Majorque

Palma de Majorque (Palma de Mallorca) : la cathédrale

Majorque (Mallorca en espagnol et catalan) est la plus grande des îles Baléares (dont l’archipel comprend également Minorque, Ibiza et Formentera), en mer Méditerranée, au large de Barcelone.

L’île de Majorque compte environ 730 000 habitants. Sa capitale est Palma de Mallorca, Palma de Majorque. Elle comprend 6 régions principales : Tramuntana (montagnes, au nord), Ponent (au sud-ouest), Raiguer (terres agricoles et viticoles au pied de la montagne), Pla (au centre), Migjorn (à l’est), Llevant (sud-est) et la ville de Palma.

L’île de Majorque fut habitée dès la période préhistorique (sites de Ses Païsses, près de la ville d’Arta), puis par les Romains (ruines d’Alcúdia, ex-Pollentia romaine), remplacés par les maures Almoravides, puis les Almohades (de 902 à 1229), suivi des Catalans. L’île de Majorque fut le centre d’un royaume indépendant qui exista de 1276 à 1344, le royaume de Majorque. La langue catalane, officielle, dans sa variété majorquine, y reste activement pratiquée, aux côtés du castillan.

Environ 93 % de son produit intérieur brut provient du tourisme, développé à partir des années 1960. Pour les Allemands, Majorque est l’un des principaux lieux de villégiature européen, attirant donc nombre d’étrangers, ce qui a valu à l’île le surnom ironique de dix-septième Land. 7 % des résidents permanents de l’île sont des Allemands. L’activité agricole traditionnelle est centrée sur les productions végétales : vin (Binissalem), amandes, olives , légumes.

Si dans beaucoup d’esprits Majorque reste synonyme de tourisme anarchique, aspiré par la mer et poussé par une urbanisation de masse (« Baléarisation »), l’île de Majorque et la vie majorquine offrent bien des aspects qui contredisent cette vision : villages agricoles préservés, traces diverses de cultures passées, art et culture (au XVe siècle, le philosophe Raymond Lulle – Ramon Llull, a fondé à Majorque une école réputée de langues et de théologie), marche et randonnée dans les zones montagneuses, gastronomie.

L’afflux touristique est devenu plus varié (origines et styles de vie), avec une part grandissante d’immigration d’européens du nord venant s’installer à demeure sur place.

Heureusement depuis quelques années, cette « baléarisation » est de plus en plus contrôlée par le gouvernement désireux de proteger son patrimoine et sa culture. De nombreuses zones ont été décretées réserves naturelles, protégeant ainsi le littoral contre cette expansion anarchique.

Ville principales de l’île de Majorque

Liste des municipalités de Majorque

Alaró | Alcúdia | Algaida | Andrach | Ariany | Artá | Banyalbufar | Binissalem | Búger | Bunyola | Calviá | Campanet | Campos | Capdepera | Consell | Costich | Deiá | Escorca | Esporles | Estellencs | Felanich | Fornalutx | Inca | Lloret de Vistalegre | Lloseta | Llubí | Llucmajor | Manacor | Mancor de la Vall | María de la Salud | Marrachí | Montuïri | Muro | Palma de Mallorca | Petra | Sa Pobla | Pollença | Porreres | Puigpunyent | Ses Salines | Sant Joan | Sant Llorenç des Cardassar | Sant Lluís | Santa Eugènia | Santa Margalida | Santa María del Camí | Santanyí | Selva | Sencelles | Sineu | Sóller | Son Servera | Valldemossa | Vilafranca de Bonany

Vidéo de Majorque

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Photos de Majorque

Histoire de Majorque

La présence humaine à Majorque remonte à la préhistoire. On a retrouvé des tombes et traces d’habitations datant du néolithique, soit 6.000 à 4.000 ans avant Jésus-Christ. L’île de Majorque fut occupée par les Carthaginois avant d’être conquise en l’an 123 avant J.-C. par Quintus Caecilius Metellus – qui reçut le surnom de « Balearicus » – et de passer sous l’autorité de Rome. La période romaine fut favorable et vit la fondation de Pollentia (Alcúdia) et Palmaria (Palma). L’économie reposait sur la cujlture de l’olivier, de la vigne et sur la production de sel.

Les Vandales mirent les îles Baléares à sec en 425 ou 426 et les annexèrent à leur royaume en 465. En 534, à l’occasion de l’effort de reconquête de l’empire romain d’occident par Justinien, le général Bélisaire regagna l’archipel pour le compte de Byzance. Pendant la période de domination byzantine, le christianisme y fut florissant et de nombreuses églises furent construites. Cependant, à partir de 707 commençèrent des raids maritimes menés par les musulmans à partir des côtes d’Afrique du Nord.

Ces attaques se poursuivirent jusqu’à ce que, finalement, en l’an 903, Majorque tombe sous la domination de l’émir Omeyyade d’Espagne. Selon les chroniques de l’époque, le château de Alaró fut le dernier bastion tenu par les chrétiens. Sous la domination musulmane, une civilisation brillante se développa qui fit de Palma, devenue Madina Mayurqa un centre culturel important. L’île de Majorque connut une période de grande prospérité. Les mahométans développèrent l’agriculture irriguée et l’artisanat local. Lors de la décomposition du califat de Cordoue en 1015, Majorque releva tout d’abord du royaume de Denia avant de devenir, entre 1087 et 1114 un des nombreux royaumes dits « Taifas ».

En 1114, à la suite d’actes de piraterie menés à partir de Majorque contre les navires chrétiens en Méditerranée, une armée coalisée de Pisans et de Catalans débarqua à Majorque, mit le siège devant Palma pendant huit mois, prirent la ville et la saccagèrent. Mais, pendant l’absence de Raimond-Bérenger III de Barcelone, les Pisans s’enfuirent lorsque apparurent des secours envoyés par les Almoravides d’Afrique du Nord. Ceux-ci gouvernèrent jusqu’en 1203, alors remplacés par les Almohades jusqu’en 1229. En 1208, les almohades nommèrent gouverneur un certain Abú Yahya qui se comporta de façon quasiment indépendante, reconnaissant toutefois une soumission de pure forme à l’émirat central almohade.

Les actes de piraterie avaient repris ce qui détermina les cités commerçantes de Barcelone, Tarragone et Tortosa à solliciter l’aide du roi d’Aragon Jacques Ier. En décembre 1128, il fut décidé qu’elles mettraient à disposition les vaisseaux nécessaires à une expédition, les chevaliers catalans (les plus nombreux) et aragonais devant recevoir en paiement de leurs services le butin et les territoires à conquérir sur l’ennemi.

Ainsi fut fait : l’expédition, comprenant 15.000 hommes et 1.500 chevaux partit de Salou, débarqua à Santa Ponsa et défit l’armée musulmane à la bataille de Portopi le 13 septembre 1229. En décembre, Palma fut prise et ses habitants passés au fil de l’épée. Le grand nombre de cadavres eut d’ailleurs pour conséquence de provoquer une épidémie qui décima l’armée des vainqueurs. En outre les disputes au sujet de la répartition du butin semèrent la zizanie dans les troupes des conquérants. Mais l’île fut soumise en quelques mois, seule une petite poche de résistance subsista jusqu’en 1232 dans la sierra de Tramontana. La population musulmane s’était enfuie vers l’Afrique ou fut réduite en esclavage. Elle fut remplacée par une immigration essentiellement d’origine catalane.

Dans son testament, Jacques le Conquérant avait prévu de diviser ses domaines par la création du royaume de Majorque, vassal du royaume d’Aragon et comprenant les îles Baléares, le Roussillon, la Cerdagne, la seigneurie de Montpellier, la vicomté de Carladès et la baronie d’Omelas. A sa mort, son fils Jacques prit le nom de Jacques II de Majorque et assuma le pouvoir dans le cadre d’une charte dite « Carta de las Franquicias ».

L’existence de ce royaume fut de courte durée car les souverains d’Aragon parvinrent à en reprendre possession en 1349 : la mort de Jacques III de Majorque à la bataille de Lluchmayor contre son cousin Pierre IV d’Aragon marque la fin du royaume. Cependant, et jusqu’à sa mort en 1404 sa fille Isabelle réfugiée en France au château de Gallargues, près de Montpellier, qui lui avait été cédé par le roi Charles VI, continua à revendiquer le titre de reine de Majorque. Majorque partagea ensuite le sort du royaume d’Aragon, intégré plus tard dans le royaume d’Espagne. (Source)