant des institutions espagnoles. Il est un ambassadeur du savoir-faire ibérique à travers le monde, notamment en Amérique latine. En monarchie parlementaire, le roi incarne une démocratie vivante, il est le parangon de l’unité du pays. Le président du gouvernement conduit les affaires de la nation. Contrairement à d’autres institutions démocratiques, le souverain s’interdit toute intervention qui pourrait entraver la conduite du pays. Ceci ne lui interdit pas pour autant dans la confidentialité, de conseiller, de mettre en garde ou d’encourager le gouvernement, exerçant ainsi son rôle d’arbitre et de modérateur, tel que la Constitution l’y autorise.


La désignation du futur roi d’Espagne
Son grand-père Alphonse XIII fut roi d’Espagne jusqu’à l’avènement, en 1931, de la Seconde République espagnole. La Guerre civile espagnole met fin à la république et est suivie par la dictature du général Franco, qui exerce les fonctions de chef de l’État jusqu’à sa mort le 20 novembre 1975. Le 22 novembre, le prince Juan Carlos devient roi d’Espagne sous le nom de Juan Carlos Ier.

Juan Carlos d’Espagne naît le 5 janvier 1938 à Rome, en Italie, où sa famille vit en exil. Enfant, il est surnommé Juanito (« Ti-Jean » Petit Jean). Il quitte ses parents et vient en Espagne pour suivre une formation sous l’égide de Franco, qui avait posé cette condition à la restauration de la monarchie.

En 1956, son frère cadet Alfonso meurt d’un coup de fusil dans la résidence de ses parents à Estoril, Portugal. Officiellement, il s’agit d’un accident survenu pendant le nettoyage d’un fusil, mais Juan Carlos étant le seul témoin, des doutes subsistent sur l’identité de celui qui tenait cette arme.

Franco écarte du trône le père de Juan Carlos, le prince Juan de Borbón, comte de Barcelone, préférant prendre comme successeur Juan Carlos lui-même afin de maintenir le régime. Pendant la dictature, Franco crée le titre de prince d’Espagne (plutôt que prince des Asturies) pour Juan Carlos. Celui-ci commence à utiliser le deuxième nom, Carlos, pour avancer ses prétentions à l’héritage du côté de sa famille.

Le 22 juillet 1969, devant les Cortes réunies dans l’illustre édifice de la Carrera de San Jerónimo, gardé par deux lions de bronze la patte posée sur un boulet de canon, le général Franco, d’une voix ténue, presente Juan Carlos comme l’homme le plus digne de lui succéder le jour venu, à titre de roi, dans la continuité des Principes du Mouvement National (Movimiento) .

Pendant un temps, on a prêté au général Franco une hypothétique intention de placer sur le trône le cousin germain de Juan Carlos, le prince Alphonse de Bourbon (1936-1989), sans qu’aucun élément tangible vienne jamais étayer cette thèse (en dehors du mariage, le 8 mars 1972, de ce dernier avec la petite-fille de Franco, Carmen Martínez-Bordiú). Alphonse de Bourbon avait d’ailleurs renoncé solennellement à toute prétention au trône d’Espagne, deux ans et demi auparavant, suivant en cela la démarche de son père le duc d’Anjou et de Ségovie).

Roi d’Espagne

Armoiries du roi d\'Espagne

Durant les périodes de maladie de Franco en 1974 et 1975, Juan Carlos est nommé chef de l’État par intérim. Proche de la mort, Franco avoua le le 30 octobre 1975 qu’il était trop malade pour gouverner mais ce ne sera que deux jours après la mort du dictateur, survenue le 20 novembre 1975, que Juan Carlos sera proclamé roi d’Espagne.

Or, Juan Carlos promulgue rapidement des réformes démocratiques, au grand dam des éléments conservateurs, notamment les forces armées, qui s’attendaient à ce qu’il maintînt l’État fasciste. Juan Carlos nomme Adolfo Suárez, ancien chef du Movimiento Nacional, au poste du président du gouvernement. La pièce maîtresse des réformes démocratiques est la loi pour la réforme politique (Ley para la Reforma Política) présentée par le gouvernement Suárez, adoptée par les Cortes le 18 novembre 1976 et par le peuple espagnol le 15 décembre 1976 (94.2% de « oui »). Cette loi, de rang constitutionel (« loi fondamentale » selon la terminologie franquiste), crée les bases juridiques nécessaires à la réforme des institutions franquistes depuis l’intérieur et permet que se déroulent le 15 juin 1977 les premières élections démocratiques depuis l’instauration de la dictature. Le Congrès des députés (Congreso de los Diputados) et le Sénat (Senado) issus de ces élections seront chargés d’élaborer, notamment, la nouvelle constitution démocratique que le roi approuvera au cours d’une session conjointe des deux Chambres le 27 décembre 1978.

En 1977, le père du roi, Juan de Borbón, avait formellement renoncé à ses prétentions au trône ; Juan Carlos le remerciera en confirmant le titre de comte de Barcelone que ce prince s’était donné pendant son exil. La nouvelle constitution espagnole de 1978 reconnaîtra en Juan Carlos l’héritier légitime de la dynastie.

Une tentative de coup d’État militaire surprend les Cortes le 23 février 1981. Des officiers tirent des coups de feu dans la Chambre parlementaire durant une session retransmise en direct à la télévision. On craint alors la déroute du processus démocratique, jusqu’à ce que le roi étonne la nation par une allocution télévisée exigeant que l’armée apporte son soutien inconditionnel au gouvernement démocratique légitime. Le roi avait auparavant appelé plusieurs chefs de l’armée pour leur ordonner en tant que commandant en chef de défendre la démocratie.

Lors de sa prestation de serment devant les Cortes, un chef communiste, Santiago Carrillo, lui avait donné le sobriquet «Juan Carlos le Bref», prédisant qu’il se trouverait rapidement écarté avec les autres restes du fascisme. Après l’avortement du coup d’État de 1981, ce même homme politique, ému, dira aux médias, « Dieu protège le Roi ! » Si les démocrates et les gauchistes s’étaient jusque là montrés réservés, après l’échec du coup d’État leur soutien deviendra inconditionnel, un ancien chef de la IIe République déclarera : «Nous sommes tous des monarchistes maintenant». Néanmoins, une expression courante dit que les Espagnols ne sont pas des monarchistes, mais des «Juancarlistes».

Plus tard, une tentative d’assassinat par des membres du groupe armé basque ETA avortera à Majorque, lieu de villégiature de la famille royale.

Juan Carlos Ier, roi d\'Espagne

Aujourd’hui, le roi d’Espagne règne en tant que monarque constitutionnel, sans exercer de réel pouvoir sur la politique du pays. Il est considéré comme un symbole essentiel de l’unité du pays et ses interventions et points de vue sont écoutés respectueusement par des politiciens de tous les côtés. Son discours annuel la veille de Noël est diffusé par la plupart des canaux télévisuels espagnols. Puisqu’il est le chef suprême des forces armées espagnoles, son anniversaire est une fête militaire.

Juan Carlos Ier, roi d\'Espagne

L’effigie du roi apparaissait sur les pièces et billets en pesetas et apparaît toujours les timbres d’usage courant espagnols et sur les pièces espagnoles de 1 et 2 euros.

En septembre 2007 lors du 17ème sommet ibéro-américain, son intervention sera rendue célèbre (par les médias et des sites de partage de vidéos) pour son fameux « ¿Porqué no te callas? » à l’encontre du président du Vénézuela Hugo Chavez qui s’en prenait à la politique de l’ancien premier ministre espagnol José María Aznar.

La Constitution espagnole de 1978

L’Espagne a été un pays sans Constitution dès 1936 à 1978. Après la prise du pouvoir, le général Franco légiférait à coups de Fuero de los españoles, de « lois organiques » et de « lois de succession ».

Point d’orgue de l’idéal consensuel de la transition, l’élaboration du texte constitutionnel repose sur un esprit de tolérance prôné conjointement par le parti au pouvoir et les formations de l’opposition. Celles-ci – PSOE et PCE notamment – acceptent la voie ouverte par la « loi de réforme politique » et finissent par conserver le seul héritage qui leur paraît acceptable : le système monarchique, signe que le seul dilemme d’actualité se réduit désormais à l’alternative démocratie/dictature et non plus, comme en 1931, à l’alternative république/monarchie.

Le 25 juillet 1977, la nomination de la Commission des affaires constitutionnelles et les libertés publiques, présidée par le centriste Emilio Atard ouvre la période constituante. De cette première émane un groupe de sept personnalités qui constituent la Ponencia Costitucional : Manuel Fraga Iribarne, Gabriel Cisneros Laborda, Miguel Herrero, Gregorio Peces Barba, José Pedro Pérez Llorca, Miguel Roca et Jordi Solé Tura. Après quatre mois de travail, les « pères de la Constitution » achèvent la rédaction de l’avant-projet qui sera modifié par près de 2000 amendements présentés par les députés et les sénateurs. Enfin, le 31 Juillet 1978, le texte est adopté par les parlamentaires. Au Congreso (l’assemblée des députés), l’approbation et écrasante. 94,2% sont favorables au « oui » : UCD, PSOE, PCE et la plupart des députés de Alianza Popular – dont Manuel Fraga Iribarne et une partie du groupe mixte. Au Sénat, les résultats sont identiques : 94,5% de « oui ». Comme il fallait le craindre, l’ensemble du corps électoral est moins motivé que ne l’est la classe politique : un tiers des électeurs ne prend pas part au référendum du 6 décembre. Néanmoins, sur l’ensemble des bulletins dépouillés, près de 88% se prononcent en faveur du texte.

Finalement le 27 décembre 1978, le roi d’Espagne se présente devant les Cortes generales – députés et sénateurs réunis – pour ratifier la Constitution.

Descendance bourbonienne et victorienne

  • Bourbon par la grâce de Philippe de France, petit-fils de Louis XIV le Roi Soleil, Juan Carlos descend donc en ligne directe du comte de Clermont Robert de France (1256-1317), le dernier fils de Saint Louis (Louis IX) et qui fut reconnu sire de Bourbon en 1283.
  • La famille royale - Palais Royal Madrid, 2005

  • Victoire Eugénie de Battenberg (1887-1969), la petite-fille de la reine Victoria Ier, épousa en 1906 Alfonso XIII (1886-1941), roi d’Espagne. Leur petit-fils, l’actuel roi d’Espagne Don Juan Carlos Ier de Borbón (1938) est donc l’arrière-arrière-petit-fils de la reine Victoria, dernier monarque de la Maison de Hanovre.

La famille royale

Son épouse, la reine Sofía, membre de l’ancienne famille royale grecque. Ils ont trois enfants : les infantes Elena, duchesse de Lugo, Cristina, duchesse de Palma de Majorque et l’héritier, Felipe, prince des Asturies futur roi Felipe VI et époux de l’ancienne journaliste Letizia Ortiz Rocasolano.

Le roi est également grand-père de sept petits-enfants : Felipe Juan Froilán et Victoria Federica de Marichalar y de Borbón, Juan Valentín, Pablo Nicolás, Miguel et Irene Urdangarin y de Borbón et S.A.R. l’infante l’infante Leonor de Bourbon Ortiz. (Source).

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  • Yves CHERY

    L’Espagne, un pays conquérant, démocratique, agréable à vivre malgré certains petits
    problèmes économiques. Avec l’arrivée de Juan Carlos comme roi, il y a eu divers changements . Chacun a pu trouver le goût de vivre dans ce cher coin de terre. Quel
    pays de rêve !!!

  • Bonnet

    Ce qui se construit maintenant fait par Juan Carlos me semble très bon depuis l’année 1972. Je me demande si encore il ne laisse pas complètement des relents de cette guerre que j’ai trouvé à Grenade dans cette ville.
    Fraternité le plus possible

  • mike

    Le president de la republique d’haiti a-t-il rencontre avec le roi d’espagne pendant sa tournee ?