Galice

GALICELa Galice est une communauté autonome située dans le nord-ouest de l’Espagne. La Galice est entourée par les Asturies, Castille et León, le Portugal et l’océan Atlantique. La Galice recouvre une superficie de 29 574 km² et comptait 2 737 370 habitants en 2003.

La Galice se compose de quatre provinces : La Corogne, Lugo, Orense et Pontevedra. Saint-Jacques-de-Compostelle est la capitale de la communauté autonome.

Les deux langues officielles de la Galice sont le castillan et le galicien.

Géographie de la Galice

La Galice couvre une superficie de 29 574 km² (presque la comme la Belgique) et possède 1300 km de côtes. À l’époque romaine la Galice disposait d’importantes ressources d’or, d’argent et d’étain.

La Galice est une zone géographique limitée au nord et à l’ouest par l’océan Atlantique, à l’est par une chaîne montagneuse (Os Ancares) et au sud par le fleuve le plus important de la péninsule ibérique par son débit (O Miño).

La région est divisée en 4 provinces, 53 comarcas (cantons), 316 concellos (communes), 3847 paroisses et 31 855 « noyaux de population » (la moitié de toute l’Espagne qui en compte 63 613) ou « aldeas » (hameaux). Mais la paroisse est pour le galicien, la référence absolue. Il est commun, si vous demandez à un Galicien d’où il vient, qu’il vous réponde par le nom de sa paroisse.

L’origine de ces paroisses est due aux Suèves, peuple germanique qui fonda un des premiers royaumes chrétiens d’Europe vers 410. Un document de l’an 569 atteste de cette organisation admistrative, le « Parochiale Suevorum ».

Villes de Galice

La Galice se caractérise, à la différence d’autres régions espagnoles, par l’absence d’une métropole dominant le territoire. En effet, l’armature urbaine est constituée de plusieurs villes moyennes qui maillent la région :

SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE

  • Vigo (300 000 habitants)
  • La Corogne (250 000 habitants)
  • Ourense (Orense) (110 000 habitants)
  • Saint-Jacques de Compostelle (90 000 habitants)
  • Lugo (90 000 habitants)
  • Ferrol (80 000 habitants)
  • Pontevedra (80 000 habitants)
  • Vilagarcía de Arousa (35 000 habitants)
  • Narón (35 000 habitants)
  • Redondela (30 000 habitants)
  • Monforte de Lemos (12 000 habitants)

Culture en Galice

La Galice est connue pour le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. On assiste aussi depuis quelques années à un retour de la musique traditionnelle galicienne et notamment de la Gaita, la cornemuse locale. Une très grande influence celtique est présente dans la culture galicienne, qu’il s’agisse de musique ou de coutumes. Plusieurs légendes et histoires populaires de la Galice ont les mêmes origines que celles connues dans d’autres régions à influence celtique, par exemple l’Irlande.

L’intime art roman galicien
La Galice compte le plus grand nombre de bâtiments romans en Espagne, même si une telle richesse patrimoniale n’est pas divulguée comme dans d’autres lieux de la péninsule. Seulement un certain retard dans le catalogue de ces monuments a empêché que cette région soit évaluée comme elle le mérite dans un contexte de l’art roman hispanique ; l’histoire et l’évolution de l’art galicien roman passe par une série de phases et vicissitudes trop complexes pour les détailler ici.

Tout au long du Moyen-Âge s’est développée en Galice une période de construction où prédomina l’art roman, dans les grandes cathédrales comme celle de Saint-Jacques-de-Compostelle, aussi bien que dans les monastères, comme ceux de la Ribeira Sacra, caractérisé par l’importance des monuments, véritables plaques fortes de l’architecture médiévale. Mais l’art roman s’est aussi imposé dans des centaines de paroisses rurales, éparpillées un peu partout dans le territoire, plus particulièrement dans la centre de la Galice.

À la tête du roman galicien on trouve la cathédrale Saint Jacques-de-Compostelle mais la Galice est riche en cathédrales médiévales, comme Lugo, Ourense, Tui et Mondoñedo. Les zones à l’interieur , là où les quatre provinces sont presque unies dans un seul point, on retrouve l’une des plus grandes concentrations d’art roman de toute l’Espagne.

GALICE : rose des vents représentant les différentes peuples celtes, au pied de la Tour d’Hercules, phare romain de Galice

Tout le long aussi de la côte atlantique, depuis Pontevedra jusqu’à Lugo, passant par La Corogne, l’art roman rural est étendu spécialement aussi aux côtes de Pontevedra et du golfe Ártabro de La Corogne et jusqu’à d’autres zones plus éloignées de la côte, dans toute la vallée verte ou montagneuse on avait érigé des centaines de paroisses rurales. Quelques communes ont plusieurs églises romanes, des temples paroissiaux et des ermites de la plus grande qualité artistique. Elles passent souvent inaperçues aux regards d’un public non averti.

La force visuelle des ces bâtiments de granit, presque tous bien conservés sauf par l’action directe de l’homme, est une rendue consubstantielle au territoire galicien.

Une autre caractéristique de cet art galicien est sa conservation dans le temps et la persistance de l’architecture des formes romanes pendant les siècles du bas Moyen Áge. Bien que quelques innovations gothiques aient été utilisées, les couvents et les temples ruraux des siècles XIIIe au XVe, lesquels presque tous, perdurent de claires réminiscences romanes, spécialement dérivées du monde « mateano » (du maître Mateo) de la cathédrale de saint Jacques de Compostelle.

L’intime simplicité de cet art s’est pleinement identifié avec l’esprit de recueillement du paysage et de la dévotion galicienne. Dans les hameaux ou lieux-dits, aujourd’hui isolés, des chemins en marge des routes touristiques habituelles conduisent vers ces témoins de tant d’histoire. Pour les visiter, il faut s’adresser sans réticence aux habitants du village qui gardent les clés des chapelles et connaissent plus d’une histoire sur leur passé. Parfois abandonné par l’Église et par l’administration, parfois victimes de restaurations sauvages, ce patrimoine garde encore, dans son granit séculaire, la finesse d’un loup, à San Miguel d’Eiré, les signes lapidaires séculaires des tailleurs, ou des jalousies d’inspiration celtique encastrées avec d’autres pierres de taille pré-romanes, dans les murs de l’église de saint Estevo d’Atán. Pierre dans la pierre, le monde galaïco a toujours été dans cette superposition de cultures et de civilisations.

Photos de Galice

La faïence de Sargadelos
Le complexe industrielle et culturel de Sargadelos répond à un projet intégral et moderne d’une grande importance pour la Galice, l’entreprise, dont les origines remontent à deux siècles en arrière, vers la fin du XVIIIe, pour renaître au XXe siècle et contribue ainsi à la récupération de la mémoire du pays et une utilisation des ressources naturelles de la région, où industrie et dimension artistique sont en relation étroitement liées.

L’initiateur du projet fut l’illustre galicien-asturien, Antonio Raimundo Ibáñez Llano y Valdés, libéral éclairé, que le peuple et les premiers historiens ont fait Marquis de Sargadelos et qui mettra en marche la première sidérurgie intégrale de l’Espagne. Après avoir découvert et identifié des réservoirs proches du caolín (kaolin), au début du XIXe. Dans ce même complexe vont créer aussi une usine pour la fabrication de faïences que, entre autres innovations, introduisait dans le panorama ibérique un dessin particulier de décoration mécanique des vaisselles imprimées.

Cependant, au cours de la guerre de l’Indépendance d’Espagne (1808-1813), guerre napoléonienne, Ibáñez, accusé par ses ennemis d’être un «afrancesado», un partisan de Napoléon, a été traîné par terre jusqu’à ce qu’il meurt dans les rues de Ribadeo, où il avait son « pazo » (manoir), face à la passivité de l’armée anglaise retranchée dans la ville. Cette épisode, tragique et injuste a été l’objet de recherches controversées parmi les historiens, et motif littéraire pour un grand nombre d’écrivains.

GALICE

Ibáñez assassiné, ses usines ont eu une subsistance inégale jusqu’à ce qu’elles cessent en 1875, date à la quelle se consume la fermeture et s’initie la dégradation du complexe architectonique.

Sargadelos était un point important pour entreprendre la récupération de l’histoire de la Galice. Et avec sa restauration, naît d’un projet de 1963 du Laboratoire de Formes de Galice, puis soutenu et associé par l’expérience acquise des Faïences du Castro depuis 1947.

Par conséquent, la convention entre le Laboratoire des Formes, institution conçue en Argentine par Luis Seoane et Issac Diaz Pardo, créateurs artistiques et intellectuels galegistas exilés, et Faïences du Castro, ils vont mettre en marche les projets qui avaient cristallisé avec un secteur expérimental en 1968, qui aboutira finalement, le 10 mai 1970 par l’inauguration de la nouvelle entreprise de Sargadelos dont les buts étaient de restaurer la mémoire historique cachée par la dictature du général Franco et de créer en même temps une industrie propre.

L’entreprise a situé les installations industrielles hors de l’ancienne enceinte du complexe de Sargadelos, et puis, le Laboratoire de Formes avait demandé en 1972 que cet ensemble soit protégé et déclaré d’Historique-Artistique, protection lui fut accordé cette même année.

C’est ainsi que, sous la direction de Diaz Pardo, retourné en Galice, se fonde à nouveau la « Faïencerie de Sargadelos ». Depuis lors, des formes traditionnelles galiciennes et des expériences d’avant garde internationales se combinent dans une variété infinie de pièces à usage quotidien ou décoratif d’une qualité et d’un sucées extraordinaires. Parallèlement, le Groupe Sargadelos est à l’origine de projets culturels et industriels, devenus fondamentaux dans la Galice actuelle.

Parmi ses initiatives, on peut citer, entre autres, le séminaire de Sargadelos, consacrée à la recherche technique, artistique et historique ; à Sada, d’une part, le musée Carlos Maside d’Art galicien contemporain, d’autre part, le complexe Do Castro : faïence, arts graphiques et maison d’édition, ainsi que le Laboratoire géologique de Laxe de la Fondation Parga Pondal ; à Saint-Jacques-de-Compostelle, l’Institut Galicien de l’Information (IGN) et son auditorium et, finalement, partout en Galice et dans d’autres pays en Europe.

Le Royal Patronat de Sargadelos, qui protège l’ensemble, a son siège dans la nouvelle reconstruction de la Casa da Administración (Maison de l’Administration).

L’émigration, une résistance culturelle et politique
L’émigration galicienne remonte à l’époque moderne, quand les plus déshérités se déplaçaient vers d’autres lieux de la péninsule Ibérique pour réaliser, en tant que saisonniers les travaux les plus durs, comme la moisson ou le charriage. Mais, en réalité, c’est au XVIIIe siècle que commença la véritable diaspora des travailleurs vers les Amériques. Tout au long de ce siècle, le retard économique, la situation géografique et la politique espagnole ont rendu propice l’exode massif des Galiciens en Amérique, au point que que celui-ci a atteint un tiers de la population, un chiffre qui tourne autour des deux millions de personnes. Le nombre d’émigrés originaires de Galice étant tellement important que, dans plusieurs pays américains, il était habituel d’appeler « Gallegos » tous les Espagnols qui s’y installaient.

Avec le temps, ces Galiciens de l’exterieur se sont organisé dans des associations culturelles et des œuvres de bienfaisance, créant de grands comités à la Havane, Buenos Aires, ou Montevideo. Certains parmi les plus fortunés ont financé la préservation et le rayonnement des traditions et de la langue galiciennes dans l’émigration, ainsi que la réalisation d’œuvres philanthropiques dans leur terre d’origine : travaux publics, écoles, centres culturels…

L’Amérique latine ne pouvait plus s’expliquer sans la Galice (le président cubain Fidel Castro ou l’ex-président argentin Raúl Alfonsín sont descendants de Galiciens) mais, en retour la Galice ne peut pas non plus se comprendre sans l’Amérique latine (l’hymne galicien a été composé à Cuba et partout il existe de traces de l’empreinte « indiana » (des émigrants retournés), par exemple dans l’architecture ou la botanique).

Au XXe siècle, la préoccupation civique et « galleguiste » de quelques-unes de ces communautés émigrantes conflua avec l’attitude revendicative des exilés arrivés en Amérique après l’éclatement de la guerre civile. Il s’est alors produit à l’extérieur un important foyer de résistance culturelle et politique de la spécificité galicienne, persécutée en Galice par la dictature du général Franco. Pendant cette période, une nouvelle émigration s’est produite, cette fois-ci à destination des pays de l’Europe centrale, où les nouvelles associations émigrantes ont ainsi été crées.

Il n’est pas de famille galicienne qui n’ait connu, en conséquence, l’émigration, soit à travers ses aïeux, soit parmi ses proches.

Vidéo de la Galice

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Galiciens célèbres

Enfants de Galiciens
« Pour les Galiciens, le Finisterre n’a jamais été le bout, mais le début. » dixit Raúl Ricardo Alfonsín, premier président élu d’Argentine et fils de Galicien.

La saignante émigration galicienne vers les Amériques, puis l’Europe, oblige à mentionner quelques « fils » célèbres :

  • Manuel Chao, dit Manu Chao, père Galicien et mère Basque, né à Paris, chanteur
  • José Doval, dit José Garcia, fils de Galiciens, né à Paris, acteur
  • Gabriel García Márquez, petit-fils de Galiciens
  • Bernardino Rivadavia, premier président argentin 1780-1845, capitaine du « Tercio de Gallegos » dès 1807
  • Pedro Benito Cambón, fondateur de San Francisco
  • Fidel Castro, né à Cuba, fils d’un Galicien, président de Cuba depuis 1959
  • Raúl Alfonsín, ex-president argentin
  • Nélida Piñón, fille de Galiciens au Brésil
  • Rubén Blades, fils de Galiciens à Panama
  • Ramón Estévez, dit Martin Sheen, fils de Galiciens
  • Adolfo Pérez Esquivel, prix nobel de la Paix, né à Buenos-Aires
  • Fernando Caldeiro, dit Frank Caldeiro, astronaute à la NASA, né à Buenos-Aires, fils de Galiciens
  • Luís Vaz de Camõens, le plus grand poète portugais du XVIe siècle (1524 – 1580), une référence nationale pour les Portugais serait né à Lisbonne en 1524. C’est le fils de Simão Vaz de Camões, gentilhomme de la maison du roi issu d’une famille originaire de Galice.
  • Miguel de Cervantes Saavedra, connu notamment pour son ouvrage, Don Quichotte, porte le nom « Saavedra » d’origine galicienne par sa mère.
  • Julio Iglesias, né à Madrid, crooner.

Écrivains et artistes

  • Castelao, Rianxo (1886-1950) écrivant journaliste et dessinateur caricaturiste de la revue Nos et profondément nationaliste galicien.
  • Camilo José Cela, écrivain et prix Nobel de littérature
  • Ramón María del Valle-Inclán
  • Rosalía de Castro
  • Manuel Curros Enríquez
  • Ignacio Ramonet, Redondela, directeur du Monde diplomatique
  • Ramón Chao, écrivain, journaliste
  • María Casares Pérez, La Corogne, 1922 – Paris, 1996 – artiste
  • Fernando Casado Arambillet, dit Fernando Rey, La Corogne, 1917 – Madrid, 1994 – Acteur
  • Emilia Pardo Bazán
  • Gonzalo Torrente Ballester, O Ferrol (1910-1999)
  • Caroline Otero, dite la belle Otero (Ponte Valga, 1868 – Nice, 1965)
  • Carlos Nuñez, musicien
  • Susana Seivane, musicienne
  • Juan Pardo, né à Palma de Majorque, crooner
  • Vicente Risco, écrivain.

Hommes politiques

  • Castelao, Rianxo (1886-1950) homme politique, profondément galleguiste
  • Francisco Franco, O Ferrol (1892-1975), général et chef de l’Etat (Caudillo de España)
  • Pablo Iglesias Posse, O Ferrol (1850-1925), fondateur du PSOE – Parti Socialiste ouvrier espagnol et de l’UGT
  • Concepción Arenal, O Ferrol (1820-1893), une des initiatrices du féminisme espagnol
  • José Calvo Sotelo, Tuy (1893-1936) était un homme politique espagnol monarchiste de premier plan avant la guerre civile espagnole
  • Raúl Alfonsín, premier président de la République d’Argentine [1983-1989]
  • Mariano Rajoy , Président du parti populaire espagnol depuis 2004.
  • Manuel Fraga, ancien ministre de Franco, président de la Communauté Autonome de Galice de 1989 à 2005
  • Emilio Pérez Touriño, socialiste, président de la Communauté Autonome de Galice depuis 2005.
  • Loly Bolay, vice-présidente du Grand Conseil de la République et canton de Genève 2007.

Sportifs

  • David Cal, champion du monde d’aviron (or à Athènes 2004)
  • Iván Raña, champion du monde de triathlon
  • Oscar Pereiro, cest un coureur cycliste

Politique de la Galice

Les compétences de la communauté autonome de Galice et l’organisation de ces pouvoirs sont définies dans le Statut d’autonomie de Galice qui joue en quelque sorte le rôle de constitution.

Le pouvoir exécutif est exercé par la Xunta de Galicia («Junte de Galice») à la tête de laquelle se trouve le président de la Galice.

Le parlement de Galice, où siègent 75 députés, exerce le pouvoir législatif. Tous les quatre ans, des élections sont organisées pour renouveler le parlement.

Histoire de la Galice

GALICE : Construction emblématique de la campagne galicienne: un hórreo ou grenier sur pilotis. Egalement présent dans la région des Asturies

La Galice doit son nom aux anciens Gallaeci, un peuple celte implanté dans cette région (jusqu’au fleuve Douro) vers le VIe siècle ou Ve siècle avant l’ère chrétienne ; ce sont les mêmes Celtes qui auraient peuplé la Bretagne et la Galice. Cependant, bien que la langue celte se soit maintenue jusqu’à l’arrivée des envahisseurs romains, elle n’a pas survécu jusqu’à la fin de l’Empire romain. La Gallaecia devint une province romaine dotée d’une certaine autonomie avec ses propres capitales (Braga, Lugo et Astorga).

Au cours des dernières décennies de l’Empire romain, soit au début des grandes invasions germaniques, les Suèves, un peuple établi entre le Rhin et le Danube, arrivèrent en Espagne en 409. Les nouveaux envahisseurs s’installèrent en Galice mais ne purent imposer leur langue, car les Gallaeci continuèrent de parler le latin qui commença à évoluer différemment de la langue mère. L’influence la plus durable laissée par les Romains demeure la langue galicienne qui se développa à partir du latin parlé dans cette région. Le latin a donné naissance à toutes les autres langues de la péninsule ibérique (castillan, catalan, portugais, galicien, aranais, aragonais, etc.), à l’exception du basque dont les locuteurs conservèrent leur langue d’origine qui n’est apparentée à aucune autre langue connue.

Le royaume de Galice

La conquête romaine (137-22 avant Jésus-Christ), motivée par la richesse en minerais, a créé, au fil des siècles, une culture où les éléments indigènes se sont manifestés avec une force croissante. Les voies romaines, les ponts (Bibei, Orense), les murailles (Lugo) et les exploitations agricoles autour des villae changent peu à peu l’image du pays. La Gallaecia devient une province romaine indépendante avec ses propres capitales, Braga, Lugo et Astorga. Mais la trace fondamentale laissée par les romains demeure la langue galicienne.

Le christianisme change progressivement la religiosité populaire, même si celle-ci subsiste à travers des mythes, des rites et des symbolismes particulièrement riches. Au IVe siècle, les premiers sièges épiscopaux font leur apparition, les doctrines priscillianistes ayant un singulier succès dans le monde rural. Priscillien finit par être exécuté, accusé de magie et d’orgies sexuelles mais il fut considéré dans la Gallaecia comme un martyr, à un tel point que les évêques galiciens, au cours du synode de Tolède de 396, refusèrent de ne pas considérer les priscillianistes comme des martyrs.

DRAPEAU DE LA GALICE

En 425-426, les Vandales, un autre peuple germanique, refoulèrent les Suèves et s’établirent également en Galice. Après une époque initiale de conflits, Galiciens, Suèves et Vandales s’allièrent et fondèrent un royaume qui dura un siècle et demi. C’est à cette époque que la Galice reçut le dernier apport ethnique avec l’établissement, au nord de Lugo, d’un important groupe de Bretons. Puis, le roi wisigoth Léovigild annexa, en 585, le royaume suève de Galice, qui devint alors une unité administrative du royaume wisigoth. Au cours des quelques siècles qui suivirent, les divers peuples composant la Galice, c’est-à-dire les Galéïco-Romains, les Suèves, les Vandales, les Bretons et les Wisigoths, s’intégrèrent socialement et linguistiquement, puis fortifièrent leur royaume. Ce fut une époque d’âge d’or pour la Galice qui s’étendit sur presque toute la côte ouest de la péninsule (le Portugal actuel). En 711, les Arabes mirent fin à la domination wisigothe sur l’ensemble de la péninsule Ibérique mais l’influence arabe demeura toujours faible en Galice car, à part quelques incursions, les Arabes ne s’installèrent pas dans cette région.

Sur le plan linguistique, les Galiciens consolidèrent leur langue, le galicien (gallego), qui se développa non seulement en Galice du Nord (l’actuelle communauté autonome de Galice), mais aussi dans toute la Galice du Sud (le Portugal d’aujourd’hui). Durant tout le Moyen-Âge, on parlait la même langue en Galice du Nord et en Galice du Sud. Le fleuve Miño, qui sépare la Galice du Nord et la Galice du Sud (Portugal), était au centre de l’aire de la langue commune galeïco-portugaise. C’est ce parler commun, caractérisé par des emprunts celtiques et germaniques, qui s’est diffusé jusqu’au sud du Portugal lors de la Reconquête espagnole sur les Arabes.

Le galicien, une langue et une culture

Langue romane, le galicien a avec le portugais un tronc commun, le gallego-portugués ou galicien-portugais issu du latin, au cours du Moyen Âge. Ce fait a motivé la création d’une riche littérature médiévale et a donné naissance aux deux langues actuelles : le galicien et le portugais d’une assez forte ressemblance.

Un mouvement linguistique (le reintegracionisme) soutient que le galicien et le portugais ne sont que deux variétés de la même langue gallego-luso-brasileiro et que l’actuelle séparation entre le portugais officiel et le galicien officiel n’est due qu’à l’hispanisation normative du galicien (seule variété galaïco-portugués s’écrivant avec une orthographe semblable à celle du castillan).

De fait, selon beaucoup de linguistes, la différence entre le galicien et le portugais parlés est approximativement la même que celle qui sépare les deux variétés du néerlandais parlé : néerlandais des pays-bas et flamand de belgique (ces deux variétés partagent par contre la même orthographe). Un Galicien et un Portugais se comprennent donc assez bien.

Le plus ancien document connu écrit en galicien a été récemment trouvé. Il date de l’année 1228 et s’appelle le Foro do bo burgo do Castro Caldelas. Il a été accordé par Alphonse IX en avril de cette année à la ville d’Orense, d’Allariz.

La culture de la Galice est indissociable de cette langue et maintient vivante une tradition comportant des éléments celtes, héritée des peuples celtes établis dans les « castros » avant l’arrivée des Romains.

Après la décadence culturelle de l’époque moderne, le galicien et sa littérature ont ressurgi avec la renaissance du XIXe siècle, appelé le siècle du Rexurdimento et avec la période Nos (« Nous ») du premier tiers du XXe. Malgré l’interruption du processus, à cause de la guerre d’Espagne et de la dictature franquiste, la culture galicienne s’est à nouveau imposée progressivement depuis les années cinquante jusqu’à nos jours. Avec l’arrivée de l’autonomie en 1981, le galicien est devenu langue officielle avec le castillan en Galice.

Le galicien est enseigné à l’école primaire et il est langue véhiculaire importante dans l’enseignement secondaire et dans les trois universités du territoire galicien : celle de Saint-Jacques-de-Compostelle (avec son campus de Lugo), celle de La Corogne (avec son campus à Ferrol et celle de Vigo (avec deux campus, à Ourense et à Pontevedra).

La séparation du galicien et du portugais

Soumise par les rois des Asturies au VIIIe siècle, la Galice fut réunie au royaume de León et de Castille en 1071. En 1230, sous le règne de Ferdinand III de Castille, le royaume de Galice s’intégra définitivement à la monarchie castillane de Léon et de Castille. Auparavant, une partie de la Galice du Sud (le nord du Portugal actuel) était devenue indépendante, puis le royaume du Portugal se constitua définitivement en 1139 avec les frontières actuelles.

Dès lors, la frontière politique qui se fixa définitivement entre le Portugal et la Galice produisit peu à peu ses effets sur la langue commune galeïco-portugaise. Cette langue, pourtant née en Galice du Nord, qui s’était implantée au sud lors de la Reconquête espagnole contre les Arabes, fut coupée de ses racines galiciennes et subit des influences différentes. Ainsi, alors que le galicien du Nord (galéïco-castillan) commençait à être colonisé par l’Espagne et empruntait massivement au castillan, le galicien du Sud (galeïco-portugais) subit l’influence arabe, puis, plus tard, soumis à la dynastie des ducs de Bourgogne et à l’influence des moines de Cluny (célèbre abbaye de Bourgogne), il emprunta une partie de son vocabulaire au français. À partir de 1500, le terme portugais remplaça définitivement celui de gallego pour désigner la langue parlée par les Portugais, ce qui scella la fragmentation du gallego en deux langues.

Dans les siècles qui suivirent, les Galiciens furent de plus en plus influencés par le castillan qui imprégna massivement leur langue. Toutefois, encore aujourd’hui, Portugais et Galiciens parlant leur langue galeïco-portugaise (et non le galeïco-castillan) peuvent aisément se comprendre, en dépit des différences phonétiques, grammaticales et surtout lexicales. À l’écrit, le galicien et le portugais demeurent assez semblables, exception faite, bien entendu, des différences lexicales parfois importantes.

Le déclin du galicien

Durant tout le XVIe siècle, une dernière période de prospérité économique en Galice entraîna une explosion démographique et un développement artistique et linguistique qui atteindra son point culminant à l’époque baroque. Cependant, l’absolutisme royal, la religion catholique et la culture castillane officielle, les trois forces majeures qui devaient unir l’Espagne, ont fait en sorte que le galicien, exclu de tout usage officiel, fut considéré comme une langue pouvant seulement être utilisée dans les communications orales informelles. Il s’ensuivit une longue période sombre appelée les Siglos Oscuros (les Siècles sombres), qui ne se terminera qu’avec l’avènement de la démocratie en 1975. La Galice poursuivit son déclin au XIXe siècle et demeura coupée du reste de l’Espagne. Pour diverses raisons, la modernisation rurale n’a pas été possible en Galice, qui sortit du XIXe siècle avec une économie sous-développée et exclusivement agricole, ce qui entraîna une émigration massive vers l’Espagne d’abord, puis à l’extérieur du pays. Entre 1860 et 1936, la plupart des Galiciens émigrants sont partis pour Cuba, l’Argentine, le Brésil et le Venezuela. La Galice prit alors un retard considérable sur le reste de l’Espagne et la langue galicienne resta confinée aux communications orales et perdit tout prestige social.

Ce n’est certes pas le régime autoritaire de Francisco Franco (1936-1975), lequel avait même interdit l’usage du galicien, qui favorisa la restauration de la langue galicienne.

Dans les années cinquante, l’émigration galicienne s’est poursuivie vers l’Europe centrale (Royaume-Uni, France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique et Suisse) ainsi que dans les principaux centres industriels de l’Espagne (Catalogne, Pays basque et Région de Madrid).

Cette saignée de la population a commencé à ralentir au début des années soixante-dix.

GALICE

Puis, une fois passé le régime de la dictature franquiste (1975), la Galice a pu enfin bénéficier d’un statut d’autonomie où sa condition de nationalité a été proclamée en vertu des dispositions de la Constitution espagnole de 1978.

La Communauté autonome de Galice a alors été instituée et le galicien fut reconnu co-officiel avec le castillan.

L’utilisation de la langue par la population est en diminution depuis ces dernières années dans les secteurs ruraux au profit du castillan (espagnol). Cette langue est influente dans les centres urbains depuis plus longtemps encore.

Malgré cette évolution historique en faveur du castillan, une récente étude sur les coutumes idiomatiques de la population galicienne montre que 80% de cette population pratique toujours le galicien.

De nombreux Galiciens émigrèrent au Brésil et en Argentine, à tel point que l’on surnomme aujourd’hui gallego (« galicien » en français) les personnes blondes et à la couleur claire au Brésil. Encore aujourd’hui, dans la plus grande partie de l’Amérique latine, tous les habitants venant d’Espagne ou vivant dans ces pays on les appelle encore, les Galiciens, quelque soit leurs origines régionales.

La Galice possède le statut de communauté autonome depuis le 28 avril 1981.

Le 13 novembre 2002, le Prestige avait fait naufrage à 270 km des côtes. Le fioul avait atteint les plages galiciennes.

(Source, licence GFDL)