La Galice, un paradis de l’Espagne verte 🌿🌳

GALICELa Galice est une communaut√© autonome situ√©e dans le nord-ouest de l’Espagne. La Galice est entour√©e par les Asturies, Castille et Le√≥n, le Portugal et l’oc√©an Atlantique. La Galice recouvre une superficie de 29 574 km¬≤ et comptait 2 737 370 habitants en 2003.

La Galice se compose de 4 provinces : La Corogne, Lugo, Orense et Pontevedra. Saint-Jacques-de-Compostelle est la capitale de la communauté autonome.

Les deux langues officielles de la Galice sont le castillan et le galicien.

Les 10 lieux incontournables à visiter en Galice

La Galice, c’est l’eau, la terre, le vent‚Ķ La Galice, c’est le sentiment, la passion, la joie‚Ķ La Galice, c’est l’art, l’histoire, la l√©gende‚Ķ C’est tout ce qui fait r√™ver et √©merveiller‚Ķ La Galice est une terre que vous commencerez √† d√©couvrir petit √† petit, pas √† pas‚Ķ Voici 10 lieux √† ne pas manquer, sans ordre particulier :

Ribeira Sacra

La Ribeira Sacra, qui abrite la plus grande concentration d’√©glises et de monast√®res romans en Europe. La Ribeira Sacra est un district marqu√© par le Mi√Īo et le Sil, qui ont fa√ßonn√© son paysage spectaculaire en se frayant un chemin √† travers les montagnes. Si l’on ajoute √† cela la foi et la spiritualit√© que l’on peut encore ressentir dans les nombreux monast√®res qui pars√®ment la r√©gion, cela signifie que ce coin de Galice ne peut manquer de faire appel √† tous vos sens.

Ribeira Sacra, Galicia.

Mentionner la Ribeira Sacra, c’est bien s√Ľr mentionner le vin, ce qui devient √©vident d√®s que l’on met les pieds dans la r√©gion : l’un des √©l√©ments les plus caract√©ristiques de son paysage sont les fameuses ¬ę¬†socalcos¬†¬Ľ, ces vignobles en terrasses abruptes qui descendent le long des collines. Et pendant que vous y √™tes, ne manquez pas l’occasion de go√Ľter certains des fantastiques vins locaux, produits par l’une des cinq zones viticoles d’appellation d’origine de Galice, √† laquelle la r√©gion donne son nom.

La ville de Lugo

Les murs de Lugo sont l’exemple le mieux pr√©serv√© des fortifications militaires romaines dans le monde. Class√©s au patrimoine mondial de l’UNESCO, les remparts sont un exemple exceptionnel d’un mode de construction qui illustre diverses p√©riodes importantes de l’histoire de l’humanit√©.

Depuis leurs origines romaines, en passant par la p√©riode tumultueuse du Moyen √āge et jusqu’au XIXe si√®cle, r√©volutionnaire et novateur, ils constituent un monument unique qui montre les diff√©rentes facettes de l’√©volution de la ville de Lugo, elle-m√™me une zone de conservation d’importance majeure, depuis le premier √©tablissement romain du Lucus Augusti.

Serra da Capelada

La Serra da Capelada poss√®de certaines des plus hautes falaises d’Europe.
Leur point culminant est Vix√≠a Herbeira, √† 620 m√®tres au-dessus du niveau de la mer. De ce point de vue, vous pouvez appr√©cier toute la grandeur et la taille de ces falaises, les deuxi√®mes en hauteur apr√®s les fjords norv√©giens, qui plongent presque verticalement vers la mer, √† un angle de plus de 80¬ļ.

Les vues d’ici sont absolument spectaculaires : un panorama magnifique sur le puissant oc√©an Atlantique et le littoral accident√© de chaque c√īt√© de Santo Andr√© sont sans aucun doute parmi les meilleurs que l’on puisse trouver sur toute la c√īte europ√©enne.

Ferrol

Ferrol.

Bien que Ferrol ait √©t√© √† l’origine une ville avec une forte tradition de p√™che, au cours du 16√®me si√®cle, son port a commenc√© √† accueillir les navires de la marine royale espagnole. Par la suite, les monarques Philippe V, Ferdinand VI et Charles III ont √©t√© le moteur de la construction de ce magnifique complexe, faisant de la ville la principale base militaire du nord-ouest de l’Espagne et la plus grande base navale de son √©poque en Europe. √Ä l’int√©rieur, qui ne peut √™tre visit√© qu’avec une autorisation pr√©alable, vous trouverez la Sala de Armas (man√®ge militaire), jusqu’√† r√©cemment une caserne d’entra√ģnement et maintenant des quartiers r√©sidentiels pour les marines de la marine espagnole d√©ploy√©s √† Ferrol. Vous pouvez √©galement visiter le Museo Naval (Mus√©e de la construction navale) et le Dique da Camp√°, l’une des plus grandes cales s√®ches du monde. Et n’oubliez pas Exponav, une exposition permanente consacr√©e au monde de la construction navale.

La Tour d’Hercule

Torre de H√©rcules. La Coru√Īa.

√Ä La Corogne, nous pouvons nous √©merveiller devant la Tour d’Hercule, qui remonte √† l’√©poque romaine et qui est le plus ancien phare en activit√© au monde, raison pour laquelle il a √©t√© d√©clar√© patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Farum Brigantium a √©t√© construit par l’Empire romain √† un moment donn√© entre la fin du 1er si√®cle apr√®s J.-C. et le d√©but du suivant. Situ√© √† l’entr√©e du port de La Corogne, ce magnifique phare a √©t√© con√ßu comme une aide √† la navigation le long de la c√īte accident√©e de Galice, un point strat√©gique sur la route maritime reliant la M√©diterran√©e au nord-est de l’Europe.

Le Cap Finisterre

Le Cap Finisterre, destination des p√®lerins qui, apr√®s avoir visit√© le tombeau de Saint-Jacques, ont continu√© leur chemin sur la route qui leur a √©t√© trac√©e au-dessus de la Voie lact√©e jusqu’√† ce qu’ils ne puissent plus aller plus loin.

Le Finisterre √©tait consid√©r√© pendant la p√©riode de l’Antiquit√© classique comme la fin du monde connu. En fait, sa situation g√©ographique et ses couchers de soleil impressionnants ont conduit Decimus Junius Brutus (le g√©n√©ral romain qui a conquis la Galice) √† croire que c’√©tait bien l’endroit o√Ļ le soleil mourait au cr√©puscule. La r√©gion entourant ce promontoire est consid√©r√©e comme un lieu magique depuis les temps les plus anciens, et la l√©gende veut que les Ph√©niciens aient install√© un autel, l’Ara Solis, o√Ļ ils v√©n√©raient le soleil. Alors pourquoi ne pas prendre le temps de d√©couvrir ce coin de notre c√īte, o√Ļ la magie des lieux guidera vos pas.

Le Chemin de Saint Jacques

Vous ne pouvez pas quitter la Galice sans avoir parcouru au moins une partie du Chemin de Saint-Jacques. Le Chemin de Saint-Jacques a jou√© un r√īle fondamental dans l’√©change de cultures entre la p√©ninsule ib√©rique et le reste de l’Europe au Moyen-√āge. C’est pourquoi le chemin de Saint-Jacques a √©t√© d√©sign√© comme le premier itin√©raire culturel europ√©en par le Conseil de l’Europe. Le Chemin dit fran√ßais, qui a la plus longue tradition et est le plus connu en dehors de l’Espagne, a √©galement √©t√© d√©clar√© patrimoine mondial de l’UNESCO. Partant de Roncevaux (Navarre), il atteint finalement Saint-Jacques-de-Compostelle quelque 750 kilom√®tres plus tard. Un itin√©raire qui relie l’Europe au nord de l’Espagne, en passant par des √©glises, des ponts, des cath√©drales, des monast√®res et d’autres lieux d’int√©r√™t isol√©s, le tout accompagn√© d’une toile de fond de verdure permanente.

La ville de Saint-Jacques de Compostelle

Saint-Jacques de Compostelle (Photo : bernavazqueze)
Saint-Jacques de Compostelle (Photo : bernavazqueze)

Saint-Jacques-de-Compostelle est la destination des p√®lerins chr√©tiens depuis le IXe si√®cle. D’aussi loin que la Baltique ou la mer du Nord, des milliers de p√®lerins sont venus √† pied au sanctuaire de Saint-Jacques en Galice, portant leurs coquilles Saint-Jacques symboliques sur tous les chemins qui m√®nent √† Saint-Jacques, v√©ritables sentiers de la foi. Il faut ajouter √† cela le fait qu’√† l’√©poque romane et baroque, le sanctuaire de Saint-Jacques de Compostelle a eu une influence d√©cisive sur l’√©volution de l’architecture non seulement en Galice, mais aussi dans tout le nord de la p√©ninsule ib√©rique.

Santa Tegra

A Guarda se trouve le fort celtique et le village de Santa Tegra, d’o√Ļ vous pourrez profiter de ¬ę¬†la meilleure vue panoramique d’un fort celtique dans deux pays¬†¬Ľ. Naturellement, les vues d’ici sont in√©gal√©es : votre horizon n’est d√©limit√© que par la Galice, avec le village de p√™cheurs d’A Guarda √† sa t√™te, le puissant oc√©an Atlantique et le littoral portugais voisin.

La vue est encore plus impressionnante si l’on remonte dans le temps : les habitants de ce fort et de ce village de colline pouvaient en profiter depuis leurs propres habitations. Cependant, le site de ce village n’a pas √©t√© choisi pour ses vues, mais pour des raisons plus terre-√†-terre telles que la strat√©gie et la s√©curit√©, car d’ici, ils pouvaient surveiller et contr√īler le trafic maritime et toute l’embouchure du fleuve Mi√Īo.

Les √ģles C√≠es

Les √ģles C√≠es, un des archipels qui, avec les √ģles de Ons, S√°lvora et Cortegada, constituent le parc national maritime et terrestre des √ģles atlantiques galiciennes. La richesse de leur faune et de leur flore, combin√©e √† des paysages spectaculaires, font de ces √ģles un atout culturel et environnemental majeur et pr√©cieux.

Les √ģles C√≠es, c’est la nature √† l’√©tat pur. Le voyage en bateau au d√©part de Vigo, Cangas ou Baiona Baiona, qui ont toutes des liaisons r√©guli√®res en catamaran vers l’archipel en haute saison, nous permet d’admirer leur imposante pr√©sence √† l’embouchure de la R√≠a de Vigo.

Les villes de la Galice

La Galice se caract√©rise, √† la diff√©rence d’autres r√©gions espagnoles, par l’absence d’une m√©tropole dominant le territoire. En effet, l’armature urbaine est constitu√©e de plusieurs villes moyennes qui maillent la r√©gion :

SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE
La cathédrale de
Saint Jacques de Compostelle

Géographie de la Galice

La Galice couvre une superficie de 29 574 km¬≤ (presque la comme la Belgique) et poss√®de 1300 km de c√ītes. √Ä l’√©poque romaine la Galice disposait d’importantes ressources d’or, d’argent et d’√©tain.

La Galice est une zone g√©ographique limit√©e au nord et √† l’ouest par l’oc√©an Atlantique, √† l’est par une cha√ģne montagneuse (Os Ancares) et au sud par le fleuve le plus important de la p√©ninsule ib√©rique par son d√©bit (O Mi√Īo).

Plage Melide, Galice, Espagne (Photo : agvnono)

La r√©gion est divis√©e en 4 provinces, 53 comarcas (cantons), 316 concellos (communes), 3847 paroisses et 31 855 ¬ę¬†noyaux de population¬†¬Ľ (la moiti√© de toute l’Espagne qui en compte 63 613) ou ¬ę¬†aldeas¬†¬Ľ (hameaux). Mais la paroisse est pour le galicien, la r√©f√©rence absolue. Il est commun, si vous demandez √† un Galicien d’o√Ļ il vient, qu’il vous r√©ponde par le nom de sa paroisse.

L’origine de ces paroisses est due aux Su√®ves, peuple germanique qui fonda un des premiers royaumes chr√©tiens d’Europe vers 410. Un document de l’an 569 atteste de cette organisation admistrative, le ¬ę¬†Parochiale Suevorum¬†¬Ľ.

Vidéo РLa Galice vue du ciel !

La culture en Galice

La Galice est connue pour le p√®lerinage de Saint-Jacques de Compostelle. On assiste aussi depuis quelques ann√©es √† un retour de la musique traditionnelle galicienne et notamment de la Gaita, la cornemuse locale. Une tr√®s grande influence celtique est pr√©sente dans la culture galicienne, qu’il s’agisse de musique ou de coutumes. Plusieurs l√©gendes et histoires populaires de la Galice ont les m√™mes origines que celles connues dans d’autres r√©gions √† influence celtique, par exemple l’Irlande.

L’intime art roman galicien

La Galice compte le plus grand nombre de b√Ętiments romans en Espagne, m√™me si une telle richesse patrimoniale n’est pas divulgu√©e comme dans d’autres lieux de la p√©ninsule. Seulement un certain retard dans le catalogue de ces monuments a emp√™ch√© que cette r√©gion soit √©valu√©e comme elle le m√©rite dans un contexte de l’art roman hispanique ; l’histoire et l’√©volution de l’art galicien roman passe par une s√©rie de phases et vicissitudes trop complexes pour les d√©tailler ici.

Tout au long du Moyen-√āge s’est d√©velopp√©e en Galice une p√©riode de construction o√Ļ pr√©domina l’art roman, dans les grandes cath√©drales comme celle de Saint-Jacques-de-Compostelle, aussi bien que dans les monast√®res, comme ceux de la Ribeira Sacra, caract√©ris√© par l’importance des monuments, v√©ritables plaques fortes de l’architecture m√©di√©vale. Mais l’art roman s’est aussi impos√© dans des centaines de paroisses rurales, √©parpill√©es un peu partout dans le territoire, plus particuli√®rement dans la centre de la Galice.

√Ä la t√™te du roman galicien on trouve la cath√©drale Saint Jacques-de-Compostelle mais la Galice est riche en cath√©drales m√©di√©vales, comme Lugo, Ourense, Tui et Mondo√Īedo. Les zones √† l’interieur , l√† o√Ļ les quatre provinces sont presque unies dans un seul point, on retrouve l’une des plus grandes concentrations d’art roman de toute l’Espagne.

GALICE : rose des vents représentant les différentes peuples celtes, au pied de la Tour d’Hercules, phare romain de Galice

Tout le long aussi de la c√īte atlantique, depuis Pontevedra jusqu’√† Lugo, passant par La Corogne, l’art roman rural est √©tendu sp√©cialement aussi aux c√ītes de Pontevedra et du golfe √Ārtabro de La Corogne et jusqu’√† d’autres zones plus √©loign√©es de la c√īte, dans toute la vall√©e verte ou montagneuse on avait √©rig√© des centaines de paroisses rurales. Quelques communes ont plusieurs √©glises romanes, des temples paroissiaux et des ermites de la plus grande qualit√© artistique. Elles passent souvent inaper√ßues aux regards d’un public non averti.

La force visuelle des ces b√Ętiments de granit, presque tous bien conserv√©s sauf par l’action directe de l’homme, est une rendue consubstantielle au territoire galicien.

Une autre caract√©ristique de cet art galicien est sa conservation dans le temps et la persistance de l’architecture des formes romanes pendant les si√®cles du bas Moyen √Āge. Bien que quelques innovations gothiques aient √©t√© utilis√©es, les couvents et les temples ruraux des si√®cles XIIIe au XVe, lesquels presque tous, perdurent de claires r√©miniscences romanes, sp√©cialement d√©riv√©es du monde ¬ę¬†mateano¬†¬Ľ (du ma√ģtre Mateo) de la cath√©drale de saint Jacques de Compostelle.

L’intime simplicit√© de cet art s’est pleinement identifi√© avec l’esprit de recueillement du paysage et de la d√©votion galicienne. Dans les hameaux ou lieux-dits, aujourd’hui isol√©s, des chemins en marge des routes touristiques habituelles conduisent vers ces t√©moins de tant d’histoire. Pour les visiter, il faut s’adresser sans r√©ticence aux habitants du village qui gardent les cl√©s des chapelles et connaissent plus d’une histoire sur leur pass√©. Parfois abandonn√© par l’√Čglise et par l’administration, parfois victimes de restaurations sauvages, ce patrimoine garde encore, dans son granit s√©culaire, la finesse d’un loup, √† San Miguel d’Eir√©, les signes lapidaires s√©culaires des tailleurs, ou des jalousies d’inspiration celtique encastr√©es avec d’autres pierres de taille pr√©-romanes, dans les murs de l’√©glise de saint Estevo d’At√°n. Pierre dans la pierre, le monde gala√Įco a toujours √©t√© dans cette superposition de cultures et de civilisations.

La fa√Įence de Sargadelos

Le complexe industrielle et culturel de Sargadelos r√©pond √† un projet int√©gral et moderne d’une grande importance pour la Galice, l’entreprise, dont les origines remontent √† deux si√®cles en arri√®re, vers la fin du XVIIIe, pour rena√ģtre au XXe si√®cle et contribue ainsi √† la r√©cup√©ration de la m√©moire du pays et une utilisation des ressources naturelles de la r√©gion, o√Ļ industrie et dimension artistique sont en relation √©troitement li√©es.

L’initiateur du projet fut l’illustre galicien-asturien, Antonio Raimundo Ib√°√Īez Llano y Vald√©s, lib√©ral √©clair√©, que le peuple et les premiers historiens ont fait Marquis de Sargadelos et qui mettra en marche la premi√®re sid√©rurgie int√©grale de l’Espagne. Apr√®s avoir d√©couvert et identifi√© des r√©servoirs proches du caol√≠n (kaolin), au d√©but du XIXe. Dans ce m√™me complexe vont cr√©er aussi une usine pour la fabrication de fa√Įences que, entre autres innovations, introduisait dans le panorama ib√©rique un dessin particulier de d√©coration m√©canique des vaisselles imprim√©es.

Cependant, au cours de la guerre de l’Ind√©pendance d’Espagne (1808-1813), guerre napol√©onienne, Ib√°√Īez, accus√© par ses ennemis d’√™tre un ¬ęafrancesado¬Ľ, un partisan de Napol√©on, a √©t√© tra√ģn√© par terre jusqu’√† ce qu’il meurt dans les rues de Ribadeo, o√Ļ il avait son ¬ę pazo ¬Ľ (manoir), face √† la passivit√© de l’arm√©e anglaise retranch√©e dans la ville. Cette √©pisode, tragique et injuste a √©t√© l’objet de recherches controvers√©es parmi les historiens, et motif litt√©raire pour un grand nombre d’√©crivains.

Ib√°√Īez assassin√©, ses usines ont eu une subsistance in√©gale jusqu’√† ce qu’elles cessent en 1875, date √† la quelle se consume la fermeture et s’initie la d√©gradation du complexe architectonique.

Sargadelos √©tait un point important pour entreprendre la r√©cup√©ration de l’histoire de la Galice. Et avec sa restauration, na√ģt d’un projet de 1963 du Laboratoire de Formes de Galice, puis soutenu et associ√© par l’exp√©rience acquise des Fa√Įences du Castro depuis 1947.

Par cons√©quent, la convention entre le Laboratoire des Formes, institution con√ßue en Argentine par Luis Seoane et Issac Diaz Pardo, cr√©ateurs artistiques et intellectuels galegistas exil√©s, et Fa√Įences du Castro, ils vont mettre en marche les projets qui avaient cristallis√© avec un secteur exp√©rimental en 1968, qui aboutira finalement, le 10 mai 1970 par l’inauguration de la nouvelle entreprise de Sargadelos dont les buts √©taient de restaurer la m√©moire historique cach√©e par la dictature du g√©n√©ral Franco et de cr√©er en m√™me temps une industrie propre.

L’entreprise a situ√© les installations industrielles hors de l’ancienne enceinte du complexe de Sargadelos, et puis, le Laboratoire de Formes avait demand√© en 1972 que cet ensemble soit prot√©g√© et d√©clar√© d’Historique-Artistique, protection lui fut accord√© cette m√™me ann√©e.

C’est ainsi que, sous la direction de Diaz Pardo, retourn√© en Galice, se fonde √† nouveau la ¬ę¬†Fa√Įencerie de Sargadelos¬†¬Ľ. Depuis lors, des formes traditionnelles galiciennes et des exp√©riences d’avant garde internationales se combinent dans une vari√©t√© infinie de pi√®ces √† usage quotidien ou d√©coratif d’une qualit√© et d’un suc√©es extraordinaires. Parall√®lement, le Groupe Sargadelos est √† l’origine de projets culturels et industriels, devenus fondamentaux dans la Galice actuelle.

Parmi ses initiatives, on peut citer, entre autres, le s√©minaire de Sargadelos, consacr√©e √† la recherche technique, artistique et historique ; √† Sada, d’une part, le mus√©e Carlos Maside d’Art galicien contemporain, d’autre part, le complexe Do Castro : fa√Įence, arts graphiques et maison d’√©dition, ainsi que le Laboratoire g√©ologique de Laxe de la Fondation Parga Pondal ; √† Saint-Jacques-de-Compostelle, l’Institut Galicien de l’Information (IGN) et son auditorium et, finalement, partout en Galice et dans d’autres pays en Europe.

Le Royal Patronat de Sargadelos, qui prot√®ge l’ensemble, a son si√®ge dans la nouvelle reconstruction de la Casa da Administraci√≥n (Maison de l’Administration).

Pontevedra (Galice, Espagne) (Photo : Iv√°n PC)
Pontevedra (Galice, Espagne) (Photo : Iv√°n PC)

L’√©migration, une r√©sistance culturelle et politique

L’√©migration galicienne remonte √† l’√©poque moderne, quand les plus d√©sh√©rit√©s se d√©pla√ßaient vers d’autres lieux de la p√©ninsule Ib√©rique pour r√©aliser, en tant que saisonniers les travaux les plus durs, comme la moisson ou le charriage. Mais, en r√©alit√©, c’est au XVIIIe si√®cle que commen√ßa la v√©ritable diaspora des travailleurs vers les Am√©riques. Tout au long de ce si√®cle, le retard √©conomique, la situation g√©ografique et la politique espagnole ont rendu propice l’exode massif des Galiciens en Am√©rique, au point que que celui-ci a atteint un tiers de la population, un chiffre qui tourne autour des deux millions de personnes. Le nombre d’√©migr√©s originaires de Galice √©tant tellement important que, dans plusieurs pays am√©ricains, il √©tait habituel d’appeler ¬ę¬†Gallegos¬†¬Ľ tous les Espagnols qui s’y installaient.

Avec le temps, ces Galiciens de l’exterieur se sont organis√© dans des associations culturelles et des Ňďuvres de bienfaisance, cr√©ant de grands comit√©s √† La Havane, Buenos Aires, ou Montevideo. Certains parmi les plus fortun√©s ont financ√© la pr√©servation et le rayonnement des traditions et de la langue galiciennes dans l’√©migration, ainsi que la r√©alisation d’Ňďuvres philanthropiques dans leur terre d’origine : travaux publics, √©coles, centres culturels…

L’Am√©rique latine ne pouvait plus s’expliquer sans la Galice (le pr√©sident cubain Fidel Castro ou l’ex-pr√©sident argentin Ra√ļl Alfons√≠n sont descendants de Galiciens) mais, en retour la Galice ne peut pas non plus se comprendre sans l’Am√©rique latine (l’hymne galicien a √©t√© compos√© √† Cuba et partout il existe de traces de l’empreinte ¬ę¬†indiana¬†¬Ľ (des √©migrants retourn√©s), par exemple dans l’architecture ou la botanique).

Au XXe si√®cle, la pr√©occupation civique et ¬ę¬†galleguiste¬†¬Ľ de quelques-unes de ces communaut√©s √©migrantes conflua avec l’attitude revendicative des exil√©s arriv√©s en Am√©rique apr√®s l’√©clatement de la guerre civile. Il s’est alors produit √† l’ext√©rieur un important foyer de r√©sistance culturelle et politique de la sp√©cificit√© galicienne, pers√©cut√©e en Galice par la dictature du g√©n√©ral Franco. Pendant cette p√©riode, une nouvelle √©migration s’est produite, cette fois-ci √† destination des pays de l’Europe centrale, o√Ļ les nouvelles associations √©migrantes ont ainsi √©t√© cr√©es.

Il n’est pas de famille galicienne qui n’ait connu, en cons√©quence, l’√©migration, soit √† travers ses a√Įeux, soit parmi ses proches.

Galiciens célèbres

Ecrivains et artistes de Galice

¬ę¬†Pour les Galiciens, le Finisterre n’a jamais √©t√© le bout, mais le d√©but.¬†¬Ľ dixit Ra√ļl Ricardo Alfons√≠n, premier pr√©sident √©lu d’Argentine et fils de Galicien.

La saignante √©migration galicienne vers les Am√©riques, puis l’Europe, oblige √† mentionner quelques ¬ę¬†fils¬†¬Ľ c√©l√®bres :

  • Manuel Chao, dit Manu Chao, p√®re Galicien et m√®re Basque, n√© √† Paris, chanteur
  • Jos√© Doval, dit Jos√© Garcia, fils de Galiciens, n√© √† Paris, acteur
  • Gabriel Garc√≠a M√°rquez, √©crivain, petit-fils de Galiciens
  • Bernardino Rivadavia, premier pr√©sident argentin 1780-1845, capitaine du ¬ę¬†Tercio de Gallegos¬†¬Ľ d√®s 1807
  • Pedro Benito Camb√≥n, fondateur de San Francisco
  • Fidel Castro, n√© √† Cuba, fils d’un Galicien, pr√©sident de Cuba depuis 1959
  • Ra√ļl Alfons√≠n, ex-president argentin
  • N√©lida Pi√Ī√≥n, fille de Galiciens au Br√©sil
  • Rub√©n Blades, fils de Galiciens √† Panama
  • Ram√≥n Est√©vez, dit Martin Sheen, fils de Galiciens
  • Adolfo P√©rez Esquivel, Prix nobel de la Paix, n√© √† Buenos-Aires
  • Fernando Caldeiro, dit Frank Caldeiro, astronaute √† la NASA, n√© √† Buenos-Aires, fils de Galiciens
  • Lu√≠s Vaz de Cam√Ķens, le plus grand po√®te portugais du XVIe si√®cle (1524 – 1580), une r√©f√©rence nationale pour les Portugais serait n√© √† Lisbonne en 1524. C’est le fils de Sim√£o Vaz de Cam√Ķes, gentilhomme de la maison du roi issu d’une famille originaire de Galice.
  • Miguel de Cervantes Saavedra, connu notamment pour son ouvrage, Don Quichotte, porte le nom ¬ę¬†Saavedra¬†¬Ľ d’origine galicienne par sa m√®re.
  • Julio Iglesias, n√© √† Madrid, chanteur.
  • Castelao, Rianxo (1886-1950) √©crivant journaliste et dessinateur caricaturiste de la revue Nos et profond√©ment nationaliste galicien.
  • Camilo Jos√© Cela, √©crivain et prix Nobel de litt√©rature
  • Ram√≥n Mar√≠a del Valle-Incl√°n
  • Rosal√≠a de Castro
  • Manuel Curros Enr√≠quez
  • Ignacio Ramonet, Redondela, directeur du Monde diplomatique
  • Ram√≥n Chao, √©crivain, journaliste
  • Mar√≠a Casares P√©rez, La Corogne, 1922 – Paris, 1996 – artiste
  • Fernando Casado Arambillet, dit Fernando Rey, La Corogne, 1917 – Madrid, 1994 – Acteur
  • Emilia Pardo Baz√°n
  • Gonzalo Torrente Ballester, O Ferrol (1910-1999)
  • Caroline Otero, dite la belle Otero (Ponte Valga, 1868 – Nice, 1965)
  • Carlos Nu√Īez, musicien
  • Susana Seivane, musicienne
  • Juan Pardo, n√© √† Palma de Majorque, crooner
  • Vicente Risco, √©crivain.

Hommes politiques de Galice

  • Castelao, Rianxo (1886-1950) homme politique, profond√©ment galleguiste
  • Francisco Franco, O Ferrol (1892-1975), g√©n√©ral et chef de l’Etat (Caudillo de Espa√Īa)
  • Pablo Iglesias Posse, O Ferrol (1850-1925), fondateur du PSOE – Parti Socialiste ouvrier espagnol et de l’UGT
  • Concepci√≥n Arenal, O Ferrol (1820-1893), une des initiatrices du f√©minisme espagnol
  • Jos√© Calvo Sotelo, Tuy (1893-1936) √©tait un homme politique espagnol monarchiste de premier plan avant la guerre civile espagnole
  • Ra√ļl Alfons√≠n, premier pr√©sident de la R√©publique d’Argentine [1983-1989]
  • Mariano Rajoy , Pr√©sident du parti populaire espagnol depuis 2004.
  • Manuel Fraga, ancien ministre de Franco, pr√©sident de la Communaut√© Autonome de Galice de 1989 √† 2005
  • Emilio P√©rez Touri√Īo, socialiste, pr√©sident de la Communaut√© Autonome de Galice depuis 2005.
  • Loly Bolay, vice-pr√©sidente du Grand Conseil de la R√©publique et canton de Gen√®ve 2007.

Sportifs de Galice

  • David Cal, champion du monde d’aviron (or √† Ath√®nes 2004)
  • Iv√°n Ra√Īa, champion du monde de triathlon
  • Oscar Pereiro, cest un coureur cycliste

Politique en Galice

Les comp√©tences de la communaut√© autonome de Galice et l’organisation de ces pouvoirs sont d√©finies dans le Statut d’autonomie de Galice qui joue en quelque sorte le r√īle de constitution.

Le pouvoir ex√©cutif est exerc√© par la Xunta de Galicia (¬ęJunte de Galice¬Ľ) √† la t√™te de laquelle se trouve le pr√©sident de la Galice.

Le parlement de Galice, o√Ļ si√®gent 75 d√©put√©s, exerce le pouvoir l√©gislatif. Tous les quatre ans, des √©lections sont organis√©es pour renouveler le parlement.

Histoire de la Galice

GALICE : Construction emblématique de la campagne galicienne: un hórreo ou grenier sur pilotis. Egalement présent dans la région des Asturies

La Galice doit son nom aux anciens Gallaeci, un peuple celte implant√© dans cette r√©gion (jusqu’au fleuve Douro) vers le VIe si√®cle ou Ve si√®cle avant l’√®re chr√©tienne ; ce sont les m√™mes Celtes qui auraient peupl√© la Bretagne et la Galice. Cependant, bien que la langue celte se soit maintenue jusqu’√† l’arriv√©e des envahisseurs romains, elle n’a pas surv√©cu jusqu’√† la fin de l’Empire romain. La Gallaecia devint une province romaine dot√©e d’une certaine autonomie avec ses propres capitales (Braga, Lugo et Astorga).

Au cours des derni√®res d√©cennies de l’Empire romain, soit au d√©but des grandes invasions germaniques, les Su√®ves, un peuple √©tabli entre le Rhin et le Danube, arriv√®rent en Espagne en 409. Les nouveaux envahisseurs s’install√®rent en Galice mais ne purent imposer leur langue, car les Gallaeci continu√®rent de parler le latin qui commen√ßa √† √©voluer diff√©remment de la langue m√®re. L’influence la plus durable laiss√©e par les Romains demeure la langue galicienne qui se d√©veloppa √† partir du latin parl√© dans cette r√©gion. Le latin a donn√© naissance √† toutes les autres langues de la p√©ninsule ib√©rique (castillan, catalan, portugais, galicien, aranais, aragonais, etc.), √† l’exception du basque dont les locuteurs conserv√®rent leur langue d’origine qui n’est apparent√©e √† aucune autre langue connue.

Le royaume de Galice

La conqu√™te romaine (137-22 avant J√©sus-Christ), motiv√©e par la richesse en minerais, a cr√©√©, au fil des si√®cles, une culture o√Ļ les √©l√©ments indig√®nes se sont manifest√©s avec une force croissante. Les voies romaines, les ponts (Bibei, Orense), les murailles (Lugo) et les exploitations agricoles autour des villae changent peu √† peu l’image du pays. La Gallaecia devient une province romaine ind√©pendante avec ses propres capitales, Braga, Lugo et Astorga. Mais la trace fondamentale laiss√©e par les romains demeure la langue galicienne.

Le christianisme change progressivement la religiosit√© populaire, m√™me si celle-ci subsiste √† travers des mythes, des rites et des symbolismes particuli√®rement riches. Au IVe si√®cle, les premiers si√®ges √©piscopaux font leur apparition, les doctrines priscillianistes ayant un singulier succ√®s dans le monde rural. Priscillien finit par √™tre ex√©cut√©, accus√© de magie et d’orgies sexuelles mais il fut consid√©r√© dans la Gallaecia comme un martyr, √† un tel point que les √©v√™ques galiciens, au cours du synode de Tol√®de de 396, refus√®rent de ne pas consid√©rer les priscillianistes comme des martyrs.

En 425-426, les Vandales, un autre peuple germanique, refoul√®rent les Su√®ves et s’√©tablirent √©galement en Galice. Apr√®s une √©poque initiale de conflits, Galiciens, Su√®ves et Vandales s’alli√®rent et fond√®rent un royaume qui dura un si√®cle et demi. C’est √† cette √©poque que la Galice re√ßut le dernier apport ethnique avec l’√©tablissement, au nord de Lugo, d’un important groupe de Bretons. Puis, le roi wisigoth L√©ovigild annexa, en 585, le royaume su√®ve de Galice, qui devint alors une unit√© administrative du royaume wisigoth. Au cours des quelques si√®cles qui suivirent, les divers peuples composant la Galice, c’est-√†-dire les Gal√©√Įco-Romains, les Su√®ves, les Vandales, les Bretons et les Wisigoths, s’int√©gr√®rent socialement et linguistiquement, puis fortifi√®rent leur royaume. Ce fut une √©poque d’√Ęge d’or pour la Galice qui s’√©tendit sur presque toute la c√īte ouest de la p√©ninsule (le Portugal actuel). En 711, les Arabes mirent fin √† la domination wisigothe sur l’ensemble de la p√©ninsule Ib√©rique mais l’influence arabe demeura toujours faible en Galice car, √† part quelques incursions, les Arabes ne s’install√®rent pas dans cette r√©gion.

Sur le plan linguistique, les Galiciens consolid√®rent leur langue, le galicien (gallego), qui se d√©veloppa non seulement en Galice du Nord (l’actuelle communaut√© autonome de Galice), mais aussi dans toute la Galice du Sud (le Portugal d’aujourd’hui). Durant tout le Moyen-√āge, on parlait la m√™me langue en Galice du Nord et en Galice du Sud. Le fleuve Mi√Īo, qui s√©pare la Galice du Nord et la Galice du Sud (Portugal), √©tait au centre de l’aire de la langue commune gale√Įco-portugaise. C’est ce parler commun, caract√©ris√© par des emprunts celtiques et germaniques, qui s’est diffus√© jusqu’au sud du Portugal lors de la Reconqu√™te espagnole sur les Arabes.

Le galicien, une langue et une culture

Langue romane, le galicien a avec le portugais un tronc commun, le gallego-portugu√©s ou galicien-portugais issu du latin, au cours du Moyen √āge. Ce fait a motiv√© la cr√©ation d’une riche litt√©rature m√©di√©vale et a donn√© naissance aux deux langues actuelles : le galicien et le portugais d’une assez forte ressemblance.

Un mouvement linguistique (le reintegracionisme) soutient que le galicien et le portugais ne sont que deux vari√©t√©s de la m√™me langue gallego-luso-brasileiro et que l’actuelle s√©paration entre le portugais officiel et le galicien officiel n’est due qu’√† l’hispanisation normative du galicien (seule vari√©t√© gala√Įco-portugu√©s s’√©crivant avec une orthographe semblable √† celle du castillan).

De fait, selon beaucoup de linguistes, la différence entre le galicien et le portugais parlés est approximativement la même que celle qui sépare les deux variétés du néerlandais parlé : néerlandais des pays-bas et flamand de belgique (ces deux variétés partagent par contre la même orthographe). Un Galicien et un Portugais se comprennent donc assez bien.

Le plus ancien document connu √©crit en galicien a √©t√© r√©cemment trouv√©. Il date de l’ann√©e 1228 et s’appelle le Foro do bo burgo do Castro Caldelas. Il a √©t√© accord√© par Alphonse IX en avril de cette ann√©e √† la ville d’Orense, d’Allariz.

La culture de la Galice est indissociable de cette langue et maintient vivante une tradition comportant des √©l√©ments celtes, h√©rit√©e des peuples celtes √©tablis dans les ¬ę castros ¬Ľ avant l’arriv√©e des Romains.

Apr√®s la d√©cadence culturelle de l’√©poque moderne, le galicien et sa litt√©rature ont ressurgi avec la renaissance du XIXe si√®cle, appel√© le si√®cle du Rexurdimento et avec la p√©riode Nos (¬ę Nous ¬Ľ) du premier tiers du XXe. Malgr√© l’interruption du processus, √† cause de la guerre d’Espagne et de la dictature franquiste, la culture galicienne s’est √† nouveau impos√©e progressivement depuis les ann√©es cinquante jusqu’√† nos jours. Avec l’arriv√©e de l’autonomie en 1981, le galicien est devenu langue officielle avec le castillan en Galice.

Le galicien est enseign√© √† l’√©cole primaire et il est langue v√©hiculaire importante dans l’enseignement secondaire et dans les trois universit√©s du territoire galicien : celle de Saint-Jacques-de-Compostelle (avec son campus de Lugo), celle de La Corogne (avec son campus √† Ferrol et celle de Vigo (avec deux campus, √† Ourense et √† Pontevedra).

La séparation du galicien et du portugais

Soumise par les rois des Asturies au VIIIe si√®cle, la Galice fut r√©unie au royaume de Le√≥n et de Castille en 1071. En 1230, sous le r√®gne de Ferdinand III de Castille, le royaume de Galice s’int√©gra d√©finitivement √† la monarchie castillane de L√©on et de Castille. Auparavant, une partie de la Galice du Sud (le nord du Portugal actuel) √©tait devenue ind√©pendante, puis le royaume du Portugal se constitua d√©finitivement en 1139 avec les fronti√®res actuelles.

D√®s lors, la fronti√®re politique qui se fixa d√©finitivement entre le Portugal et la Galice produisit peu √† peu ses effets sur la langue commune gale√Įco-portugaise. Cette langue, pourtant n√©e en Galice du Nord, qui s’√©tait implant√©e au sud lors de la Reconqu√™te espagnole contre les Arabes, fut coup√©e de ses racines galiciennes et subit des influences diff√©rentes. Ainsi, alors que le galicien du Nord (gal√©√Įco-castillan) commen√ßait √† √™tre colonis√© par l’Espagne et empruntait massivement au castillan, le galicien du Sud (gale√Įco-portugais) subit l’influence arabe, puis, plus tard, soumis √† la dynastie des ducs de Bourgogne et √† l’influence des moines de Cluny (c√©l√®bre abbaye de Bourgogne), il emprunta une partie de son vocabulaire au fran√ßais. √Ä partir de 1500, le terme portugais rempla√ßa d√©finitivement celui de gallego pour d√©signer la langue parl√©e par les Portugais, ce qui scella la fragmentation du gallego en deux langues.

Dans les si√®cles qui suivirent, les Galiciens furent de plus en plus influenc√©s par le castillan qui impr√©gna massivement leur langue. Toutefois, encore aujourd’hui, Portugais et Galiciens parlant leur langue gale√Įco-portugaise (et non le gale√Įco-castillan) peuvent ais√©ment se comprendre, en d√©pit des diff√©rences phon√©tiques, grammaticales et surtout lexicales. √Ä l’√©crit, le galicien et le portugais demeurent assez semblables, exception faite, bien entendu, des diff√©rences lexicales parfois importantes.

Le déclin du galicien

Durant tout le XVIe si√®cle, une derni√®re p√©riode de prosp√©rit√© √©conomique en Galice entra√ģna une explosion d√©mographique et un d√©veloppement artistique et linguistique qui atteindra son point culminant √† l’√©poque baroque. Cependant, l’absolutisme royal, la religion catholique et la culture castillane officielle, les trois forces majeures qui devaient unir l’Espagne, ont fait en sorte que le galicien, exclu de tout usage officiel, fut consid√©r√© comme une langue pouvant seulement √™tre utilis√©e dans les communications orales informelles. Il s’ensuivit une longue p√©riode sombre appel√©e les Siglos Oscuros (les Si√®cles sombres), qui ne se terminera qu’avec l’av√®nement de la d√©mocratie en 1975. La Galice poursuivit son d√©clin au XIXe si√®cle et demeura coup√©e du reste de l’Espagne. Pour diverses raisons, la modernisation rurale n’a pas √©t√© possible en Galice, qui sortit du XIXe si√®cle avec une √©conomie sous-d√©velopp√©e et exclusivement agricole, ce qui entra√ģna une √©migration massive vers l’Espagne d’abord, puis √† l’ext√©rieur du pays. Entre 1860 et 1936, la plupart des Galiciens √©migrants sont partis pour Cuba, l’Argentine, le Br√©sil et le Venezuela. La Galice prit alors un retard consid√©rable sur le reste de l’Espagne et la langue galicienne resta confin√©e aux communications orales et perdit tout prestige social.

Ce n’est certes pas le r√©gime autoritaire de Francisco Franco (1936-1975), lequel avait m√™me interdit l’usage du galicien, qui favorisa la restauration de la langue galicienne.

Dans les ann√©es 50, l’√©migration galicienne s’est poursuivie vers l’Europe centrale (Royaume-Uni, France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique et Suisse) ainsi que dans les principaux centres industriels de l’Espagne (Catalogne, Pays basque et R√©gion de Madrid).

Cette saignée de la population a commencé à ralentir au début des années soixante-dix.

Puis, une fois pass√© le r√©gime de la dictature franquiste (1975), la Galice a pu enfin b√©n√©ficier d’un statut d’autonomie o√Ļ sa condition de nationalit√© a √©t√© proclam√©e en vertu des dispositions de la Constitution espagnole de 1978.

La Communauté autonome de Galice a alors été instituée et le galicien fut reconnu co-officiel avec le castillan.

L’utilisation de la langue par la population est en diminution depuis ces derni√®res ann√©es dans les secteurs ruraux au profit du castillan (espagnol). Cette langue est influente dans les centres urbains depuis plus longtemps encore.

Malgré cette évolution historique en faveur du castillan, une récente étude sur les coutumes idiomatiques de la population galicienne montre que 80% de cette population pratique toujours le galicien.

De nombreux Galiciens √©migr√®rent au Br√©sil et en Argentine, √† tel point que l’on surnomme aujourd’hui gallego (¬ę¬†galicien¬†¬Ľ en fran√ßais) les personnes blondes et √† la couleur claire au Br√©sil. Encore aujourd’hui, dans la plus grande partie de l’Am√©rique latine, tous les habitants venant d’Espagne ou vivant dans ces pays on les appelle encore, les Galiciens, quelque soit leurs origines r√©gionales.

La Galice possède le statut de communauté autonome depuis le 28 avril 1981.

Le 13 novembre 2002, le Prestige avait fait naufrage √† 270 km des c√ītes. Le fioul avait atteint les plages galiciennes. (Source)