Géographie Espagne

ESPAGNE

L’Espagne est un pays ouvert sur la mer Méditerranée et sur l’océan Atlantique. Elle occupe, avec le Portugal, la péninsule ibérique. La chaîne des Pyrénées marque la frontière avec la France, au nord. Au sud, le détroit de Gibraltar sépare l’Espagne du Maroc. Étendue sur 504 782 km², l’Espagne comprend des archipels (Baléares, Canaries) et deux enclaves en Afrique (Ceuta et Melilla). L’Espagne se trouve en situation périphérique de l’Europe. Son régime politique est celui de la monarchie constitutionnelle. Le gouvernement et les institutions centrales siègent à Madrid. L’Espagne est organisée en communautés autonomes, sur le modèle fédéral. Enfin, l’Espagne appartient au monde méditerranéen par son histoire, sa culture et son milieu physique.

Géographie physique de l’Espagne

Quelques chiffres :

  • Longueur des frontières : 6885 Km
  • Longueur des côtes de la péninsule : 4872 km, dont côte méditerranéenne :
    2058 km
  • Frontières terrestres : 2013 km dont 720 km avec la France et Andorre et 1292 km avec le Portugal.

Relief de l’Espagne

Le point culminant de l’Espagne continentale est le mont Mulhacén (3482 mètres) situé au sud de l’Espagne dans la chaîne de la Sierra Nevada. La plus grande partie de l’Espagne est occupée par les plateaux de la Meseta au centre, bordés par des chaînes de montagnes. Les vallées sont étroites et situées à proximité du littoral ou des fleuves. La plus grande plaine se trouve au sud, autour de l’estuaire du Guadalquivir, dans la région de Séville.

CARTE DES RELIEFS D’ESPAGNE

Les chaînes de montagne en Espagne

  • Sierra Nevada
  • Cordillera Cantábrica (Monts Cantabriques), Picos de Europa (2648 m)
  • Cordillera Ibérica (Monts Ibériques)
  • Sierra Morena
  • Sierra de Ayllón
  • Somosierra
  • Sierra del Guadarrama (Sierra de Guadarrama)
  • Gredos (2592 m)
  • Sierra de Béjar
  • Peña de Francia
  • Gata
  • Montes de Toledo
  • Macizo Galaico
  • Sierra de la Demanda
  • Cebollera
  • Picos de Urbión
  • Monts ibériques, Mont Moncayo (2313 m)
  • Sierra de Albarracín
  • Montañas de Cuenca (Serranía de Cuenca)
  • Maestrazgo (2024 m)
  • Sierra Madrona (1323 m)
  • Despeñaperros
  • Pyrénées : Pic d’Aneto (3404 m) ; Pico Posets (3375 m) ; Pica d’Estats (3115 m)
  • Prépyrénées: Sierra del Cadí (2642 m)
  • Cordillera Penibética
  • Cordilleras Subbéticas
  • Sierra de Grazalema
  • Sierra de Cazorla
  • Sierra de Segura (1967 m)
  • Baléares – Majorque : Sierra de Tramontana ; Sierras de Levante
  • Canaries – Tenerife : El Teide (3718 m), La Palma : Roque de los Muchachos (2456 m), Gran Canaria : Pico del Pozo de las Nieves (1800 m)

Le littoral espagnol

  • Costa Brava
  • Golfe de Valence
  • Costa Blanca
  • Costa del Sol
  • Golfe de Cadix
  • Golfe de Gascogne

Réparition et contraintes climatiques

Les provinces qui reçoivent le plus de précipitations en un an sont au nord-ouest (région de Vigo entre 1800 et 2000 mm/an) ; les régions les plus sèches sont les Canaries et les environs d’Alméria (moins de 200 mm/an). Les régions les plus froides sont les Pyrénées et le centre de l’Espagne (Guadalajara) ; les régions les plus chaudes et les plus ensoleillées sont les Canaries et l’Andalousie.

  • Au nord : climat océanique (pays basque espagnol, Cantabrie, Asturies, Galice)
  • Les hautes altitudes des Pyrénées ont un climat montagnard
  • Au centre : climat semi-continental (région de Madrid, Castille-La Manche)
  • A l’est et au sud : climat méditerranéen ; la région la plus aride, le désert de Tabernas, se trouve autour d’Almería en Andalousie. Ces régions sont menacées par les risques d’incendies en été et de crue en automne. Les inondations de 1982 à Valence avaient provoqué le débordement de la Júcar et une trentaine de morts. Les feux de forêt de 2005 ont brûlé plus de 1 300 km² et tué onze pompiers dans le centre du pays (province de Guadalajara).

    Les Hommes ont aménagé des terrasses pour les cultures traditionnelles du milieu méditerranéen : vigne, olivier, blé. Le manque d’eau est chronique, en particulier dans le sud et l’est, où les besoins des villes, des industries, de l’agriculture irriguée et du tourisme sont en concurrence. L’aménagement de barrages prend en compte ce problème sans vraiment le résoudre.

Hydrologie de l’Espagne

Les principaux fleuves qui coulent en Espagne sont :

  • Le Tage (1006 Km)
  • L’Ebre (928 Km)
  • Le Douro (850 Km)
  • Le Guadiana (744 Km)
  • Le Guadalquivir (657 Km)
  • Le Jucar (498 Km)
  • Le Segura (325 Km)

Biogéographie de l’Espagne

Répartition

  • Milieu méditerranéen : sur la côte méditerranéenne et le sud de l’Espagne, on retrouve les paysages méditerranéens. Des plaines étroites sont situées entre la mer et un arrières-pays montagneux. La garrigue et le maquis forment l’essentiel de la végétation naturelle.
  • Les parcs nationaux espagnols :
    Parque Nacional de Aigüestortes i Estany de Sant Maurici, Catalogne
    Parque Nacional del Archipiélago de Cabrera, Baléares
    Parque Nacional de Cabañeros, Castille-La Manche
    Parque Nacional de la Caldera de Taburiente, La Palma, Canaries
    Parque Nacional de Doñana, Andalousie
    Parque Nacional Garajonay, île de La Gomera, Canaries
    Parque Nacional de las Islas Atlánticas de Galicia, Galice
    Parque Nacional Ordesa y Monte Perdido, Aragon
    Parque Nacional Picos de Europa, Asturies, Castille et León, Cantabrie
    Parque Nacional Sierra Nevada, Andalousie
    Parque Nacional de las Tablas de Daimiel, Castille-La Manche
    Parque Nacional del Teide, île de Tenerife, Canaries
    Parque Nacional Timanfaya, île de Lanzarote, Canaries

Les parcs les plus visités (plus d’1,5 millions de personnes) sont ceux du Picos de Europa et des Canaries.

Géographie humaine de l’Espagne

Répartition de la population et démographie

Le pays compte officiellemnt 45 millions d’habitants.

Le centre du pays est peu peuplé, les Espagnols se concentrent dans les plaines et les vallées, exception faite de Madrid. La population a doublé tout aux long du XXe siècle, surtout grâce au baby-boom des années 1960 et du début des années 1970. Le pays n´a pas été meurtri par les deux guerres mondiales mais a été pendant longtemps une terre d’émigration, à cause de la crise économique du XIXe siécle jusque dans les anées 1970-1980. Depuis les années 1980, le taux de fécondité s´est effondré et la population viellit notablement.

Mais la population a tout de même augmenté grâce aux retour d’émigrés espagnols. Depuis l’entrée dans l’Union européenne, l’économie a repris de la vigueur et le pays est passé de terre d’émigration à terre d’immigration. De nombreux immigrés viennent d’Amérique latine (38%) d’Afrique du Nord (14%), d’Europe de l’Est (16%) et d’Afrique noire (4%).

L’immigration clandestine africaine passe par le détroit de Gibraltar, les enclaves espagnoles d’Afrique de Ceuta et Melilla ou encore par les Canaries.

Géographie économique de l’Espagne

La moitié des terres espagnoles ne sont pas cultivées en raison de la sécheresse. L’élevage est pratiqué dans les Pyrénées et dans tout le nord, en raison du climat océanique. L’agriculture céréalière domine en Aragon et en Castille-Léon. La polyculture méditerranéenne et les cultures commerciales irriguées trouvent leur place au sud à l’est. L’Espagne exporte des agrumes et des primeurs dans le reste de l’Europe

Les régions industrielles les plus dynamiques se trouvent autour de la capitale et de Barcelone. Saragosse et Valence sont deux autres pôles industriels secondaires. L’industrie lourde a concerné les régions de Gijon et de Bilbao sur la côte atlantique. Après plusieurs années de crise qui s’est manifestée par la baisse de sa population (433 000 habitants en 1981, 352 000 en 2004), Bilbao connaît un renouveau urbain. Le musée Guggenheim est le symbole de la reconversion de la ville dans le secteur tertiaire. Le port s’est étendu vers la mer Cantabrique. La municipalité mise également sur l’essor de l’université de Deusto. Un nouveau terminal a ouvert à l’aéroport pour faire face à l’augmentation du nombre de touristes. Des firmes multinationales de l’automobile se sont installées à Valladolid (Renault), à Vigo (Peugeot), à Martorell (Seat) ou à Valence (Ford).

Pour l’aéronautique et la haute technologie, les sites de Getafe (communauté de Madrid), Illescas et Puerto Real (Andalousie) participent à la fabrication des avions Airbus.

L’Espagne a ouvert son économie à partir des années 1960 et plus sûrement après son adhésion à la CEE en 1986. Madrid est le principal centre universitaire et des affaires mais le secteur tertiaire est également développé à Barcelone. Cette ville a accueilli les jeux olympiques en 1992. L’Espagne est le deuxième pays d’accueil des touristes après la France. Elle bénéficie en effet d’atouts divers : les côtes méditerranéennes offrent des plages et des stations balnéaires réputées (Marbella, Malaga, Benidorm, Palma). Les îles Baléares sont ouvertes aux touristes d’Europe du nord. Les conséquences du développpement touristiques sont importantes : il s’agit d’une source importante de revenus. Mais la marbellisation et les problèmes de gestion de l’eau se font également sentir. Les touristes visitent également des villes au patrimoine riche, classé au patrimoine de l’Humanité (Ségovie, Saint-Jacques-de-Compostelle, Ávila, Caceres (Espagne), Salamanque, Tolède, Cordoue, Alcala de Henares).

Géographie des transports en Espagne

Le réseau des autoroutes rayonne à partir de Madrid. Les liaisons transversales sont rares (Bilbao – Valladolid ; Bilbao – Saragosse – Barcelone). Les autres voies importantes empruntent le littoral et les vallées fluviales. L’AVE, train à grande vitesse espagnol, relie Madrid à Cordoue et Séville.

Les principaux ports maritimes sont Bilbao, Tarragone et Algésiras. Cette dernière est la porte de l’Afrique : des ferries la relient à Tanger au Maroc.

L’aéroport international de Madrid-Barajas accueille 40 millions de voyageurs par an. L’aéroport des Baléares n’est pas en reste.

Géographie politique de l’Espagne

L’Espagne est divisée en 17 communautés autonomes et 50 provinces.

Géographie rurale de l’Espagne

L’exode rural entretenu par l’attrait des villes et la mécanisation de l’agriculture provoque la désertification des campagnes espagnoles. Ainsi, l’Espagne est le pays d’Europe avec la plus grande proportion de citadins.

Géographie urbaine de l’Espagne

Les centre-ville espagnols sont marqués par plusieurs influences :

  • L’influence romaine est encore visible dans plusieurs sites urbains (aqueduc de Ségovie, pont à Cordoue, remparts de Lugo, vestiges à Tolède et Tarragone…). Elle rattache les villes espagnoles aux autres cités méditerranéennes.
  • L’influence arabo-musulmane se fait surtout sentir en Andalousie. Les mosquées (transformées en églises avec la Reconquista), les alcazar ponctuent encore le paysage urbain de Séville, Tolède (Bab Mardum) ou Cordoue (Grande mosquée de Cordoue).
  • L’influence médiévale : plusieurs villes ont conservé leurs murailles ; le Moyen Âge est l’époque de l’extension du gothique par le nord.
  • L’âge d’or de l’Espagne : avec l’afflux des métaux précieux de l’empire espagnol, le visage des villes se transforme. Philippe II installe sa cour à Madrid.
  • L’urbanisme moderne s’exprime en particulier à Barcelone : au XIXe siècle, Ildefons Cerdà se penche sur le quartier de l’Eixample.

(Source : Wikipedia, licence GFDL)

Francisco Franco

FRANCISCO FRANCOFrancisco Paulino Hermenegildo Teódulo Franco y Bahamonde Salgado Pardo de Andrade, plus couramment appelé général Franco né le 4 décembre 1892 à El Ferrol (un port de Galice). Véritable ghetto militaire, El Ferrol est un milieu fortement marqué par la tradition militaire et le dévouement à l’État, où la famille Franco vit depuis sept générations. Son père, Nicolás Franco Salgado-Araujo, est intendant général de la Marine. Coureur de jupons, il n’est pas à l’aise dans le milieu très conservateur de El Ferrol. Sa mère, Pilar Bahamonde y Pardo de Andrade, est une femme très pieuse, très attachée à ses enfants. Francisco est baptisé dans la paroisse San Francisco du quartier des officiers le 17 décembre 1892.

Biographie de Francisco Franco

Jeunesse et formation
Franco naît au Ferrol, un port de Galice. Véritable ghetto militaire, Le Ferrol est un milieu fortement marqué par la tradition militaire et le dévouement à l’État, où la famille Franco vit depuis sept générations. Son père, Nicolás Franco Salgado-Araújo, est intendant général de la Marine. Coureur de jupons, il n’est pas à l’aise dans le milieu très conservateur de Ferrol. Sa mère, Pilar Bahamonde y Pardo de Andrade, est une femme très pieuse, très attachée à ses enfants. Francisco est baptisé dans la paroisse San Francisco du quartier des officiers le 17 décembre 1892.

Surnommé Paquito par ses camarades à cause de sa petite taille, il est d’abord envoyé dans une école privée, puis passe deux ans au collège du Sacré-Cœur, avant d’entrer à l’École de préparation navale. Élève moyen, il se destine naturellement à la Marine, comme sa tradition familiale l’y incite et comme tous les enfants de Ferrol. La fermeture de l’École navale de Ferrol en 1907 le contraint à chercher une autre voie. Le 29 août 1907, il entre alors à l’Académie d’infanterie de Tolède. La même année, son père est promu à Madrid, lassé du milieu militaire fermé de Ferrol. Ses relations avec sa femme s’étant dégradées, il insiste pour que sa famille ne le suive pas. On apprend peu après qu’il a une maîtresse en ville : la séparation est alors définitive.

L’Académie de Tolède est de niveau médiocre : son concours d’entrée consiste en un examen de la maîtrise des quatre opérations arithmétiques et une vérification rapide de la constitution physique. Ses cours sont également assez sommaires. En 1910, Franco en sort 251e sur 312. Ces maigres performances doivent cependant être relativisée au regard de son jeune âge : il n’a que 18 ans alors que ses camarades sont plutôt âgés de 20 ou 21 ans. Le 13 juillet, il est promu segundo teniente, c’est-à-dire sous-lieutenant.

Carrière militaire
Une fois sa formation achevée, Franco est affecté à la garnison de Ferrol. Il y mène une vie de garnison, terne et monotone. Dès février 1912, il doit partir pour le Maroc, dans le 8e Régiment d’Afrique.

Au Maroc
Le 19 mars 1912, Francisco Franco essuie le premier feu ennemi. Déterminé à sortir de l’anonymat, il demande en 1913 à être affecté au régiment des réguliers indigènes, réputé pour sa bravoure mais aussi pour sa loyauté incertaine. Il participe à de nombreuses opérations et le 12 octobre, obtient la croix du mérite militaire, première classe. Dès le mois de mars 1915, il est promu capitaine. Peu à peu sa légende prend forme : les Maures le pensent invulnérable.

Cette réputation prend fin en mars 1915 : Francisco Franco est très grièvement blessé au ventre, au cours d’une attaque contre le fort d’El-Biutz. Il est alors promu commandant, malgré l’avis défavorable du Haut Conseil militaire. Alphonse XIII a en effet intercédé en sa faveur, à sa demande. Il reçoit le commandement d’un bataillon d’infanterie cantonné à Oviedo, aux Asturies. Franco y découvre pour la première fois le prolétariat, les ouvriers-mineurs, dont les conditions de vie sont misérables. Cette expérience marquera beaucoup ses opinions sociales. Au cours de l’été 1917, le général Burguete, gouverneur militaire de la province, décrète l’état de guerre en réponse à de violentes grèves dans les mines. Franco assiste alors à la répression.

À la Légion
En 1919, Franco rencontre le lieutenant-colonel José Millan-Astray, dont l’ambition est de créer une unité militaire d’élite selon le modèle français de la Légion étrangère. En 1920, son projet est accepté. Millan-Astray offre à Franco le commandement de la 1ra bandera (bataillon), lequel part cantonner à Ceuta en octobre. Franco impose à ses légionnaires un entraînement très strict. Parallèlement, il se montre impitoyable face aux révoltes indigènes. Après le désastre d’Anual en 1921, il autorise ses hommes à appliquer la loi du talion : les légionnaires mutilent, pillent, violent et tuent à leur tour. Suite à ce désastre, il est appelé à Melilla pour reconquérir le terrain face à Abd el-Krim.

En janvier 1922 Franco est de nouveau affecté à Oviedo. Il reçoit la médaille militaire et est nommé lieutenant-colonel. Il profite de sa gloire nouvelle pour demander en mariage Carmen Polo Martínez Valdés, jeune fille de la bonne bourgeoisie, rencontrée lors de sa première affectation en 1917. Le mariage est reporté suite au décès du commandant de la Légion : Franco le remplace, sur recommandation du roi. Il se marie finalement le 22 octobre 1923.

C’est à partir de cette année 1923 que l’on commence d’ailleurs à employer le terme de caudillo (chef de guerre lors du Moyen Âge espagnol) pour désigner Franco.

Le 13 septembre 1923, Miguel Primo de Rivera a instauré un régime dictatorial par un coup d’État. Face aux difficultés rencontrées au Maroc, il songe à un retrait. Pendant les mois de novembre et décembre 1924, Franco doit effectivement superviser l’évacuation de Xanten. Sa bonne conduite le fait nommer colonel. Peu après, Abd el-Krim s’attaque à des populations françaises. En réponse, la France s’allie à l’Espagne. Primo de Rivera approuve un plan de débarquement à Alhucemas. C’est un succès : Franco est élevé au rang de général de brigade en février 1926, ce qui fait de lui le plus jeune général d’Europe — il n’a alors que 33 ans. Quelques mois plus tard naît la fille de Franco, María del Carmen, surnommée Nenuca. Les honneurs se succèdent pour lui ; en 1927, il est même chargé d’accompagner le roi dans son voyage officiel en Afrique.

L’Académie militaire de Saragosse
Le 4 janvier 1928, Primo de Rivera recrée l’Académie générale de Saragosse. Cette fois, il en fait un passage obligé pour tous les futurs officiers et nomme Franco à sa tête. Ce dernier surveille étroitement d’abord les travaux de construction des bâtiments puis, s’inspirant de son expérience tolédane, rédige lui-même le règlement intérieur de l’Académie. Il impose ainsi des chambrées de trois cadets « pour éviter les mariages. »

Suivant leur appréciation du personnage lui-même, les historiens jugent de manière variable le travail de Franco à l’Académie. Il est certain que la nouvelle école militaire est meilleure que l’ancienne, ne serait-ce qu’en raison de l’élévation du niveau de recrutement (baccalauréat élémentaire). Franco impose l’anonymat des copies au concours d’entrée, diminue le nombre d’élèves par professeur, installe de nombreuses douches, interdit le et fait même distribuer des préservatifs aux étudiants. Il sait se faire respecter, voire apprécier : 90 % des 720 officiers formés par l’Académie rejoignent ensuite le camp franquiste pendant la guerre civile espagnole.

En juillet 1931, la Seconde République supprime par décret l’école. Comme l’ensemble du corps enseignant, Franco est placé en disponibilité forcée et surveillé. Pour Franco, qui s’était totalement impliqué dans la création de l’Académie, c’est là un mauvais coup qu’il prend très mal. Le 14 juillet il exprime son mécontentement publiquement, en prenant congé de la dernière promotion de cadets :

« La discipline ne confère aucun mérite lorsqu’un ordre nous est agréable. La discipline revêt sa vraie valeur lorsque nos pensées nous conseillent le contraire de ce qu’il nous est ordonné, lorsque notre cœur cherche à susciter une rébellion intérieure, ou lorsqu’un ordre est arbitraire ou erroné. Telle est la discipline que nous observons. »

Franco essayera dès le lendemain de se disculper auprès de Manuel Azaña, chef du gouvernement, qui voudra bien se contenter de ces explications et éviter l’affrontement public. Il lui adressera seulement un avertissement discret par une lettre lui exprimant son « déplaisir ». Malgré la modération du propos, il est clair qu’il ne sous-estime pas la personnalité du général. Il note dans son journal qu’il est « le plus dangereux des généraux », mais il ne veut pas élargir le fossé qu’il vient de creuser entre les militaires et lui. Malgré tout, Franco ne participera pas à la Sanjurjada, tentative de coup d’État du général Sanjurjo en août 1932. Ayant suffisamment satisfait aux enquêtes de la république, il est affecté à La Corogne comme commandant de la XVe Brigade d’infanterie, en février 1932. Franco gardera à Manuel Azaña, une rancune tenace de cette période de quarantaine.

Franco face à la «sanjurjada»
Le soulèvement de la garnison de Séville le 10 août 1932, dirigé par le général Sanjurjo, bute contre la grève générale déclenchée par la CNT et le Parti communiste de Séville. Il est arrêté à Madrid et condamné à mort puis gracié, voyant sa peine commuée en détention à vie ; les autres conjurés comme le général Goded et le colonel Varela sont aussi emprisonnés. Le gouvernement républicain ne veut pas faire de martyrs.

Franco, dont on imagine mal qu’il ne soit pas tenu informé de ce que les Espagnols nomment la « sanjurjada », a eu pendant toute la préparation du complot de fréquents contacts avec Sanjurjo. Il entretenait avec ce militaire des liens d’amitié noués en Afrique, mais semble dès le départ avoir pris ses distances. Il racontera plus tard que le hasard lui avait fourni un alibi de poids : il avait pensé s’éloigner de la Corogne le jour du coup d’état pour une promenade de plaisir dans la région, mais l’officier qui était censé le remplacer étant tombé malade, il dut y renoncer. Azaña qui avait appelé la région militaire au téléphone pour vérifier sa présence, avait eu le soulagement de le trouver à son poste. De toute façon, à aucun moment il n’a adhéré ni n’a approuvé de sympathie pour ce putsch. Lorsque Sanjurjo lui demande d’assurer sa défense, après son arrestation, il a ce mot très dur :
«Je ne vous défendrai pas. Vous méritez la peine de mort, non pas parce que vous vous êtes soulevé, mais parce que vous avez échoué. »
Il n’est pas homme à se lancer dans des aventures incertaines, ni à les approuver mais n’en continue pas moins à lui rendre régulièrement visite à la prison où il est interné : il n’est pas homme non plus à faillir à la loyauté qu’il croit devoir à sa caste.

La guerre civile

Armoiries de l’Espagne franquiste

Dans le climat révolutionnaire qui règne en Espagne, Franco est observé de tous les côtés. Il paraît l’un des militaires les plus susceptibles de prendre la tête d’un soulèvement armé. Pour cette raison, il est nommé gouverneur militaire aux îles Canaries loin de la péninsule. En fait, Franco est alors peu convaincu par l’opportunité d’un coup d’État. C’est sous la la IIe République qu’il a atteint l’apogée de sa carrière. Bien que monarchiste d’éducation, il se satisfait d’une république bourgeoise, conservatrice et maintenant l’ordre. Il est peu enclin à risquer sa carrière dans une aventure mal préparée.

De fait, c’est Emilio Mola et non Franco qui est l’inspirateur et l’organisateur de la tentative de coup d’État de 1936 contre le gouvernement en place, alors mené par le Frente Popular : c’est Emilio Mola. Certes, il est au courant depuis le début des activités des conjurés mais il attend le 13 juillet, date de l’assassinat du chef monarchiste, José Calvo Sotelo, pour les rejoindre.

Franco se voit attribuer l’armée du Maroc, forte de 30 000 hommes aguerris, véritable fer de lance du complot. La mort accidentelle de Sanjurjo, chef historique de l’opposition monarchiste et les échecs des généraux Goded et Fanjul à Barcelone et Madrid propulsent Franco sur le devant de la scène.

Le pronunciamento (soulèvement militaire) échoue par manque d’adhésion de l’armée : sur 21 généraux de division, seuls 4 se rallient au soulèvement. C’est à ce moment que les milices ouvrières, qui ne croient pas en les capacités du gouvernement à faire face, entrent en scène. Elles font régner la terreur à Madrid et Barcelone, provoquant ainsi l’exil de nombreux intellectuels, comme José Ortega y Gasset. Le conflit se transforme alors en une guerre civile.

Franco se décide alors à acheter 12 avions italiens, payés par son ami le banquier Joan March, ainsi que des Junkers allemands, afin d’établir un pont aérien reliant le Maroc à Séville. Au mois d’août, il lance un convoi naval à partir de Ceuta, forçant ainsi le blocus établi par la République. Encore une fois, il est servi par la division de ses adversaires : désorganisée par les mutineries socialistes et anarchistes au sein des équipages, la flotte gouvernementale ne peut arrêter le convoi de Franco. Il réussit ainsi à transporter 23 400 hommes.

Jusqu’alors, Franco reste neutre sur la nature du régime qu’il entend donner à l’Espagne. Sa déclaration du 21 juillet 1936 s’achève même par « vive l’Espagne et vive la République » : le Mouvement est dirigé contre le Front populaire et non la République à proprement parler. Lors de la création de la « Junte de défense nationale », le 23 juillet, on ne relève également aucune indication sur le régime souhaité, ni aucune connotation religieuse.

Très vite, les atrocités surviennent. Le 1er août, Franco confie à Juan Yagüe trois colonnes, chargées d’effectuer la jonction avec l’armée du Nord, en passant par l’Estrémadure. Yagüe est un ancien camarade de l’Académie de Tolède. Le 14 août, il s’empare de Badajoz, où il fait fusiller 2 000 prisonniers de guerre. Alors que la presse internationale se scandalise, Franco félicite Yagüe, lequel menace Madrid en septembre. Parallèlement, le cabinet Giral chute, remplacé par celui de Largo Caballero.

Alors que la guerre civile paraît devoir prendre fin rapidement, Franco décide, à l’étonnement général, de suspendre la marche sur Madrid. Il détourne l’armée d’Afrique pour porter secours aux défenseurs face au siège de l’Alcazar. De ce fait, il sacrifie un objectif militaire au profit d’un geste politique. La légende des cadets de l’Alcazar constituera l’un des éléments de la mythologie franquiste. On a pu également suggérer qu’il était de l’intérêt de Franco de faire durer la guerre, afin de mieux « nettoyer » le terrain. Il est ainsi avéré que Franco a refusé toute médiation durant la guerre, même celles émanant du Saint-Siège.

Le 21 septembre, la Junte de défense se réunit et Franco est nommé général en chef. Le 28, la fonction de chef de l’État lui est adjointe par décret. Le 1er octobre, à Burgos, il est investi des pleins pouvoirs. L’évêque de Salamanque compare le Mouvement à une croisade, introduisant ainsi un motif religieux jusque là absent.

Durant ce mois, les grandes puissances européennes, malgré les accords de non-intervention, s’engagent dans la guerre civile. L’URSS par ses chars (peu nombreux) et les Brigades internationales (2 000 hommes au début) appuient le Front populaire et ses défenseurs — CNT et FAI (anarchiste), POUM (marxiste), PC (staliniste), UGT (socialiste). En face, l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste se rangent dans le camp de l’insurrection militaire en envoyant d’importants contingents d’hommes et de matériels. Le 26 avril 1937, jour de marché, une centaine d’avions de la légion Condor (Luftwaffe) procède au bombardement de la ville basque de Guernica, sans motif militaire autre que celui de terroriser une population acquise au gouvernement républicain. C’est la première fois qu’une ville européenne est soumise à un tel traitement. Sur les 7000 habitants, 1645 sont tués et 889 blessés, selon les chiffres du Gouvernement basque.

Le 3 juin, Mola était mort dans un accident, laissant ainsi Franco sans rival. À la tête de l’armée, avec le titre de généralissime, il prend peu à peu le contrôle de l’Espagne. Un manque chronique d’effectifs le pousse à enrôler de force dans les régions qu’il contrôle. On compte également de nombreux engagements volontaires, 60 000 par exemple pour les Canaries. Il recrute également des alfereces (sous-lieutenants) provisoires : il s’agit d’étudiants ou de jeunes cadres bénéficiant d’une formation militaire accélérée. 30 000 sont ainsi recrutés pendant la Guerre civile. Sur ce chiffre, un tiers demeurera dans l’armée, le reste constituant les futurs cadres du régime franquiste.

La guerre civile se termine en le 1er avril 1939, après la bataille de l’Ebre (de juillet à octobre 1938), qui sonne le glas des espoirs républicains et la conquête de la Catalogne. Franco se retrouve seul maître de l’Espagne et il devient officiellement « Chef de l’état ». Il impose alors une dictature empirique sur les principes du national-catholicisme. Les démocraties ne tardent guère d’ailleurs à reconnaître le nouveau régime et la France envoie le Maréchal Pétain comme premier ambassadeur dès le défilé de la victoire à Madrid.

A la fin de la guerre civile, on dénombre plus de 150 000 soldats morts durant les combats (autant de civils). Plus de 440 000 républicains espagnols se sont réfugiés en France (comptabilisés au 9 mars 1939) puis encore des dizaines de milliers d’autres les rejoignent contraints à l’exil pour échapper à la terrible répression qui s’abat alors sur l’Espagne (plus de 30 000 exécutions sommaires). Des estimations récentes donnent le chiffre de plus de 200 000 personnes fusillées ou mortes suites aux mauvais traitements dans les prisons franquistes et dans le camp de concentration de Miranda après 1939.

Conscient de son inexpérience en matière politique, Franco s’appuya sur son beau-frère, Ramón Serrano Súñer, la Phalange et l’Église catholique, ralliée à son camp après les massacres anticléricaux de 1936, sans oublier les monarchistes (carlistes, conservateurs et autres).

La dictature de Franco

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’Espagne reste officiellement neutre mais soutient l’Allemagne au début de la guerre : en juin 1941, Franco envoie une division sur le front de l’Est contre l’Union Soviétique (cette unité appelée la « Division Azul », ou Division Bleue, qui combat sur le front de Léningrad) ; en août de la même année, il autorise le régime nazi à recruter 100 000 ouvriers espagnols « volontaires » pour aller travailler en Allemagne ; les navires de guerre allemands peuvent se ravitailler et être réparés dans les ports espagnols ; les services secrets espagnols et allemands collaborent pour recueillir des renseignements sur les Alliés ; l’Espagne fournit le tungstène indispensable à l’industrie d’armement allemande.

Mais l’Espagne ne s’engagea finalement pas militairement aux côtés de l’Allemagne en octobre 1940 comme le souhaitait Ramón Serrano Súñer, ministre des affaires étrangères jusqu’en 1942 et beau-frère de Franco. Cette non intervention est due, comme le souligne Joseph Pérez, aux exigences trop élevées et irréalistes de Franco, comme la prise de possession des colonies françaises du bassin méditerranéen. Ces exigences irréalistes étaient elles-voulues ? Pour Joseph Pérez, elles ne résultent pas d’un quelconque calcul : la volonté de Franco de s’impliquer est réelle. Pour Bartolomé Bennassar, Franco gagnait du temps et laissait se faire les luttes d’influence au sein de son gouvernement. Il n’avait pas non plus les moyens d’engager l’armée au côté de l’Allemagne alors que le pays était en pleine répression.

A son retour d’Hendaye où il a rencontré Franco, Hitler exprime son mépris pour le personnage (qui l’a d’ailleurs fait attendre en gare). De plus, Hitler ne voulait pas mécontenter le maréchal Pétain, dirigeant d’un pays aux richesses abondantes, pour obtenir le maigre appui d’une Espagne exsangue. De nombreux Juifs passeront la frontière pyrénéenne pour se réfugier en Espagne, avant, pour certains, de gagner d’autres pays. Mais surtout Franco fait délivrer par ses consulats, notamment en France, en Hongrie et en Grèce, des passeports espagnols aux Juifs descendants de ceux qui ont fui l’Espagne après 1942. Ainsi Franco a évité la déportation de 70 000 Juifs, en s’interposant auprès de Hitler.

Devant les pressions américaines (les États-Unis fournissent le pétrole à l’Espagne), les problèmes économiques soulevés par l’autarcie sur laquelle essaie de s’appuyer le régime et la résistance victorieuse de la Grande-Bretagne, Franco reste en retrait et abandonne peu à peu son soutien aux forces de l’Axe à partir de l’été 1943. Son meilleur allié est à l’époque Antonio de Oliveira Salazar, bien que les relations personnelles entre les deux hommes soient tendues mais le dictateur Salazar est soutenu par les Britanniques.

À la fin de la guerre, le régime est très fragile : la situation économique laissée par la Guerre est désastreuse. L’autorité de Franco est condamnée quasi unanimement par la communauté internationale. Cependant, dès 1945, les britanniques épargnent et soutiennent indirectement le régime franquiste contre les français qui soutiennent l’isolement de l’Espagne (isolement approuvé lors de la conférence de Potsdam). À partir du discours sur le rideau de fer, l’Espagne va apparaître vite comme un rempart contre le communisme aux yeux des anglo-saxons et les rapports se détendent. Le régime reprend contact avec les Britanniques et les Américains via son ambassade au Portugal et postule à l’OTAN au début des années 50. Franco autorise les États-Unis à implanter 4 bases sur le territoire espagnol en septembre 1953 (traité hispano-américain). Le régime gagne peu à peu sa légitimité. L’Espagne entre à l’ONU en 1955 puis le président américain Dwight Eisenhower, un des grands vainqueurs de la Seconde guerre mondiale, vient en Espagne en 1959 et défile triomphalement à Madrid au côté de Franco. Le régime est sauvé.

La loi sur les principes fondamentaux du Movimiento Nacional est votée le 17 mai 1958 alors que le régime évolue et quitte définitivement ses oripeaux fascistes sous l’influence de l’Opus Dei.

Le régime se libéralise peu à peu dans les années 1960 sur le plan économique, beaucoup moins sur le plan politique où le Caudillo règne sans partage.

Les infrastructures (chemins de fer et réseaux routiers) sont modernisées et un gigantesque système hydraulique (barrages et irrigation) est construit pour contrer les effets de la sécheresse. L’agriculture espagnole atteint alors un développement colossal qui fait trembler (notamment en France) à l’idée que ce pays puisse entrer dans le Marché commun. Le taux de croissance atteint alors 8% par an.

La fin du régime franquiste

En 1969, c’est devant les Cortés espagnols que Franco désigne Juan Carlos pour lui succéder à sa mort, en tant que Roi d’Espagne.

Au début des années 1970, malade, Franco se résout à nommer un premier ministre pour diriger son gouvernement. Il choisit son bras droit, l’amiral Luis Carrero Blanco. Celui-ci est tué dans un attentat des Basques de l’ETA le 20 décembre 1973 à Madrid.

De plus en plus affecté par la maladie de Parkinson qui le ronge depuis 1969, Franco est victime d’un refroidissement en 1975, puis d’une hémorragie interne qui entraîne son transfert à l’hôpital de la Paz. Après une opération le 14 octobre, il est dans le coma. Il sera maintenu en vie artificiellement afin, selon certains auteurs, que le prince Juan Carlos accepte le 30 octobre d’assumer les fonctions de chef de l’État. Malgré sa maladie, il signe les dernières sentences à la peine de mort de 8 activistes de l’ETA et le FRAP et autorise le retrait du Sahara espagnol qui sera ensuite annexé par le Maroc. La fille du dictateur agonisant persuade les médecins de le laisser mourir. Il s’éteint le 20 novembre 1975 à 5h20 du matin. Le bulletin officiel annonçant le décès énumère ainsi les causes de la mort : « Maladie de Parkinson, cardiopathie, ulcère digestif aigu et récurrent avec hémorragies abondantes et répétées, péritonite bactérienne, insuffisance rénale aiguë, thrombophlébite, broncho-pneumonie, choc endotoxique et arrêt cardiaque. »

Franco fut inhumé à la basilique Sainte-Croix del Valle de los Caìdos Comme il était prévu depuis longtemps, la monarchie fut rétablie après sa mort en la personne de Juan Carlos Ier, petit-fils du dernier roi d’Espagne (Alphonse XIII).

Postérité franquiste

L’héritage principal de Franco est le retour de la Monarchie en Espagne mais aussi indirectement le terrorisme de l’ETA et la situation du Sahara Occidental. Trois autres principes imposés par le Caudillo à son successeur ont été respectés pendant le processus de transition :
– seuls les Cortès franquistes et le Mouvement National (parti unique) peuvent décider de leur propre dissolution, qui fut achevée le 1er avril 1977
– aucune chasse aux sorcières contre des militaires ou des membres de l’administration ne serait effectuée en cas de démocratisation du régime.
– l’unité de l’Espagne (« Una, Grande et libre ») doit être maintenue, ce qui signifie pas d’indépendance pour la Catalogne, ni pour le Pays Basque. (néanmoins, l’établissement des Communautés autonomes (Autonomias) sera inscrit dans la nouvelle Constitution de 1978).

Sur le plan culturel, le vent de liberté que l’Espagne a connu après la fin du franquisme aboutit logiquement une libération. Elle est accompagnée d’une ébullition créatrice avec l’apparition d’une nouvelle génération de créateurs et d’artistes. Ce renouveau est nommé « la Movida ».

Projet de recommandation de condamnation du régime par le Conseil de l’Europe (2006)
Le 4 novembre 2005, un projet de Recommandation émanant de la Commission des questions politiques de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe déclare la Nécessité de condamner le franquisme au niveau international.

Ce projet, qui devrait être débattu en mars en commission permanente de l’assemblée, soutient que « la violation des droits de l’homme n’est pas une affaire interne qui ne concerne que l’Espagne seule, raison pour laquelle le Conseil de l’Europe est prêt à engager un débat sérieux sur ce sujet au niveau international ».

En outre, le projet de rapport recommande au Conseil des Ministres de déclarer le 18 juillet 2006 comme journée officielle pour condamner le régime franquiste.

ToponymieRambla del general Franco
Franco est mort depuis 30 ans mais son régime a laissé de nombreuses traces dans le paysage urbain espagnol.

Si beaucoup de rues au nom du Caudillo ou du Generalisimo ont été débaptisées au début des années 1980, de nombreuses artères, notamment dans les villes moyennes, continuent de célébrer Franco ou ses alliés (par exemple José Antonio Primo de Rivera, le général Mola, le Général Sanjurjo).

Ainsi León, Chinchon, Santander, Santa Cruz de Tenerife ou Puerto de la Cruz (Tenerife) ont gardé leur toponymie franquiste.

Avenida del GeneralisimoDes monuments continuent également de célébrer Franco, ses alliés et ses victoires (Arco de la Victoria à Madrid, statue à Santander, divers monuments aux morts, l’Alcazar de Tolède).

En juillet 2002, le monument équestre représentant Franco, située durant 35 années sur la place centrale de sa ville natale de Ferrol (El Ferrol del Caudillo) , fut déboulonné pour être transféré à l’arsenal militaire.

En 2004, le nouveau gouvernement socialiste espagnol a proposé une loi de réparation envers les victimes de la guerre et de la dictature. Il a demandé également que la toponymie et tous les symboles franquistes subsistant soient retirés de la voie publique. Les opposants à cette dernière proposition dont Felipe González parlent de combat d’arrière-garde et rappellent que ces monuments font partie de l’héritage espagnol, pour le meilleur et pour le pire.

Dans la nuit du 16 au 17 mars 2005, à 1h00 (GMT) sur décision du conseil des ministres, la statue équestre de Franco au centre de Madrid a été déboulonnée et transférée dans un hangar à l’abri des regards.

Le 8 novembre 2005, sa statue (inaugurée en 1977 pour commémorer son action en tant que colonel de la légion après le désastre de Annual en 1921), située dans la ville de Mellila fut déplacée de 50 mètres pour permettre la réalisation de travaux publics. Le gouvernement (conservateur) de la cité autonome de Melilla a refusé qu’elle quitte la voie publique et soit transférée au musée militaire comme le réclamait l’opposition locale.

Monnaie et timbres
Le portrait de Franco a figuré sur de nombreuses pièces de monnaie et timbres-poste espagnols. Toutes les pièces à son effigie ont été retirées de la circulation le 1er avril 1997.

Les Espagnols et Franco 30 ans après sa mort

Au moment du 30ème anniversaire de la mort de Franco, une enquête de l’Institut Opina (du 17 novembre 2005) est publiée pour connaître l’opinion de la société espagnole sur la figure historique de Franco, l’héritage de son régime et le risque de répeter cette période. À la question sur le jugement qu’ils portent sur la dictature de Franco, 63,7% la jugent négative, 23% sont sans opinion et 13,3% la jugent positive.

Selon un sondage de la radio Cadena Ser publié le 18 novembre 2005, 55,5 % des espagnols déclarent éprouver de l' »indifférence » envers le dictateur, 29,8 % du « rejet » et 7,6 %, de la « nostalgie ».

Une enquête du Centre d’Enquêtes sociologiques relève que 65,9 % des espagnols considèrent que les victimes de la guerre civile ont reçu « une reconnaissance différente selon le camp auquel ils appartenaient » mais estime à 72,9 % qu’un « hommage doit les inclure toutes ».

Enfin, toujours sur le sujet, selon un autre sondage publié le 19 novembre 2005 par le quotidien conservateur El Mundo, 41,3 % des espagnols jugent que la politique du gouvernement socialiste de M. Zapatero « rouvre des blessures du passé » plutôt qu’elle ne « favorise la réconciliation » (25,5 %).

Sa famille

  • María Carmen Polo Martinez-Valdés (1902-1988) : son épouse. Après avoir rencontré Franco en 1917, elle l’épouse en 1923 et en 1926, donne naissance à leur seul enfant, María. Elle est décédée à Madrid en 1988.
  • María del Carmen Ramona Felipa de la Cruz Franco Polo : sa fille. Elle a épousé Cristóbal Martínez-Bordiú, marquis de Villaverde le 10 avril 1950. Elle vit aujourd’hui surtout à Miami (Floride). Sa fille a épousé Alphonse duc d’Anjou et leur fils cadet est aujourd’hui le prétendant légitimiste à la couronne de France, Louis XX. elle dirige La Fondation Franco, fondée en 1977. Ses objectifs ont pour but de veiller sur la mémoire du dictateur.
  • Nicolás Franco (1891-1977) : le frère aîné. Ingénieur naval, fonctionnaire du ministère de la Marine, il est devenu le principal conseiller du Caudillo au début de la guerre civile. Il termine sa carrière comme Ambassadeur à Lisbonne puis comme homme d’affaires.
  • Pilar Franco (1894-1989) : la sœur. Membre des phalanges espagnoles, elle ne joua cependant aucun rôle politique. Ses deux livres de souvenirs personnels publiés en pleine transition démocratique ont été des best-sellers.
  • Ramón Franco (1896-1938) : le frère cadet. Aviateur célèbre et populaire, de conviction républicaine qui le conduise en prison sous la dictature de Miguel Primo de Rivera, il n’en rallie pas moins son frère aîné après juillet 1936. Il meurt le 28 octobre 1938 dans un accident d’avion.
  • Ramón Serrano Súñer (1901-2004) : le beau- frère. Il a épousé Zita, la sœur de Carmen Polo. Impliqué dans le pronunciamiento de 1936, il est emprisonné par les républicains. Évadé en février 1937, il supplante Nicolás Franco comme conseiller et ministre du Caudillo. Proche du fascisme italien, il est éloigné à partir de 1942.

(Source : Wikipedia, licence GFDL)

Ebre

L’EBREL’Èbre (Ebro en espagnol, Ebre en catalan) est le plus puissant des fleuves espagnols. Sa longueur est de 928 km et son bassin versant a 85 550 km² de superficie.

Géographie de l’Ebre

Source
Jusqu’à peu, sa source était située à Fontibre (du latin, Fontes Iberis, ‘sources de l’Èbre’), à 880 mètres d’altitude, près de Reinosa dans la communauté autonome de Cantabrie. On estime aujourd’hui que l’Èbre prend naissance dans les sources de l’Híjar, à Peñalabra, à 1 980 m d’altitude et 27 km en amont de Reinosa.

Cours et embouchure
Son cours supérieur s’inscrit dans des gorges remarquables. Il traverse la Cantabrie, la Castille-et-León, Castille-La Manche, La Rioja, la Navarre, l’Aragon et la Communauté Valencienne avant de se jeter dans la Méditerranée en Catalogne, par un grand delta de 320 km² près de Tortosa (province de Tarragone), où l’ile de Buda divise le courant en deux bras principaux (Golas nord et sud). Les alluvions très abondantes qu’il charrie font avancer ce delta profondément dans la mer.

Près de 20% du delta sont des zones naturelles. Le parc naturel du delta de l’Èbre fut créé en 1983 par la province de Catalogne à la demande des habitants de la commune de Deltebre. Il constitue la zone humide la plus importante de Catalogne avec une superficie totale de 7 802 ha.

Régime fluvial
L’Èbre est un fleuve à débit important, au caractère irrégulier. À la fin de l’été se produisent des étiages significatifs dans tout le bassin conduisant à des débits d’un dixième du débit moyen. Durant l’hiver un étiage secondaire intervient, résultant des chutes de neige touchant une grande partie de son bassin, puisque son régime est pluvieux, accumulant les grandes réserves hydrauliques des Pyrénées, et dans une moindre mesure des monts Cantabriques et des monts ibériques. Au printemps, avec la fonte des neiges et les précipitations, il est à son débit maximal. Il atteint son second maximum à l’automne, à l’arrivée des pluies.

Les crues les plus importantes de ses cours haut et moyen interviennent à la fin de l’hiver, lors des chutes de neige de faible altitude suivies du dégel, surtout si celui-ci s’accompagne de pluies qui accélèrent la fonte. Lors de ces crues, ce sont les affluents gauches, tels que le Zadorra, l’Ega, l’Arga et l’Aragon, qui jouent le rôle le plus important. Ainsi les crues les plus significatives ont été constatées à Castejón, dans la Ribarra navarraise, ainsi qu’aux abords de Saragosse.

Le flux aval est régulé par les marais de Ribarroja et de Mequinenza, bien que des crues puissent toujours se produire, causées par le dégel des affluents pyrénéens tels que le Sègre, le Cinca, le Noguera Pallaresa et le Noguera Ribagorzana, ou plus bas par l’influence de l’arrivée des pluies automnales sur les affluents de l’aval. En dépit de ces débordements et inondations, c’est de nos jours le cours intermédiaire du fleuve qui a le plus souffert des crues du XXIe siècle.

L’irrégularité de l’Èbre est telle qu’à Tortosa on a constaté un débit de 32 m³/s en période de sècheresse et des pointes à 10 000 m³/s lors de certaines crues. En amont, on a pu mesurer des débits supérieurs à 1 000 m³/s à Miranda del Ebro. Dans le cours intermédiaire, un maximum de 4 950 m³/s a été constaté en 1961 à Castejón.

Régions traversées
Le fleuve arrose Miranda de Ebro (Castille-et-León), Logroño (La Rioja), Tudela (Navarre), Saragosse (Aragon). Son cours a été aménagé (canaux impérial et de Tauste, et barrages de l’Èbre, de Mequinenza et de Ribarroja) pour la production d’électricité, l’irrigation et la riziculture. Le débit moyen était en 1971 de 11 m³/s à Reinosa, 81 m³/s à Miranda de Ebro, 300 m³/s à Saragosse et 614 m³/s à Tortosa. L’irrigation intensive a depuis encore réduit ces valeurs. À l’embouchure, le débit devrait être de 745 m³/s contre 426 m³/s en 1994.

Villes arrosées par l’Ebre

  • Miranda de Ebro
  • Logroño
  • Tudela
  • Saragosse
  • Tortosa

Production hydroélectrique
L’hydroélectricité du bassin fournit à l’Espagne 50 % de son électricité. La liste ci-dessous n’est pas exhaustive :

  • 74 centrales dans la province de Huesca, d’une puissance installée de 847 297 kW et d’une production de 2 787 000 000 kW/h.
  • 30 centrales dans la province de Saragosse, d’une puissance de 372 437 kW d’une production de 761 000 000 kW/h.
  • 34 centrales dans la province de Teruel, d’une puissance installée de 24 135 kW et d’une production de 28 000 000 kW/h.

Vidéo du delta de l’Ebre

[youtube:http://www.youtube.com/watch?v=3d8HktKPne4]

Histoire de l’Ebre

Le nom provient du latin Iberus qui le désignait dans l’Antiquité. On peut noter que le terme basque ibar signifie « berge de la rivière ».

Le fleuve a donné leur nom au peuple des Ibères, et de là, l’adjectif ibérique.

Le traité de l’Iber (-226) semble faire référence à ce fleuve (il reste quelques doutes).

Pendant la Guerre d’Espagne, l’Èbre a été le théâtre de l’une des batailles les plus importantes.

(Source, licence GFDL)

Qui était Christophe Colomb ? Biographie

CHRISTOPHE COLOMBChristophe Colomb (1451, 20 mai 1506 à Valladolid, Espagne, lieu et date de naissance controversés), navigateur, marchand et vice-roi des Indes, nommé par la reine Isabelle de Castille, fut le premier européen de l’histoire moderne à traverser l’Océan Atlantique et à découvrir une route d’aller-retour entre le continent américain et l’Europe. Ses voyages marquent le début de la colonisation de l »Amérique par les européens.

Origines de Christophe Colomb

Controverse sur sa naissance
Il y a plusieurs versions sur son origine, la plus traditionnelle soutient qu’il est né en 1451 probablement à Gênes ou Savone, Italie. Une maison dite natale de Colomb se trouve aussi à Calvi, Haute-Corse, citadelle génoise à l’époque. Marie-Nicolas Bouillet indique qu’il était fils d’un fabricant de draps de Gênes. Son frère était Bartolomeo Colomb.

Les recherches d’Augusto Mascarenhas Barreto ont recemment avancées la possibilité de son origine portugaise. Christophe Colomb serait ainsi né au Portugal d’une famille juive. D’ailleurs il donna le nom de Cuba à l’île actuelle en référence à une terre de l’Alentejo, la ville Vila de Cuba au district de Beja, Portugal.

D’autres sources alternatives présentent l’hypothèse de son origine catalane, et placent sa ville de naissance dans le royaume d’Aragon.

Les débuts marins de Christophe Colomb (1476)

En 1476, il embarque sur un convoi en partance pour Lisbonne puis l’Angleterre. Le convoi est attaqué par les Français et Christophe Colomb se réfugie à Lagos puis part chez son frère, cartographe à Lisbonne. Il épouse en 1479 Dona Felipa Perestrello e Moniz d’une famille de noblesse portugaise, fille de Bartolomeu Perestrelo, un des découvreurs des îles de Madère et de Porto Santo, avec qui commença la colonisation en 1419-1420. Felipa meurt peu de temps après la naissance de leur seul fils, Diego Colomb, qui est né en 1480 sur l’île Madère. Christophe Colomb se perfectionne alors dans les sciences de la navigation, avec les cartes que son épouse apporta en dot : les cartes des vents et des courants des possessions portugaises de l’Atlantique qui appartenaient à Bartolomeu Perestrelo en voyageant notamment pour le roi portugais en Afrique.

Christophe Colomb : le projet de voyage aux Indes

C’est aux alentours de 1484 que l’idée de passer par l’Atlantique pour aller aux Indes lui vient («rejoindre le Levant par le Ponant»).

Le jeune navigateur est loin d’être le seul à penser à une telle chose. Une partie de la communauté scientifique de l’époque croit en la probabilité d’une telle expédition grâce notamment aux écrits de Ptolémée qui a même fait des estimations sur la distance à parcourir : 16 090 km. La distance, très largement fausse, paraît trop importante à Christophe Colomb qui la réduit à 2 414 km.

Le futur explorateur n’est pas au bout de ses peines. Un groupe d’experts choisi par le roi Dom João II (Jean II du Portugal) rejette son projet. Christophe Colomb se tourne alors en direction des chefs d’États rivaux du Portugal. Il est reçu par Isabelle de Castille en 1486 mais une réponse négative lui est à nouveau rendue en 1490. En 1491, sa demande est en passe d’être acceptée mais sa trop grande ambition fait échouer sa quête, il veut notamment être vice-roi de toutes les terres découvertes et obtenir un titre de noblesse. C’est grâce à l’insistance du conseiller du roi Ferdinand que le projet est approuvé par la reine notamment aux vues des possibles retombées économiques : n’oublions pas que c’est une nouvelle route vers les Indes qui risque d’être découverte.

Christophe Colomb : le Ier Voyage (1492-1493)

La Santa María Le 3 août 1492, Christophe Colomb est au départ à Palos de la Frontera (Huelva) avec 3 navires (2 caravelles, la Pinta et la Niña et une nef, la Santa María) et 90 membres d’équipage. Une première escale a lieu aux Canaries, à Las Palmas de Gran Canaria du 9 août au 6 septembre, (la route du sud a été choisie pour éviter les croisières portugaises au large des Açores) mais les tensions se font déjà ressentir entre Christophe Colomb et ses marins.

Le 12 octobre, après une longue traversée, la terre est en vue et Christophe Colomb la baptise du nom du Christ : San Salvador (Guanahani). Première rencontre avec les indigènes que Christophe Colomb nomme «Indiens» d’après la conception du continent qu’il croyait aborder ; ceux-ci lui indiquent que de l’or se trouve sur une grande île au Sud-Est. Le 23 octobre, Christophe Colomb perd de vue la Pinta, il accuse alors son capitaine : Martin Alonzo Pinzon d’avoir déserté. Le 28 octobre, Christophe Colomb découvre Cuba, qu’il nomma Juana en l’honneur de la fille des rois catholiques. Il pense connaître parfaitement sa position sur le continent asiatique. Plus tard, plus à l’est, il découvre l’île appelée Ayti en langage indigène (Haïti). C’est sur cette île qu’il trouva abondament de l’or et il la baptisa Hispaniola ; la petite Espagne. Le 25 décembre 1492 la Santa Maria s’échoue sur des rochers à fleur d’eau et devient inutilisable. À ce moment, Christophe Colomb ne dispose plus que d’une caravelle et décide de laisser 39 hommes dans une fortification de fortune (Fort Navidad) faite avec l’épave du navire et promet de revenir au plus vite. Il ne les retrouvera jamais.

Début janvier 1493, Christophe Colomb retrouve finalement la Pinta et Pinzon mais maintient son retour.

Le 16 janvier 1493, l’explorateur rentre en Espagne avec les 2 caravelles restantes.

Le retour est marqué par de fortes tempêtes. Le 17 février, ils arrivent à l’île Sainte-Marie aux Açores. Ils n’arriveront en Europe que le 4 mars, d’abord au Portugal et ne terminera ce premier voyage que le 15 mars à Palos d’où il est parti.

Christophe Colomb : le IIe Voyage (1493-1496)

Christophe Colomb prépare rapidement une nouvelle expédition beaucoup plus ambitieuse avec une flotte de 17 navires et environ 1500 hommes dont 700 colons et 12 missionnaires ainsi que des animaux militaires et domestiques. Son objectif est de fonder une colonie sur Hispaniola et de retrouver les 39 hommes de la Santa Maria qu’il a dû laisser.

Christophe Colomb lève l’ancre pour ce nouveau voyage le 25 septembre 1493 de Cadix, redevenu espagnole et chrétienne depuis son premier départ.

La première terre qu’il aperçoit, 21 jours après avoir quitté les Canaries est La Désirade qu’il baptise ainsi Desirada, tant la vue d’une terre fût désirée par l’équipage. Les autres îles ne sont pas loin.

Le dimanche 3 novembre 1493, une autre île est en vue, que Christophe Colomb nomme Maria Galanda (Marie-Galante, du nom du navire amiral.

Une troisième se présente à l’horizon, ce sera Dominica (la Dominique) puisqu’elle apparaît un dimanche matin, où il débarquera.

Le lendemain matin, le 4 novembre, ils reprennent la mer vers une île plus grande dont ils avaient aperçu au loin les montagnes. Christophe Colomb décide alors de jeter l’ancre devant cette île afin d’accorder quelques jours de repos à ses hommes. C’est l’île de Caloucaera « Karukera » (nom donné par les Caraïbes) et qui fut rebaptisée « Santa Maria de Guadalupe de Estremadura » (c’est la Basse-Terre de la Guadeloupe), pour honorer une promesse (donner le nom de leur monastère à une île) faite à des religieux lors d’un pèlerinage ou qu’il s’était faite à lui même lors des tempêtes de son précédent retour.

Puis Christophe Colomb repart vers le nord en direction d’Hispaniola. Il aperçoit ensuite Montserrat qu’il baptise du nom du massif de Montserrat où se trouve un sanctuaire et un monastère bénédictin en l’honneur de la Virgen de Montserrat, qui est une montagne voisine de Barcelone.

Le 11 novembre 1493, la flotte aperçoit une île au large le jour de la fête de saint Martin de Tours et la baptise du même nom : Saint-Martin et aperçoit à l’horizon une autre petite île qu’il baptise du nom de son frère Bartolomeo, Saint-Barthélemy.

Arrivant à Hispaniola, Christophe Colomb retrouve le fort détruit. Il décide finalement d’installer la colonie, qu’il appelle Isabela, en un autre emplacement.

Christophe Colomb part avec une flotille vers l’ouest où il découvre en avril 1494 Porto-Rico puis la Jamaïque.

Arrivent ensuite la saison cyclonique et ses ouragans, appelés urican par les indigènes. Six navires seront détruits. Avec leurs débris, Christophe Colomb fait construire le premier navire fabriqué dans le nouveau monde qu’il baptise India.

Lors de ce voyage Christophe Colomb « visite » il Antigua. Territoires visités : Antiqua, Cuba.

Le 20 avril 1496 Christophe Colomb rentre en Espagne à bord de la Santa Clara, l’ex-Niña comme ce fut le cas lors de son premier voyage.

Le 11 juin 1496, il arrive à Cadix alors que tout le monde le croyait mort.

Christophe Colomb : le IIIe Voyage (1498-1500)

Le 30 mai 1498, nouveau départ de Christophe Colomb cette fois-ci de Sanlucar de Barrameda à côté de Cadix, à la tête d’une nouvelle flotte composée de 6 navires ; 4 naos d’environ 100 tonneaux et de 2 caravelles.

Le 7 juin 1498, il fait escale sur l’île de Porto-Santo à proximité de Madère.

Vers 20 juin à l’île de la Gomera aux Canaries le groupe se scinde en deux : Christophe Colomb va vers le sud avec trois navires, les trois autres partant à Hispaniola sous le commandement de Pedro de Arana pour ravitailler la colonie qui était en difficulté.

Du 27 juin au 4 juillet 1498, Christophe Colomb fait escale au Cap-Vert.

Christophe Colomb arrive le 31 juillet à l’île de Trinidad, le 1er août 1498, il aborde une côte. Il y découvre la puissante embouchure d’un grand fleuve boueux se jetant dans la mer. Christophe Colomb n’a probablement pas compris qu’il venait de découvrir un continent. Dans son mysticisme, il s’imagine avoir découvert le paradis terrestre qu’il situe en Asie. En fait, il se trouve à l’embouchure de l’Orénoque. Il part ensuite en reconnaissance de la côte de l’actuel Venezuela.

Territoires visités : Saint-Vincent, Grenada, Trinidad, Margarita, Venezuela.

Le 31 août 1496, Christophe Colomb arrive enfin à Hispaniola. Cela fait deux ans et neuf mois qu’il avait quitté l’île. Il la retrouve en pleine anarchie. Une rébellion contre l’amiral est organisée par Francisco Rodãn.

Le 18 octobre 1498, 5 navires quittent Saint-Domingue pour l’Espagne. Christophe Colomb envoie aux rois une description des désordres organisés par les mutins.

Parmi ceux qui rentrent il en est qui ne ménagent pas les reproches faits à Christophe Colomb. Devant les plaintes et rumeurs dirigées contre Christophe Colomb, durant l’année 1499, Ferdinand et Isabelle dépêchent Francisco Bovadilla, vers la nouvelle colonie.

Il arrive le 23 août 1500 à Saint-Domingue. Il se nomme vice-roi à la place de Christophe Colomb. Durant plusieurs mois, Christophe Colomb résiste aux instructions qui lui sont données par son remplaçant. Finalement Bovadilla fait arrêter les frères Colomb. Ils sont emprisonnés et renvoyés d’urgence début octobre 1500, à la cour d’Espagne pour être jugé par Ferdinand et Isabelle.

En mer, durant le voyage, Christophe Colomb rédige des lettres à l’intention des rois catholiques et, avec la complicité du capitaine de la caravelle sur laquelle il a voyagé, les fait remettre aux souverains, lors de son arrivé en Espagne fin novembre 1500.

L’effet de ces lettres ne se fit pas attendre, Bovadilla est rappellé de Saint-Domingue et en octobre 1501 Christophe Colomb est autorisé à organiser un nouveau voyage. Mais il lui est défendu de retourner à Hispaniola et de ramener des esclaves.

Christophe Colomb perd son titre de vice-roi des Amériques mais conserve celui d’amiral de la mer Océane.

Christophe Colomb : le IVe Voyage (1502-1504)

Le 9 mai 1502, Christophe Colomb repart de Cadix avec 4 caravelles et 148 compagnons.

Le 15 juin 1502, il passe à proximité de la Martinique qu’il avait peut-être aperçue lors de son second voyage.

Arrivé sur les côtes de l’actuel Honduras, Christophe Colomb navigue en direction du Sud à la recherche d’un passage vers l’ouest. Christophe Colomb se trouve en face de l’isthme du Panama qu’il prend pour celui de Malaisie.

Il ne trouve pas d’or et perd ses navires les uns après les autres. Christophe Colomb décide de remonter vers la Jamaïque alors que son navire est endomagé et y échoue. Christophe Colomb doit alors envoyer quelques hommes sur un canot pour demander de l’aide à la colonie d’Hispaniola. Les secours ne se pressent pas pour venir en aide à l’Amiral dont les titres et l’autorité sont contestés à Hispaniola.

Fin mai 1504, Diego Mendes fait partir une expedition de Saint-Domingue pour le secourir. Le 25 juin 1504, deux navires arrivent pour embarquer Christophe Colomb et ses hommes.

Christophe Colomb repart finalement pour l’Espagne le 12 septembre 1504 et arrive le 7 novembre fatigué et malade.

Territoires visités : St. Lucia, Martinique, Honduras, Nicaragua, Costa Rica, Panama.

Fin de vie

Christophe Colomb resta très diminué après son retour. Il occupa la fin de sa vie à essayer de faire reconnaître la valeur de ses richesses. Il est représenté par son fils qui est à la cour auprès du roi.

Bien que les privilèges que demande Christophe Colomb ne lui soient jamais accordés, il meurt le 20 mai 1506 à Valladolid fabuleusement riche mais dans l’oubli et l’isolement le plus total.

Jusqu’à sa fin Christophe Colomb est resté persuadé d’avoir atteint l’Asie et d’avoir trouvé les Indes par le chemin qu’il avait choisi. Il n’aura jamais compris sa véritable découverte.

Outre ses découvertes, Christophe Colomb a fait faire de grands progrès à la navigation : il se servit le premier de l’astrolabe et sut déterminer exactement à l’aide de cet instrument la position des vaisseaux par la longitude et la latitude.

Il ne reste de Christophe Colomb que quelques Lettres (publiées par Richard Henry Major, Londres, 1847).
(Source : Wikipedia, licence GFDL)