Espagnol

ESPAGNOLL’espagnol, ou castillan, est la langue romane commune de l’Espagne et de nombreuses nations d’Amérique, ainsi que d’autres territoires dans le monde associées à un moment de leur histoire à l’ancienne métropole.

Usage des termes « espagnol » ou « castillan »

Le terme « espagnol » est recommandé par l’Académie royale de la langue espagnole (Real Academia Española, RAE), et l’Association des Académies de la langue espagnole pour désigner une langue parlée par 480 millions de personnes, car c’est la dénomination internationale (Spanish, espagnol, Spanisch, spagnolo, etc.). On peut dire que l’espagnol est la troisième langue plus parle du monde (après l’anglais et le chinois).

La dénomination « castillan » est réservée, selon la même source, pour l’emploi dans le cas suivants :

  • Pour désigner le dialecte romanique né et employé au royaume de Castille durant le Moyen Âge.
  • Pour se référer au dialecte moderne parlé actuellement dans les régions centrales espagnoles de Castille-et-León, Castille-La Manche et Madrid. Cependant cet usage n’est pas rigoureux linguistiquement parlant, étant donné que dans ces différentes zones on parle des dialectes différents.
  • En Espagne, le terme « castillan » est aussi employé pour désigner la langue commune de l’État, en référence aux autres langues co-officielles de certains territoires autonomes comme le catalan, le basque et le galicien, considérées comme langues espagnoles.
  • En Argentine, au Chili, au Paraguay et au Uruguay on utilise le terme castillan plus souvent qu’espagnol, ce qui peut être interprété comme une réaction à l’ancien colonialisme espagnol.

Géographie, pays où l’on parle espagnol

L’espagnol est une langue impériale. L’espagnol est la langue officielle de l’Espagne (44 millions) en Europe. En Amérique, les pays aux plus grandes populations hispanophones sont le Mexique (106 millions), la Colombie (43 millions), l’Argentine (39 millions), le Pérou (28 millions) et le Venezuela (26 millions).

Elle est aussi la langue nationale de la Bolivie, du Chili, du Costa Rica, de Cuba, de la République dominicaine, de l’Équateur, du Guatemala, du Honduras, du Nicaragua, du Panama, du Paraguay, de Porto Rico, du Salvador et de l’Uruguay.

L’espagnol est encore parlé par les communautés hispanophones des États-Unis (42,69 millions) et notamment dans les Etats du sud (Nouveau-Mexique, Californie, Texas, Arizona, Nevada, Colorado, Florida tous avec plus d’un 18% d’hispanophones).

Il existe des nombreux locuteurs au Brésil (langue obligatoire à l’école primaire depuis 2005). En Afrique, l’espagnol est parlé en Guinée équatoriale, dans les villes du Sahara et dans des parties du nord du Maroc. En Asie, plus de 3 millions de locuteurs existaient aux Philippines mais aujourd’hui il y en a moins de 100 000.

Enfin, une variété du castillan appelée selon les auteurs judesmo, ladino, ispanyol ou judéo-espagnol est parlée par la communauté juive sépharade originaire de la péninsule ibérique en Israël, Turquie ou Gibraltar.

CARTE DES PAYS HISPANOPHONES

Vocabulaire

L’espagnol ressemble en de nombreux points au français, du fait de leur origine latine commune. Néanmoins, les événements historiques que connurent ces deux pays ont imprégné les vocabulaires espagnol et français de manière différente. En effet, l’espagnol connut une influence très importante de l’arabe (entre 4 000 et 5 000 mots), héritage de l’époque musulmane, et fut aussi très influencé par le basque. Au contraire le français, dans sa prononciation a connu des influences germaniques. Ceci est visible par le système de cinq voyelles, la disparition de la lettre « F » de beaucoup de mots et par l’existence des mots en espagnol, d’origine basque. Par exemple, izquierda (gauche) en castillan vient du mot basque ezkerra. Le Caló (dialecte espagnol du Romaní, langue des gitans) a aussi enrichi notablement le vocabulaire castillan, surtout au niveau de l’argot.

Appartenant à la même sous-branche que le portugais et le galicien (ce sont des langues ibéro-romanes), le castillan permet une certaine intercompréhension écrite avec ces deux langues.

Écriture

Le castillan utilise comme les autres langues romanes l’alphabet latin et recourt à des diacritiques et des digrammes pour le compléter. Le tilde est peut-être le plus célèbre des diacritiques castillans ; il donne naissance à un caractère considéré comme une lettre à part entière, Ñ ñ. D’autre part, l’accent aigu sert à indiquer les accents toniques irréguliers et à distinguer quelques homophones : les voyelles le portant sont les suivantes : Á á, É é, Í í, Ó ó et Ú ú. Enfin, le « u » porte un tréma dans de rares occasions, à savoir dans les suites « güe » et « güi » pour indiquer que le « u » se prononce (par exemple : bilingüe, « bilingue »)…

Autrefois, on considérait que les digrammes « ch » et « ll » constituaient chacun une lettre distincte (elles avaient leur entrée dans le dictionnaire) mais on les traite aujourd’hui de plus en plus comme deux lettres séparées. Le N tildé est, à l’origine, aussi un digramme NN, le second N ayant été abrégé par suspension au moyen d’un trait devenu ondulé, ~. Bien que ce soit les scribes espagnols qui aient inventé la cédille (zedilla, « petit z »), celle-ci n’est plus utilisée depuis le XVIIIe siècle (le « ç » qui notait [ts] étant devenu un son interdental noté « z » : lança est devenu lanza, « lance », ou « c » devant « e » et « i » : ciego, « aveugle »).

Le classement alphabétique espagnol
Pour consulter un dictionnaire de l’espagnol ou castillan, il n’est pas inutile de vérifier sa date de publication puisque les règles de classement alphabétique ont été modifiées en 1994.

Jusqu’en 1994
L’alphabet traditionnel espagnol comportait 29 rangs alphabétiques :

a, b, c, ch, d, e, f, g, h, i, j, k, l, ll, m, n, ñ, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z
(le « k » et le « w » ne se rencontrent que dans les mots ayant gardé leur aspect étranger)

où les trois éléments « ch », « ll » (deux digrammes) et « ñ » (n tildé) s’ajoutent aux 26 lettres traditionnelles. En revanche pas de rang alphabétique pour :

– « rr » la deuxième lettre double de l’espagnol, traitée différemment de « ll » ;
– á, é, í, ó, ú, qui ont chacune le rang de la voyelle simple : l’accent aigu est en effet pour ainsi dire extérieur à la voyelle dans la prononciation puisqu’il sert à préciser si besoin est la place de l’accent tonique dans le mot (par exemple dígamelo, huérfano, Pérez, país et cayó) ;
– « ü » (comme dans cigüeña) qui a le rang alphabétique de « u ».

D’où les classements alphabétiques pouvant surprendre :

  • camisa, claro, charla
  • liar, luna, llama
  • conocer, coñac

Les difficultés rencontrées par les informaticiens à traiter une séquence de deux caractères comme un caractère unique pour le classement alphabétique et la volonté de se rapprocher des usages internationaux ont amené à retirer leur rang alphabétique à « ch » et à « ll » en 1994.

Depuis 1994
L’alphabet espagnol comporte désormais 27 rangs alphabétiques :

a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, ñ, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z

En effet, l’Académie royale de la langue espagnole a décidé, en collaboration avec les autres académies des différents pays hispanophones, de changer la méthode de classement alphabétique : maintenant le « ch » logiquement considéré comme un c suivi d’un « h » et le « ll » comme la suite de deux « l ».

Exemples :

  • camisa, charla, claro
  • liar, llama, luna

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Orthographe espagnole

La présentation de l’orthographe espagnole se résume à la phrase « En español, todo lo que se escribe se pronuncia. » (« En espagnol, tout ce qui s’écrit se prononce. ») Cette caractéristique rend son apprentissage aussi facile pour les hispanophones natifs, que pour les personnes désirant apprendre la langue. Les combinaisons de lettres « ph », « rh » et « th » ne sont pas utilisées et seules les lettres « n », « l » et « r » peuvent être doublées.

Grammaire espagnole

L’espagnol suit les principes généraux des autres langues indo-européennes, c’est-à-dire, des langues nationales dont la grammaire est de type flexionnelle (les substantifs et les adjectifs ont un genre et un nombre, les pronoms se déclinent, les verbes se conjuguent).

>> Livres grammaire espagnole

>> Conjugaison espagnole

Variations et dialectes de l’espagnol
Variations en Amérique latine

Parmi les plus importantes mentionnons l’utilisation du vosotros (2e personne du pluriel, équivalent en Espagne au « vous » français lorsque l’on s’adresse à un ensemble de personnes tutoyées). Le pronom de la troisième personne du pluriel ustedes (qui sert en Espagne à s’adresser à un ensemble de personnes vouvoyées) lui est préféré en Amérique latine.

Notons également la prononciation ibérique de la consonne « c » (devant les lettres « e » et « i ») ou « z » (devant « a », « o » et « u »), interdentale proche du « th » anglais de thick, alors que ce son est toujours prononcé comme un s en Amérique latine, un important trait commun avec le dialecte péninsulaire andalous et le canarien.

Il convient ici de remarquer que le castillan de l’Amérique hispanique a été largement influencé par les dialectes andalous et canariens. Ceci s’explique par le fait que la colonisation de l’Amérique hispanique et tous les échanges commerciaux avec celle-ci ont pendant longtemps été centralisés à Séville (les Canaries servant souvent d’intermédiaire avec la Péninsule Ibérique), ce qui permettait un meilleur contrôle de la Monarchie. C’est donc le dialecte andalous qui a été dominant chez les migrants (qui y passaient souvent de longs mois avant de pouvoir embarquer pour le Nouveau Monde). Quant à l’accent, le canarien est le plus proche, ce dialecte étant difficile à distinguer, même pour les hispanophones, de ceux de Cuba ou du Venezuela.

Soulignons également l’influence des nombreux esclaves africains déportés dans l’empire espagnol. Ceux-ci ont en effet développé une forme d’espagnol particulière au contact des colons tout en apportant leur accent africain.

De grandes différences peuvent exister au niveau lexical. Par exemple certains mots courant dans l’espagnol péninsulaire sont obscènes en Argentine ou au Mexique.

La prononciation de l’heure peut différer en Espagne et en Amérique latine. Pour ce qui est de la première moitié du cadran (12 à 6) l’usage est le même. Pour la deuxième moitié (6 à 12), il y a des variations. Par exemple, en Espagne 9h40 se dira « son las diez menos veinte » tandis qu’en Amérique latine on préfèrera généralement « faltan veinte para las diez », bien le paradigme péninsulaire existe et soit quelque fois employé. 1h et 13h se dise de la même façon : « Es la una ».

On pourrait citer à titre d’exemple parmi les plus remarquables, en Amérique latine :

  • Castillan argentin
  • Castillan chilien
  • Castillan mexicain
  • Castillan péruvien

Le Spanglish
Une conséquence du contact de la langue espagnole avec l’anglais, est la formation d’un code mixte connu comme spanglish, qui est employé notamment par des locuteurs aux États-Unis. Cette variante de l’espagnol est étudiée à des universités comme l’Université Amherst du Massachusetts.

Exemples de Spanglish (Espagnol -> Anglais -> Spanglish) :

  • Banda -> Gang -> Ganga
  • Estacionar ->To park -> Parquear
  • Biblioteca ->Library -> Librería
  • Coger -> To catch -> Cachar
  • Camioneta ->Truck-> Troca
  • Reloj ->Watch -> Wacho

Le Panocho
Le Panocho appelé murciano est un dialecte castillan qui se parle actuellement dans la Région de Murcie et les provinces d’Albacete et Alicante (Espagne).

>> Littérature espagnole

>> Livres bilingues français – espagnol

>> BAC espagnol

>> CAPES espagnol

>> Agrégation d’espagnol

Source, licence GFDL

Catalan

Le catalan (en catalan : català) est une langue appartenant à la branche romane de la famille des langues indo-européennes. Le catalan compte neuf millions de locuteurs en Catalogne, dans la Communauté autonome de Valence (où il est appelé « valencien »), aux îles Baléares, en Andorre (où il est la seule langue officielle, mais où l’on parle aussi l’espagnol et le français), en Roussillon (France), dans la Franja de Ponent (Aragon) et à Alghero (Sardaigne).

Le catalan est issu du latin vulgaire des Pyrénées catalanes (v. 900). Depuis le XVe siècle il a subi l’influence du castillan ou espagnol, comme en témoignent de nombreux doublets (cercar/buscar, restar/quedar, vós/vostè, etc.). Il est cependant erroné de le présenter comme un dialecte de l’espagnol car il partage davantage de points communs avec l’occitan, sa langue soeur.

Par opposition au castillan, qui s’est imposé de fait à toute l’Espagne, une forte revendication est née en Catalogne demandant la reconnaissance officielle du catalan, qui a été acquise dès la mort de Franco. Cette reconnaissance a été demandée aussi par le gouvernement espagnol auprès de la Commission européenne en 2004 (car 9 millions de personnes parlent le catalan en Europe, beaucoup plus que le maltais, l’estonien, etc.). Aujourd’hui, dans l’Union européenne, il est possible d’utiliser le catalan, bien qu’il n’en soit pas langue officielle.

L’intercommunicabilité (orale et écrite) entre les diverses variantes du catalan est d’environ 95 %. On distingue habituellement deux grandes familles dialectales. Premièrement, la famille « orientale » qui comprend le catalan central, parlé à Barcelone et à Gérone, et le catalan insulaire, parlé dans les îles Baléares et le roussillonnais. La deuxième grande famille est appelée par opposition occidentale et regroupe le catalan nord-occidental, parlé autour de Lleida, ainsi que le valencien. La compréhension (orale et écrite) avec l’occitan (voir phrase 1), le catalan a des traits communs avec le français ou l’ancien français (phrases 2 et 3), le réto-romanche et le castillan (phrase 4) :

1. Em dol / Em fa pena que jo sigui/siga qui digui/diga en veu alta el que tots pensem : caldria anar a consultar el metge, això no fa pas cap mal a ningú.
(occitan : me dòl que siá ieu que diga de votz auta çò que totes pensam : calriá anar consultar lo metge, aquò fa pas cap de mal a degun.)
(français : cela me peine de dire à haute voix ce que nous pensons tous : il faudrait aller consulter le médecin, cela n’a jamais fait de mal à personne).

2. L’art de traduïr és molt difícil. (espagnol : el arte de traducir es muy difícil)

3. Les forces de l’ordre són pacífiques. (espagnol : las fuerzas del orden son pacíficas.)

4. Han de comunicar de seguida la notícia / la nova al director (espagnol : tienen que comunicar en seguida la noticia al director ; français : ils doivent communiquer tout de suite la nouvelle au directeur).

Mots français d’origine catalane :

  • sardane (sardana), – abricot (albercoc) lui-même emprunté à l’arabe (al-barquq), qui l’avait pris au grec (barc), lequel l’avait emprunté au latin
  • aubergine (albergínia) lui aussi emprunté à l’arabe (al-bâdindjân), qui l’avait pris au perse, lequel l’avait pris à l’Inde
  • baraque (barraca)…

Écriture et orthographe du catalan

Le catalan utilise l’alphabet latin enrichi de digrammes, de signes diacritiques (accent aigu, accent grave, point médian dans le digramme l·l (apellé ela geminada), cédille sous c, tréma) et de lettres diacritiques (u après g et q, i devant x et g). Il existe de nombreuses diphtongues, représentées par des paires de voyelles.

L’alphabet est le suivant :

a (à), b, c (ç), d (dj), e (é è), f, g (gu, ig) h i (í ï), j k l (ll, l·l) m n (ny) o (ó ò) p q (qu) r (rr) s (ss) t (tg, tj, tx) u (ú ü) v w x (ix) y, z

Les lettres entre parenthèses sont les variantes possibles (avec diacritiques, dans des digrammes…) qui ne comptent pas comme lettres indépendantes. On classe les voyelles portant un accent aigu après les simples et avant celles portant le grave puis le tréma. Quand des homonymes sont distingués par l’accentuation, l’accent final précède les autres places (animà avant ànima).

Prononciation du catalan

Ne sont indiquées que les principales différences avec le français (sur la base du catalan central, proche de la variante Barcelonaise) :

  • a et e, en position non accentuée, sont comme le e non tonique en allemand : català=keteLa, televisió=telebizio, camí (chemin) =kemi, cama (jambe) =kame.
  • o en position non accentuée se prononce « ou » : ofert (offert)=oufertt, només (seulement)=nouméss, ferro (le fer) =ferrou.
  • u prononcé toujours ou : vingut (venu) =binngoutt, bufar (souffler) =bouffa.
  • h : toujours muet, même après un c dans certains noms propres : Bosch =bosk.
  • l : plus vélaire qu’en français, proche du « l sombre » anglais ou du l dur polonais ou russe : català=keuteuLa.
  • ll (l palatal ou mouillé) : comme le ll de « fille » llengua (langue) =yenngoue, palla (paille)=paille.
  • tll : l palatal doublé : batlle (maire) =ballye.
  • l·l (l géminé) : double l (pour le distinguer du l palatal): col·lega (collègue)=coul-lègueu, intel·ligent =inntel-ligenn.
  • m et n ne donnent jamais lieu à des voyelles nasales : món (monde) =monn, rampa (rampe) =rammpe.
  • ny (n palatal) : comme le gn français ou le ñ castillan : juny (juin), Catalunya (Catalogne), Perpinyà (Perpignan).
  • r : comme en castillan, roulé légèrement dans le corps d’un mot, plus fortement en tête du mot ou s’il est doublé, généralement muet dans les terminaisons.
  • v : se prononce v comme en français, il se prononce de manière dégradée b dans certains parlers méridionaux (zones de Valence et Tarragona).
  • ig : se prononce tch : puig (montagne) =poutch, mig (demi)=mitch, sauf exception : càstig (châtiment) =kasstik.
  • x : se prononce comme le ch français au commencement d’un mot : Xina (Chine), après une consonne : marxa (marche) ou après un i ou une diphtongue : caixa (caisse) ; dans les autres cas il se prononce comme en français (boxa, taxi, examen).
  • ai, au, ei, eu, oi, ou sont des diphtongues en catalan, ne pas confondre avec les «fausses diphtongues» du français : peu (pied) =pèou, rei (roi) =rèi, taula (table) =taouleu, bou (bœuf) =bo’ou.

Statut et diffusion du catalan

Le catalan est utilisé quotidiennement et son usage tend à s’étendre. Interdit sous Franco, il restait une langue parlée. Depuis la nouvelle Constitution espagnole de 1978, cette langue est devenue langue officielle de la Catalogne, les Îles Baléares et le Pays Valencien (sous la dénomination de « Valencien ») à égalité avec le castillan. On trouve en Catalogne une abondante littérature catalane et toutes les librairies, y compris dans les grandes surfaces, proposent des ouvrages écrits ou traduits dans cette langue. De même, la signalisation routière est en catalan, doublée par des panneaux en castillan.

Les universités catalanes donnent leurs cours de préférence en catalan (cf. une illustration réaliste dans le film L’auberge espagnole), y compris des cours très techniques (« gestion des réseaux informatiques » par exemple).

Catalan : exemples


Mot

Traduction

terre

terra

ciel

cel

eau

aigua

feu

foc

homme

home

femme

dona

manger

menjar

boire

beure

grand

gran

petit

petit / xicotet

nuit

nit

jour

dia / jorn

anglais

anglès / anglés

pourquoi

per què

Valence

València

Histoire du catalan

  • IXe siècle : le catalan est une forme de langue romane issue du latin vulgaire, parlée dans la Marche Hispanique établie par l’empire carolingien, dont fait partie également l’Andorre.
  • Début du XIIe siècle : premières traces écrites du catalan retrouvées sur des fragments de versions du Forum Iudicum et du livre de sermons Les Homilies d’Organyà.
  • 1275 : Raymond Lulle (Ramon Llull) (1235-1315) écrit le Livre du Gentil et des trois Sages (Llibre del gentil i els tres savis), dont le sujet est la théologie des trois monothéismes. On considère qu’il s’agit là de l’acte de naissance du catalan comme idiome reconnu et comme langue littéraire indépendante de l’occitan.
  • Du XIIe siècle au XIVe siècle, influence de la littérature occitane et des troubadours.
  • 1490 : publication à Valence du roman chevaleresque Tirant le Blanc (Tirant lo Blanc), écrit par Joanot Martorell.
  • XIXe siècle : après une éclipse au XVIe siècle et au XVIIIe siècle, on assiste à une renaissance (Renaixença) des lettres catalanes, induite par le Romantisme, tant en poésie avec Jacint Verdaguer (1845-1902) ou Joan Maragall (1860-1911), que théâtre avec Àngel Guimerà (1845-1924) et roman avec Narcís Oller (1846-1930).
  • 1912 : Pompeu Fabra (1868-1948), grammairien et lexicographe, publie sa grammaire qui unifie enfin l’orthographe catalane (Gramàtica de la llengua catalana).
  • 1967 : premier concert du chanteur catalan Lluís Llach (1948-), symbole de résistance de la langue catalane contre le franquisme (chanson L’estaca).
  • 1979 : avec l’autonomie de la Catalogne et des autres communautés autonomes de langue catalane, le catalan regagne son statut de langue co-officielle, perdu depuis la fin de la IIe République espagnole (1931-1936).
  • 1993 : premier discours en catalan à l’Organisation des Nations unies, prononcé par Òscar Ribas Reig, lors de l’entrée de l’Andorre (Principauté d’Andorre) à l’ONU.
  • 2005 : le 16 novembre, le Président du Comitè des Régions Peter Straub signe un accord qui pour la première fois, permet l’usage du catalan, du basque et du galicien dans une institution de l’Union Européenne. L’ex-Président de la Generalitat de Catalunya, Pasqual Maragall (qui a été Président du Comité des Régions de 1996 à 1998) s’est adressé officiellement et pour la première fois au Comitè des Régions en catalan.

(Source : Wikipedia, licence GFDL)