Fêtez la San Fermin de Pampelune (photos, vidéo)

Pamplona San Fermín 2011 (34)

En juillet, si vous passez par Pampelune, ne manquez pas les fêtes de San Fermin : ambiance et dépaysement assurés ! Voir la vidéo et les photos…

Les Fêtes de San Fermin ou Sanfermines (Fêtes de Saint Firmin, en français), sont les fêtes célébrées annuellement du 6 au 14 juillet, à Pampelune, capitale de la Navarre (Espagne), en honneur du saint patron de la communauté forale, saint Firmin.

Il est de coutume de les considérer comme les 3e fêtes au monde en nombre de participants après le Carnaval de Rio et la Fête de la bière à Munich. On estime à 3 millions le nombre de personnes qui peuplent les rues de la ville pendant neuf jours.

Ces fêtes multicolores transforment littéralement le visage de la capitale navarraise, qui devient le théâtre d’un spectacle populaire mêlant le profane au sacré. À cette occasion, les habitants revêtent la tenue blanche, réhaussée d’un foulard et d’une ceinture rouges.

Profondément enracinée dans la communauté forale depuis des siècles, les fêtes de San Fermin ont acquis au XXe siècle une renommée internationale, grâce, notamment, à l’auteur américain Ernest Hemingway, qui a contribué à les rendre populaires à travers certains de ses romans (notamment dans Le Soleil se lève aussi).

La fête populaire

Le jour à San Fermin

La journée, à Pampelune, est tout aussi animée que les nuits. Les activités proposées par la municipalité ou les associations, sont très nombreuses. Après l’encierro, la journée commence tranquillement. Alors que les couche-tard rentrent se reposer quelques heures, les autres commencent à peupler les restaurants de la ville. La foule se fait de plus en plus dense vers 10h pour le défilé des Gigantes.

Par la suite, la foule envahit les innombrables bars et restaurants de la ville, pour l’apéritif et le repas, animés par les groupes musicaux et les txarangas des peñas.

Tout au long de la journée, des concerts de musique traditionnelle ou actuelle sont organisés en différents points de Pampelune, et des activités sont programmées pour les pamplonais et visiteurs de tous âges. Par ailleurs, certaines journées sont consacrées à certains en particulier. Ainsi existe-t-il la journée des Txikis (enfants) et la journée des anciens.

SAN FERMIN CORRIDA VASCO-LANDESA BULL Red Sea Pamplona-9166-63 Una aguja en un pajar

La nuit à San Fermin

Une fois la corrida passée, alors que les peñas parcourent la ville, les pamplonicas et les visiteurs se dirigent vers les bars et les restaurants pour l’apéritif et le repas. La municipalité et les associations organisent un grand nombre de concerts et de bals gratuits, plus ou moins importants, où se rassemble une foule importante.

Parallèlement, tous les soirs a lieu un concours international de feux d’artifices, rassemblant parmi les plus prestigieux artificiers du monde.
La nuit est la période où la ville reçoit le plus de monde. Des dizaines de milliers de personnes s’agglutinent alors aux comptoirs des bars, des peñas et autres associations pour faire la fête jusqu’au petit matin, voire davantage.

Déroulement des fêtes de San Fermin

Les fêtes de San Fermín ont lieu du 6 au 14 juillet de chaque année. Chaque journée est parfaitement rythmée par les différentes manifestations, organisées par la ville de Pampelune.
D’autre part, les associations, sociétés festives et les simples groupes d’amis participent également à l’animation de cette semaine festive en organisant leurs propres programmes de réjouissances.

Le Txupinazo

Le coup d’envoi des fêtes est donné le 6 juillet à midi précises sur la Plaza Consistorial, devant la Mairie. Là, des milliers de personnes agglutinées attendent impatiemment l’ouverture officielle des festivités, dans un concert de chants, sous les jets de Champagne, de farine et autres projectiles.

Alors qu’à quelques minutes du début, la foule scande en chœur le nom de San Fermín, le Conseil Municipal apparaît au balcon, et à midi pile, face aux milliers de pamplonicas tendant leurs foulards rouges vers la Mairie, une personnalité désignée prononce la fameuse phrase : « Pamploneses, Pamplonesas, Viva San Fermín, Irunshemes, Gora San Fermín« , reprise en chœur par la foule.

https://www.youtube.com/watch?v=sFK-A4uTw4s

Le premier pétard est lancé (on l’appelle le txupinazo ou el primer cohete), indiquant aux Pamplonais que leurs fêtes sont désormais ouvertes, dans les hurlements de joie d’une foule prête à affronter les neuf jours que comptent les sanfermines.

C’est à ce moment là que chacun noue autour de son cou le précieux foulard rouge. Une fois la place dégagée, les bandas de gaiteros et de txistularis sortent de l’Hôtel de Ville, suivies de la banda municipale La Pamplonesa, pour égayer les rues de la cité aux airs de chansons populaires de Navarre et du Pays Basque : Animo Pues, Agur Jaunak (ancestral morceau basque, joué pour saluer la venue d’une personne importante ou chère)…

Le Riau Riau et les Vísperas

Traditionnellement, le 6 juillet à 16h30, les autorités municipales et ecclésiastiques de la ville, se rendaient depuis la Mairie jusqu’à l’Église de San Lorenzo, à quelques centaines de mètres, pour y célébrer las Vísperas, la messe en l’honneur du saint patron, la veille de sa fête.

Peu à peu, le jeu a consisté pour les jeunes Pamplonais à ralentir le cortège en se plaçant devant lui. Ainsi, des milliers de personnes se retrouvaient chaque année dans la Calle Mayor et freinaient le parcours des autorités. Le parcours se déroulait au son du Vals de Astrain, une valse, renommée Riau Riau, reprise en chœur par la foule, et interprétée sans discontinuer jusqu’à destination.

Las, les manifestations politiques et les débordements agressifs qui s’en suivaient ont entraîné la suspension de ce moment clé des Fêtes. La messe a toujours lieu, à 20h chaque 6 juillet, et constitue de ce fait le premier acte religieux du cycle festif.

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La procession

Elle a lieu le 7 juillet à 10h. Depuis l’église de San Lorenzo, les autorités civiles et religieuses, les responsables des Peñas et des corporations, ainsi que d’autres personnalités de la ville accompagnent la statue du Saint à travers les rues de la cité.

Le cortège est animé par la Banda Municipale, la Pamplonesa, les Géants, les txistularis, les gaiteros et des danseurs. Des milliers de Pamplonais et de Navarrais se placent le long du parcours pour saluer la sainte effigie.

Au niveau de l’église de San Saturnino, un groupe de joteros entame la Jota a San Fermín, en l’honneur du saint patron navarrais, qui retourne à l’église de San Lorenzo, où des milliers de personnes viennent se recueillir durant les Fêtes.

Le 14 juillet, dernier jour de fête, la même procession aura lieu pour saluer une dernière fois le saint. Cette procession s’appelle La Octava (la huitième).

Les Dianas

Les fêtes commencent véritablement le 7 juillet, jour du Saint et premier jour de corrida. Comme chaque matin, La Pamplonesa, l’harmonie municipale, anime les traditionnelles dianas.

Les dianas sont d’anciens morceaux de musique militaire espagnole, qui étaient joués au petit matin pour réveiller les troupes. Ces morceaux ont été adaptés au goût pamplonais et sont interprétés du 7 au 14 juillet à 6h45, pour réveiller la ville avant l’encierro, en arpentant les rues du centre historique.

C’est un moment qui peut apparaître surréaliste, où se mêlent les couche-tard achevant leur nuit de libations et les lève-tôt, partant pour l’encierro. Des dizaines de personnes suivent la Pamplonesa dans ses pérégrinations matinales, en reprenant en chœur les paroles de ces marches et en dansant à leur rythme.

L’encierro
L’encierro est un évènement ayant lieu tous les matins du 7 au 14 juillet à 8h. C’est sans doute ce qui a fait la réputation de ces Fêtes à travers le monde, grâce notamment à l’auteur américain Hemingway, qui, inconditionnel de ces réjouissances, les a souvent évoquées dans son œuvre.

L’encierro consiste à lâcher dans les rues de la ville les taureaux qui seront combattus l’après-midi dans les arènes. Le parcours est immuable et mesure un peu plus de 800 mètres dans les rues du centre.

Les Géants

Chaque matin, une procession de Géants est organisée à travers les rues de la ville. Elle est composée de plusieurs personnages :

  • les Géants (Gigantes), sont de très hautes statues de bois, sculptures huit rois et reines, représentant les quatre races et continents. Un danseur prend place dans chacune de ces effigies, et exécute des pas de danse au son de la musique des gaiteros.
  • les Kilikis, sont six personnages dotés de masques effrayants. Ils sont là pour effrayer les enfants avec leurs armes.
  • les cinq cabezudos précèdent les géants. Revêtus d’un masque en forme d’énorme tête (d’où leur nom), ils marchent dignement en tête de procession.
    Ces processions attirent une foule considérable, multigénérationnelle. Elles se retrouvent ailleurs en Espagne, sous d’autres formes.

Pamplona 2012 Pamplona Pamplona Crowd in Pamplona

La corrida

La corrida a lieu chaque après-midi des fêtes à 18h30. Les arènes de Pampelune sont les deuxièmes plus vastes d’Espagne, après celles de Madrid (23 000 places), avec 19 500 places.

Les corridas font le plein absolu chaque soir et il est presque impossible de se procurer des billets. Tout est pris par abonnement renouvelé chaque année (souvent, les abonnements passent de père en fils, ou d’ami en ami). Les 10% que la loi impose de réserver à la vente pour le jour du spectacle sont achetés par les revendeurs, qui les réinjectent à prix d’or sur le marché noir.

Les corridas pamplonaises sont organisées par la Casa de Misericordia (communément appelée la Meca), association caritative en faveur des personnes âgées, qui sélectionne les élevages qui courront dans les rues de la ville et seront combattus dans les arènes, contracte les matadores, gère les abonnements et la vente des places, etc.

C’est d’ailleurs le seul moment de l’année où Pampelune célèbre des courses de taureaux.

Les corridas à Pampelune sont réputées pour leur aspect débridé. La particularité de Pampelune tient à l’ambiance qui règne dans les arènes.

Alors que dans le reste de l’Espagne ou de la France, les corridas sont un spectacle artistique qui requiert un certain silence, les pamplonais considèrent, eux, la corrida comme un élément de la fête et où l’on se doit donc de faire la fête. Chacun amène donc aux arènes de quoi boire et de quoi se nourrir : la merienda (le goûter), qui consiste à manger une fois le 3ème taureau mort, est une institution à laquelle personne ne déroge.

On apporte aux arènes – certains même avec des caddies – les boissons dans des seaux voire des poubelles, on arrive avec des gamelles de nourriture, des gâteaux, des plateaux de charcuterie, de fruits de mer, des fromages, afin de partager ces denrées avec les amis et voisins de gradins. Au 3ème taureau, ceux qui jugent être restés suffisamment dans les tendidos quittent les gradins pour aller déguster ce qu’ils ont apporté, dans les couloirs des arènes.

Par ailleurs, nombreux sont les litres de vin ou de sangría projetés dans les gradins à coups de seaux entiers, ou de pulvérisateurs ; la farine, le chocolat en poudre, le papier hygiénique et autres joyeusetés fusent également au travers des gradins.

Il n’est pas difficile d’imaginer l’animation des lieux et le bruit conséquent. Chaque peña vient accompagnée de sa txaranga (petit orchestre de cuivres, bois et percussions, semblable aux bandas) qui joue régulièrement – et souvent en même temps – pour égayer les travées. Les morceaux interpétés sont repris en chœur par des centaines de personnes. Jamais le tumulte, la fête ne s’arrêtent, pas même pendant le combat. Pour ces raisons, certains toreros refusent de venir à Pampelune.

Une fois la corrida achevée, les membres des peñas se rassemblent sur la piste, pour participer au moment connu comme la salida de peñas (la sortie des peñas). Chaque société va alors sortir des arènes en musique et dans un ordre strict pour aller animer les rues de la ville. C’est un moment très apprécié, notamment par ceux qui n’étaient pas à la corrida. On voit alors sortir des arènes ces groupes de pamplonais aux vêtements souvent souillés par les projectiles de la corrida, chantant et dansant.

L’estruendo

L’estruendo est une manifestation populaire organisée à une seule reprise durant les fêtes, à 23h59 (souvent le jeudi). Quiconque muni d’un instrument à percussion est invité à se joindre à un cortège bruyant, rassemblant plusieurs dizaines de participants et qui défile à travers la ville, au son assourdissant des grosses caisses et autres tambours, couvrant les quelques txistus en tête de défilé.

Le Pobre de mí

Le Pobre de mí (« Pauvre de moi ») est la cérémonie de clôture des Fêtes ayant lieu à minuit dans la nuit du 14 au 15 juillet. Le nom est dû à l’air que chantent alors les Pamplonais, munis chacun d’une petite bougie à la main : « Pobre de mí, pobre de mí, ya se han acabado las Fiestas de San Fermín« .
Il existe en fait deux célébrations du Pobre de Mí. La cérémonie officielle réunit des milliers de Navarrais sur la Place de la Mairie. La cérémonie officieuse est organisée par les Peñas sur la Plaza del Castillo.

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Les peñas

Une peña désigne généralement un groupe d’amis se constituant en société pour partager une ou plusieurs passions en commun, dans une ambiance informelle et souvent liée à la fête.

En Navarre, la peña est indéniablement liée à la fête. Il existe à Pampelune seize peñas dites sanfermineras, c’est-à-dire seize peñas dont l’objet est de partager ensemble les Fêtes de la cité.

Chaque peña possède un foulard propre, une ceinture (faja) et une blouse (surchemise, de couleur différente selon la peña, que portent les membres de peñas pour se reconnaître entre eux).

Durant les Sanfermines, elles sont accompagnées d’une txaranga (orchestre engagé pour la durée des Fêtes) et d’une banderole retraçant en dessin et avec ironie les évènements marquants de l’année dans la vie locale et internationale et portée par les sociétaires pour annoncer l’arrivée de la peña. Chaque peña possède également un hymne chantant les mérites des Fêtes et de l’association, joué à l’envi.

Pour les fêtes, la plupart de ces associations ouvrent leur local du centre-ville. Elles entrent en scène le 7 juillet, premier jour de toros. On les voit alors sillonner les rues de Pampelune le midi pour l’apéritif, les sociétaires qui le veulent peuvent alors se joindre à la txaranga précédée de la banderole, pour rendre visite aux bars de la ville.

Mais qui était donc San Fermin ?

Saint Firmin n’est pas en réalité le saint patron de Pampelune (qui est saint Saturnin) mais de la Navarre tout entière, qui chôme par conséquent le 7 juillet.

San Fermín, qui vécut au IIIe siècle, était le fils du chef militaire romain de Pampelune. Il fut converti par un religieux français de passage en Navarre, saint Saturnin. Il partit alors se former à la vie ecclésiastique à Toulouse, avant de revenir évangéliser la Navarre. Dans sa vie religieuse, il assura la direction du diocèse d’Amiens, où les autorités le firent égorger (on en était alors aux débuts de la christianisation). Son corps repose toujours à Amiens mais trois de ses reliques ont été déposés en l’église San Lorenzo de Pampelune.

Les premières célébrations en l’honneur du saint eurent lieu au cours du Moyen-Âge, elles étaient alors organisées à l’occasion du jour de saint Firmin, le 10 octobre. Peu à peu, d’autres types de célébrations vinrent s’y greffer : foires et corridas, attestées dès le XIVe siècle. Pour des raisons climatiques évidentes, les fêtes furent avancées au mois de juillet en 1591, les Navarrais fêtant l’évènement le 7 de ce mois. Progressivement, ces festivités se sont développées jusqu’à devenir telles que nous les connaissons aujourd’hui (Source).

Autres appellations

San Firmin, Saint Firmin, St Firmin, fête Saint Firmin, fêtes de San Fermin, fête de San Fermin, sanfermines…

Météo à Pampelune

Et si vous jetiez d’ailleurs un oeil sur la météo à Pampelune ?