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Tapas en Espagne (photo : Super Rabbit One)

ALCALA DE HENARES  EDIFICIOS UNIVERSITARIOS /MADRID

Ville universitaire et d’échanges Erasmus, Alcalá de Henares est située dans la communauté de Madrid, en Espagne. Sa population est d’environ 200 000 habitants et a l’honneur de figurer au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1998.

C’est aussi la ville natale de plusieurs illustres personnages, parmi lesquels : Miguel de Cervantes, auteur de Don Quichotte et Manuel Azaña, dernier président de la deuxième République Espagnole. Alcalá fait partie de la région du « Corredor del Henares », dont elle est la capitale.

Après l’invasion arabe de 711, la ville fut détruite et reconstruite sous le nom qu’elle porte aujourd’hui (à côté de celui du fleuve qui la borde) : « Al-Qala » se traduit par « le fort ». Alcalá de Henares prit de l’importance lors de sa désignation comme lieu de séjour de l’archevêque de Tolède à la fin du XVe siècle. Après cela, l’archevêque, Cardinal Cisneros, ordonna aussi la construction de son université, l’Universidad Complutense, l’une des plus vieilles d’Europe.

Antonio de Nebrija, auteur de la première grammaire européenne y est enterré.

L’époque de splendeur de la ville coïncide avec la période que l’on nomme El Siglo de Oro (le Siècle d’Or), comprise entre le XVI et le XVII, quand la littérature et la culture espagnoles devinrent prépondérantes. Sa chute s’amorça lorsque l’université fut délocalisée à Madrid au XIXe siècle.

Dans les années 1900, toujours deuxième ville de la province de Madrid, Alcalá grandit comme ville industrielle. Mais, à la différence des villages proches de Madrid qui connurent une expansion avec le boom démographique de la capitale espagnole, elle garda son caractère propre, grâce à son histoire et au travail de ses voisins pour la préserver et qui s’intéressèrent à la reconstruction des anciens bâtiments universitaires. Ces actions permirent de soutenir la candidature de la ville à l’UNESCO, qui fut acceptée.

Photos d’Alcala de Henares

ALCALA DE HENARES  EDIFICIOS UNIVERSITARIOS /MADRID 001338 - Alcalá de Henares Patio Universidad Alcalá de Henares 007025 - Alcalá de Henares

(Source)

Parc naturel des Lagunes de Ruidera (Lagunas de Ruidera)

Lagunes de Ruidera en Espagne (photo : diamond41)

Parc naturel des Lagunes de Ruidera (Lagunas de Ruidera) (photo : diamond41)

Le parc naturel des Lagunes de Ruidera est un parc naturel situé à Castille-La Manche, en Espagne, sur les villes de Ruidera, Argamasilla de Alba et Villahermosa (dans la province de Ciudad Real) et Ossa de Montiel (province d’Albacete).

D’une superficie de 3 772 hectares, le parc est formé de 15 lagunes d’eaux cristalines d’une profonde couleur turquoise situées le long de la vallée du fleuve Pinilla ou Guadiana Viejo, séparées et liées entre elles par des barrières de formations.

La zone du parc est parfaite pour les amoureux de l’aventure puisque tout au long de l’année il est possible d’y faire du sport et emprunter des routes touristiques à pied ou en VTT. Durant l’été il est également possible de se baigner.

Mais la meilleure saison pour aller au parc naturel est le printemps, qui permet de profiter du paysage, le débit des eaux et la végétation étant abondants.

Les paysages des Lagunes de Ruidera ont inspiré Cervantes, pour Don Quichotte de la Manche (Campo de Montiel, le Château de Rochafrida, Grotte de Montesinos où le Quichotte est attaché à une corde).

De nombreuses activités sont possible au parc naturel des Lagunes de Ruidera : randonnée à pied, en vélo ou encore en Segway, visite guidée en 4X4, zone de baignade, zone de pêche, visites de bodegas, oenotourisme, observation d’oiseaux, visites de fromageries, paintball, zones de campings (Camping de Montiel Montesinos, camping los Batanes y Los molinos situado en Ruidera)…

A noter que les camping-cars trouveront de grands parkings où stationner.

Où dormir pendant votre séjour ?

Pour l’hébergement, vous pouvez opter pour la location en Espagne : villa, maison, appartement par exemple, le camping en Espagne, l’auberge de jeunesse en Espagne ou pour un hôtel en Espagne pas cher.

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Images des Lagunes de Ruidera

Panorama_Ruidera 000435 - Ruidera 000426 - Ruidera

Laguna Ruidera 000566 - Ruidera ruidera

Don Quichotte

DON QUICHOTTEDon Quichotte est le nom que s’est choisi un pauvre hidalgo (gentilhomme) de la Manche, dont le véritable nom est Alonso Quichano.

Don Quichotte de la Manche (en espagnol El ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha) est un roman écrit par Miguel de Cervantes. Il a créé le type du Don Quichotte, rêveur idéaliste et absurde.

Le livre « Don Quichotte »

Le roman Don Quichotte est construit en deux volumes (version du livre en ligne ici). Le premier fut publié en 1605 et le second en 1615. En 1614 survint un Don Quichotte apocryphe, signé de l’énigmatique Alonso Fernández de Avellaneda. Pour cette raison, la deuxième partie contient plusieurs références à l’imposteur de Don Quichotte et à son créateur que certains auteurs identifient comme Lope de Vega. Cervantes fait mourir son héros à la fin, pour qu’il ne soit jamais ressuscité par un autre Avellaneda.

Cervantes déclare que les premiers chapitres sont tirés des «Archives de La Manche» et le reste traduit depuis l’arabe de l’auteur morisque Cide Hamete Benengeli, l’enchanteur qui tire les ficelles de Don Quichotte tout au long du roman. L’intrigue couvre les voyages et les aventures de Don Quichotte et son écuyer Sancho Panza. C’est un Hidalgo (personne de naissance noble) qui est obsédé par les livres de chevalerie. Ses amis et sa famille pensent qu’il est fou quand il décide de devenir à son tour un chevalier errant et de parcourir l’Espagne sur son cheval, Rossinante, en combattant le mal et protégeant les opprimés.

Il semble un illuminé à ceux qu’il rencontre. Il croit que les auberges ordinaires sont des châteaux enchantés et les filles de paysans de belles princesses. Il prend les moulins à vent pour des tyrans géants envoyés par de méchants magiciens. Il considère qu’une paysanne de son pays, Dulcinée du Toboso, qu’il ne rencontrera jamais, est l’élue de son cœur à qui il jure amour et fidélité.

Sancho Panza, son écuyer, dont la principale préoccupation est, comme son nom l’indique, de se remplir la panse, estime que son maître souffre de visions, mais il se conforme à sa conception du monde, et entreprend, avec son maître, de briser l’envoûtement dont est victime Dulcinée.

DON QUICHOTTE par Honoré DaumierAussi bien le héros que son serviteur subissent des changements complexes et des évolutions pendant le déroulement du récit. Peu à peu Sancho Panza opère une métamorphose, et du lourd paysan qu’il était, il se transforme en un être plus éduqué, suscitant même par sa clairvoyance et la finesse de son jugement l’étonnement du peuple qu’il administre lorsqu’il est nommé gouverneur d’une île par le Duc et la Duchesse (Volume 2, chapitre 55). Don Quichotte, quant à lui, reste invariablement fidèle à lui-même, il ne cède à aucune pression extérieure, il brave les archers de l’inquisition qui sont à ses trousses depuis qu’il a libéré les galériens (Volume 2, chapitre 22).

la fin du deuxième volume, Quichotte, vaincu par le chevalier des Miroirs ou chevalier de la Blanche Lune (le bachelier Samson Carrasco), s’en retourne chez lui. Sancho le supplie de ne pas abandonner, lui suggérant de prendre le rôle de bergers, souvent mis en scène dans des histoires bucoliques. Ayant abandonné la lecture de tout roman de chevalerie, il recouvre la raison et fait dès lors preuve de la plus grande sagesse, avant de mourir entouré de l’affection et de l’admiration des siens.

Les deux compères ont vécu ensemble beaucoup d’aventures, provoquant souvent de nombreux dégâts. Ils rencontrent, au cours de leurs pérégrinations, quantité de personnages qui délivrent une sociologie détaillée de l’Espagne du siècle d’or. On y voit défiler des criminels envoyés aux galères (sont-ce des Juifs poursuivis par l’Inquisition ?), des morisques sous le coup de l’édit d’expulsion de 1610 (Ricote, Ana Felix).

Don Quichotte est l’un des livres les plus lus au monde. Grand succès dès sa première édition, il a aussi fait l’objet d’une comédie musicale ainsi que de plusieurs adaptations cinématographiques plus ou moins heureuses.

Don Quichotte rompt avec la littérature médiévale et s’impose, par ses techniques narratives, par ses mouvements internes, par l’intervention même de l’auteur à l’intérieur de son texte, comme le premier roman moderne. Le premier volume met en scène une série d’aventures qui sont des mises en formes métaphoriques et symboliques qui renverraient, selon les travaux de Dominique Aubier, à des références bibliques, talmudiques et zohariques. Le second volume reprend la thématique, en épaissit le propos : l’auteur y opère un vaste chantier construisant un édifice solide auquel il interdira toute modification en tuant son personnage.

Chaque époque a porté un point de vue différent sur le roman. À l’époque de sa première publication, il était considéré généralement comme un roman comique. Après la Révolution française, il fut populaire en partie à cause de son éthique : les individus peuvent avoir raison contre une société toute entière. Au XIXe siècle, il était considéré comme un commentaire social. Au XXe siècle il fut rangé dans la catégorie des classiques littéraires, et considéré comme un chef-d’œuvre précurseur.

DON QUICHOTTE - Moulins à vent à Campo de Criptana (Castille-La Manche)Exploitation de Don Quichotte

La communauté autonome de Castille-La Manche exploite la célébrité du roman de Cervantes pour faire la promotion du tourisme dans la région. Plusieurs sites ont un lien avec les péripéties, dont des moulins et une auberge où l’on dit que les évènements se sont passés.

Orthographe et prononciation du nom

Contrairement à une idée reçue, la prononciation Don Quichotte n’est pas une francisation du nom espagnol. À l’époque de Cervantes, le nom du héros s’écrivait Don Quixote avec un « x » et celui-ci se prononçait encore au XVIIe siècle comme le groupe consonnantique français « ch ».

Le français Don Quichotte et l’italien Don Chisciotte ont donc modifié la graphie pour respecter la prononciation d’époque. Le portugais Dom Quixote, n’a pour sa part rien changé dans la manière d’écrire le nom du héros car la prononciation portugaise du « x », qui se conserve jusqu’à nos jours dans quelques mots, était égale à celle espagnole de cette lettre au XVIIe siècle : « ch ».

Le titre espagnol est El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha, autant que le titre portugais est O Engenhoso Fidalgo Dom Quixote da Mancha. Dans quelques mots portugais, le « x » se prononce comme « ks » (tóxico), ou bien comme « z » (exército) c’est à dire comme le « z » français, mais aussi comme « ch », comme dans Quixote ou bien dans caixa. Par contre, en potugais la jota ne se substitue pas au « x » : elle a le même son qu’en français, c’est à dire « j ».

L’anglais a pour sa part modifié la prononciation tout en conservant la graphie d’époque. En espagnol, la prononciation du « x » est plus tard passée à « rh » (la jota espagnole, correspondant à une forme sourde ou non voisée du « r » français) qui au XVIIIe siècle a été écrit « j », suite à une réforme de l’orthographe espagnole.

Don Quichotte : films et iconographie

Plusieurs films sont basés sur l’histoire de Don Quichotte, y compris:

  • Don Quichotte (1933), dirigé par Georg Wilhelm Pabst
  • Don Quichotte (1957), dirigé par Grigori Kozintsev
  • Don Quichotte (1965), feuilleton télévisé dirigé par Louis Grospierre
  • Man of La Mancha, comédie musicale américaine de Dale Wasserman dans les années 1960
  • L’Homme de la Mancha, adaptation cinématographique de la précédente par Arthur Hiller en 1972
  • L’Homme de la Mancha, adaptation francophone de la même, texte traduit et adapté par Jacques Brel qui l’interpréta sur scène à Bruxelles en 1968
  • El Quichotte de Miguel de Cervantes (1991) (mini), dirigé par Manuel Gutiérrez Aragón
  • Don Quichotte, par Orson Welles inachevé. Une version remise en forme par Jesus Franco fut présentée en (1992)
  • Don Quichotte (2000), dirigé par Peter Yates
  • Lost in La Mancha (2002) reportage sur l’impossibilité de tourner un film, d’après la tentative avortée de Terry Gilliam.

Don Quichotte inspira un grand nombre d’illustrateurs et de peintres dont Gustave Doré, Honoré Daumier, Pablo Picasso, Albert Dubout, Salvador Dali et Antonio de La Gandara et Raymond Moretti.

Don Quichotte inspira aussi un dessin animé : Don Coyote et Sancho Panda.

DON QUICHOTTEMusique

Don Quichotte a inspiré également les musiciens :

  • Don Quichotte (1897), poème symphonique de Richard Strauss
  • Don Quichotte à Dulcinée (1933), pour baryton avec orchestre, de Maurice Ravel
  • Chansons de Don Quichotte, écrites pour Chaliapine, de Jacques Ibert
  • Don Quichotte (1910), comédie héroïque en 5 actes, de Jules Massenet
  • L’homme de la mancha, de Jacques Brel

Moins connus :

  • Don Quichotte (1869), opéra d’Henri Boulanger
  • Nouveau Don Quichotte (le) (1789), opéra de Stanislas Champein
  • Don Quichotte (1829), opéra de Giuseppe Mercadante
  • Don Quichotte (1874), opéra d’Émile Pessard
  • Don Quichotte de la Manche (vers 1765), opéra de Niccolò Vito Piccinni
  • Don Quichotte (1727), opéra de Giovanni Ristori
  • Don Quichotte de la Manche (1771), opéra de Antonio Salieri
  • Don Quichotte (1791), opéra d’Angelo Tarchi
  • El Retablo de Maese Pedro (1923), opéra de Manuel de Falla
  • Trilogie Faust – Don Quichotte – Saint François d’Assise (1929), tragédie lyrique de Charles Tournemire
  • Le chevalier errant (1946), épopée chorégraphique en quatre tableaux, textes d’Alexandre Arnoux, musique de Jacques Ibert.

Danse

Le chorégraphe français, Marius Petipa, a créé en 1869, un ballet en 4 actes , sur une musique de Léon Minkus. De nombreuses reprises ont eu lieu à partir de 1970, dont celles de Rudolf Noureev, alors directeur de l’Opéra National de Paris.

Don Quichotte : autres regards

Michel Foucault
«Don Quichotte est la première des œuvres modernes puisqu’on y voit la raison cruelle des identités et des différences se jouer à l’infini des signes et des similitudes ; puisque le langage y rompt sa vieille parenté avec les choses, pour entrer dans cette souveraineté solitaire d’où il ne réapparaîtra, en son être abrupt, que devenu littérature; puisque la ressemblance entre là dans un âge qui est pour elle celui de la déraison et de l’imagination. La similitude et les signes une fois dénoués, deux expériences peuvent se constituer et deux personnages apparaître face à face. Le fou, entendu non pas comme malade, mais comme déviance constituée et entretenue, comme fonction culturelle indispensable, est devenu, dans l’expérience occidentale, l’homme des ressemblances sauvages. (…)
À l’autre extrémité de l’espace culturel, mais tout proche par sa symétrie, le poète est celui qui, au-dessous des différences nommées et quotidiennement prévues, retrouve les parentés enfouies des choses, leurs similitudes dispersées.»
Michel Foucault, Les Mots et les Choses, Paris 1966, éditions Gallimard, pp 62-63.

Jorge Luis Borges
Jorge Luis Borges publia en 1947 dans la revue Sur un récit, « Pierre Ménard, auteur du Quichotte ». Il y décrit le destin littéraire d’un romancier qui recopie mot à mot et ligne à ligne le livre de Cervantes. Comparant le Quichotte de Ménard à celui de Cervantes, Borges prend pour exemple la phrase de ce dernier : « […] la vérité, dont la mère est l’histoire, émule du temps, dépôt des actions, témoin du passé, […] » Borges constate : « Rédigée au XVIIè siècle par le « génie ignorant » Cervantes, cette énumération est un pure éloge rhétorique de l’histoire. Ménard écrit en revanche : « […] la vérité, dont la mère est l’histoire, émule du temps, dépôt des actions, témoin du passé, […] » L’histoire, mère de la vérité ; l’idée est stupéfiante. Ménard, contemporain de Williams James, ne définit pas l’histoire comme une recherche de la vérité, mais comme son origine. […] Le contraste entre les deux styles est également vif. Le style archaïsant de Ménard – tout compte fait étranger – pêche par quelque affectation. Il n’en est pas de même pour son précurseur, qui manie avec aisance l’espagnol courant de son époque. » La parabole, l' »effet Ménard », permet ainsi à Borges de montrer qu’il existe une sorte de morale déceptive, qui ferait qu’un « beau style » ne pourrait à la fois être et avoir été.

Benoît XVI
Benoît XVI, Teoría de los principios teológicos, publié en Espagne par Herder, Théorie des Principes religieux, à propos de Don Quichotte :

Don Quichotte commence comme une bouffonade, une sorte de plaisanterie amère qui n’est pas du simple ressort de la fantaisie ou de la littérature. L’auto-da-fé que commettent le curé et le barbier, au chapitre VI, avec les livres du pauvre hidalgo ont un air de réalisme absolu : ainsi est liquidé le monde médiéval et la porte se referme irrémédiablement sur le passé. Par la figure de Don Quichotte, une ère nouvelle émerge… Le chevalier est devenu fou. Se réveillant des rêves d’antan, une nouvelle génération rencontre la vérité, nue, sans affectation. L’allègre espièglerie des premiers chapitres aboutit à une éclosion… Quelle noble folie dans celle de Don Quichotte qui élit une profession où la noblesse de la pensée, l’honnêteté de la parole, la libéralité des actes, la vaillance dans les réalisations, la patience dans le travail, la générosité avec les opprimés, et finalement le maintien de la vérité, bien qu’il lui en coûte la vie de la défendre ! La folie insensée se convertit en l’expression d’un coeur pur…

Brûler le passé, voici l’heure de la synthèse. Aujourd’hui, le noyau de la folie touche le niveau de la conscience, cela coïncide avec l’extraction de la bonté d’un monde dont le réalisme se trompe…
Il ne s’agit pas d’un retour au monde du temps de la chevalerie, mais de rester éveillés afin de ne jamais perdre de vue les dangers qui menacent les hommes quand, brûlant leur passé, ils perdent une part d’eux même…

Boris Mouravieff
Don Quichotte est présenté comme un personnage « qui s’acharnait à combattre de front les influences « A » sous toutes leurs formes et particulièrement celle de moulins à vent. » Ce combat étant considéré comme vain et promis à l’échec ainsi qu’à l’épuisement des forces. (Les influences « A » sont les influences créées par la vie elle-même, qui forment la Loi du Hasard ou Loi de l’Accident, sous l’empire de laquelle est placé le sort humain. (Gnôsis t.1, Etude et commentaires sur la tradition ésotérique de l’orthodoxie orientale, p.134).

José Saramago
« Don Quichotte s’obstine à ne pas être lui-même, mais à être celui qui sort de chez lui pour entrer dans ce monde parallèle et vivre une nouvelle vie, une vie authentique. Je crois qu’au fond, ce qui est tragique, c’est l’impossibilité d’être quelqu’un d’autre.

On peut considérer Don Quichotte comme le premier roman moderne, mais son auteur n’est sûrement pas le premier narrateur moderne. Je pense que Cervantès n’a rien inventé. Il suffit de lire le premier chapitre du livre pour imaginer un monsieur qui s’est assis devant son public pour lui raconter une histoire : « Dans une bourgade de la Manche, etc., etc. » C’est le schéma du narrateur oral.

Don Quichotte ne meurt pas, parce que celui qui va mourir, c’est un gentilhomme, un pauvre hidalgo du nom d’Alonso Quijano. Selon moi, c’est un élément fondamental. Ce n’est pas Don Quichotte qui meurt, mais Alonso Quijano.

Don Quichotte est cet autre que nous ne pouvons être, et c’est pour ça que nous l’aimons. »

Daniel Serra, Jaume Serra, Cervantes y la Leyenda de Don Quijote, Espagne, 2004. Programmé en France sous le titre « Cervantès et la Légende de Don Quichotte » (Arte, 4 mars 2005).

Günter Grass
« Le noble chevalier, l’idéaliste, qui se bat contre des moulins à vent, le rêveur qui prend ses hallucinations pour la réalité, le fantasque, le maître et son valet, les pieds sur terre, le valet prosaïque. C’est un couple que nous retrouvons encore dans notre réalité, à la fois alliés et adversaires. C’est un duo qui résiste aux temps qui changent. »
Daniel Serra, Jaume Serra, Cervantes y la Leyenda de Don Quijote, Espagne, 2004.

Influences de Don Quichotte

Il existe quelques tentatives de suites de Don Quichotte écrites en français : Histoire de l’admirable Don Quichotte de la Manche, de Filleau de Saint Martin et Robert Challe, et la Suite nouvelle et veritable de l’histoire et des aventures de l’incomparable Don Quichotte de la Manche, d’auteur inconnu.

L’influence de Don Quichotte est notable sur des personnages historiques comme Simon Bolivar.

Le poète et romancier José Rizal, héros de l’indépendance philippine, a conçu son œuvre littéraire et politique en s’inspirant de l’idéal quichottien.

L’actuel chef d’État vénézuélien, Hugo Chavez, revendique une part de l’héritage quichottien, en ce qu’il pense que sa mission dite bolivarienne réside à mettre en application le chapitre 22 de Don Quichotte relatif à la Libération des Galériens.

Célébration

L’Espagne et l’Amérique hispanophone ont fêté les 400 ans de cette œuvre majeure tout au long de l’année 2005. À cette occasion, un jeune montagnard espagnol, Javier Cantero, a gravi le sommet de l’Amérique latine, l’Aconcagua, culminant à 6960 m, en décembre 2005, afin d’y lire un passage de Don Quichotte de la Mancha.

Voir aussi

DON QUICHOTTE, pièce commémorative espagnole de 2 euros (2005)

  • Astéroïde 3552 Don Quixote, nommée d’après le personnage
  • Projet Don Quichotte de l’ESA (Agence spatiale européenne)
  • Don Quichotte figure sur la pièce commémorative de 2 euros espagnole frappée à l’occasion du quatrième centenaire de la première édition du livre
  • Les 400 ans de Don Quichotte (http://www.mcu.es/quijote/, en espagnol)
  • La route de Don Quichotte (http://www.donquijotedelamancha2005.com/ruta2005.php, en espagnol)

(Source : Wikipedia, licence GFDL)

Cervantes

MIGUEL DE CERVANTESMiguel de Cervantes Saavedra (Miguel de Cervantes) (29 septembre 1547 à Alcalá de Henares – 22 avril 1616 à Madrid, il fut enterré le 23 avril et c’est cette date qui est souvent citée comme la date de sa mort) est un romancier, poète et dramaturge espagnol connu universellement pour son roman Don Quichotte, reconnu comme le premier roman moderne. Miguel de Cervantes est souvent considéré comme la plus grande figure de la littérature espagnole.

Biographie de Miguel de Cervantes

Enfance
On suppose que Miguel de Cervantes est né à Alcalá de Henares. Le jour exact de sa naissance est inconnu mais il est probable qu’il soit né le 29 septembre, jour de de célébration de la fête de l’archange Saint Michel, par la tradition de recevoir le nom du Saint du jour. Miguel de Cervantes a été baptisé à Alcalá de Henares (Espagne) le 9 octobre 1547 dans la paroisse de Santa María la Mayor.
Dans l’acte de baptème on lit :

Dimanche, neuvième jour du mois d’octobre, année du Seigneur mille cinq cent quarante-sept, fut baptisé Miguel, fils de Rodrigue Cervantes et de sa femme Léonore. Il fut baptisé par le révérend Bartolomé Serrano, curé de Notre Seigneur. Témoins, Baltasar Vázquez, Sacristain, et moi, qui l’ai baptisé et signe de mon nom. Bachelier Serrano.

Son père, Rodrigo de Cervantes, originaire à la fois de Cordoue et de Galice, était chirurgien, son métier étant plus proche du praticien actuel qu’à notre idée de médecin. Cervantes avait des ancêtres convertis au christianisme dans les deux branches de sa famille, comme l’ont signalé Américo Castro, Daniel Eisenberg et d’autres spécialistes de Cervantes. Au contraire, Jean Canavaggio insiste sur le fait que cette descendance « n’est pas prouvée » et le compare à Mateo Alemán pour qui les origines sont démontrées par des documents. Sa mère était Léonore de Cortinas Sánchez, on en sait très peu sur elle, à part les doutes sur ses origines de convertie. Ses frères et sœurs étaient Andrés (1543) ; Andrea (1544) ; Luisa (1546), qui devint prieure dans un convent carmélite ; Rodrigue (1550), soldat qui l’accompagna dans sa captivité à Alger ; Magdalena (1554) et Juan, connu uniquement parce que son père le mentionne dans sont testament.

On peut noter que le nom « Saavedra » n’apparaît sur aucun document de la jeunesse de Cervantes, et n’est pas utilisé par ses frères et sœurs. Son nom de naissance aurait dû être « Miguel de Cervantes Cortinas ». Il commença à utiliser le nom « Saavedra » uniquement après son retour de captivité à Alger, peut-être pour se différencier d’un certain Miguel de Cervantes Cortinas expulsé de la cour.

Vers 1551, Rodrigo de Cervantes a déménagé avec sa famille à Valladolid. Pour cause de dettes, il a été emprisonné quelques mois et ses biens confisqués. En 1556 il se rend à Cordoue pour recevoir l’héritage de Juan de Cervantes, grand-père de l’écrivain et fuir ses créanciers.

Il n’existe pas de données précises sur le début des études de Miguel de Cervantes, qui sans doute, ne sont jamais arrivées au niveau universitaire. On pense qu’il aurait pu étudier à Valladolid, Cordoue ou Séville. Il est également possible qu’il ait étudié dans la Compagnie de Jésus, puisque dans le roman La discussion des chiens il élabore une description d’un collège de jésuites qui semble une allusion à sa vie d’étudiant. En 1566, il s’installe à Madrid. Il assiste à l’Estudio de la Villa, géré par le professeur de grammaire Juan López de Hoyos, qui a publié en 1569 un livre sur la maladie et la mort de la reine Isabelle de Valois, la troisième épouse du roi Philippe II. López de Hoyos inclut dans ce livre trois poésies de Cervantes, notre cher et aimé disciple. Ces poésies sont ses premières manifestations littéraires. C’est à cette époque que Cervantes prend goût au théâtre en assistant aux représentations de Lope de Rueda et, comme il le déclare dans la seconde partie de Don Quichotte, par la bouche du personnage principal, « se le iban los ojos tras la farándula » (il adorait le monde du théâtre).

Fuite en Italie et bataille de Lépante

Une ordonnance de Philippe II datant de 1569 est conservée, dans laquelle il est demandé d’arrêter Miguel de Cervantes, accusé d’avoir blessé dans un duel un certain Antonio Sigura, maître d’œuvres. Si cela concernait réellement Cervantes, ce pourrait être le motif qui le fit fuir en Italie. Il est arrivé à Rome en décembre de la même année. Il a lu là-bas les poèmes de chevallerie de Ludovico Ariosto et les Dialogues d’amour du juif séfarade Léon Hebreo, d’inspiration néoplatonique et qui vont avoir une influence sur son idée de l’amour. Cervantes s’est instruit du style et des arts italiens et gardera toujours un très agréable souvenir que l’on pourra voir réapparaître, par exemple dans Le licencié de verre, une de ses Nouvelles exemplaires, et qui se laisse ressentir dans plusieurs allusions présentes dans d’autres œuvres.

Il entre alors au service de Giulio Acquaviva qui sera cardinal en 1570, et qu’il a probablement connu à Madrid. Il l’a suivi à Palerme, Milan, Florence, Venise, Parme et Ferrare. On le retrouve rapidement soldat dans la compagnie de Diego de Urbina, dans le régiment d’infanterie de Miguel de Montcada. Il embarque alors dans la galère Marquise. Le 7 octobre 1571 il participe à la bataille de Lépante, du côté de l’armée chrétienne dirigée par Don Juan d’Autriche, « fils de la foudre de guerre Charles Quint, d’heureuse mémoire » et demi-frère du roi. Dans une information légale élaborée huit ans plus tard on lisait :

Quand fut reconnue l’armée du Turc, dans cette bataille navale, ce Miguel de Cervantes se trouvait mal et avec de la fièvre, et ce capitaine… et beaucoup d’autres siens amis lui dirent que, comme il était malade et avait de la fièvre, qu’il restât en bas dans la cabine de la galère ; et ce Miguel de Cervantes demanda ce qu’on dirait de lui, et qu’il ne faisait pas ce qu’il devait, et qu’il préférait mieux mourir en se battant pour Dieu et pour son roi, que ne pas mourir sous couverture, et avec sa santé… Et il se battit comme un vaillant soldat contre ces Turcs dans cette bataille au canon, comme son capitaine lui a demandé et ordonné, avec d’autres soldats. Une fois la bataille terminée, quand le seigneur don Juan sut et entendit comment et combien s’était battu ce Miguel de Cervantes, il lui donna quatre ducats de plus sur sa paye… De cette bataille navale il sortit blessé de deux coups d’arquebuse dans la poitrine et à une main, de laquelle il resta abîmé.

C’est de là que vient le surnom de manchot de Lépante (« el manco de Lepante »). La main gauche ne lui fut pas coupée mais elle s’est ankylosée jusqu’à perdre son mouvement quand un bout de plomb lui a sectionné un nerf. Ces blessures n’ont pas été trop graves, après six mois de séjour dans un hôpital de Messine, Cervantes renoue avec sa vie militaire en 1572. Il prit part aux expéditions navales de Navarino (1572), Corfou, Bizerte, et Tunis (1573). Toutes sous les ordres du capitaine Manuel Ponce de León et dans le régiment du très fameux Lope de Figuero qui apparaît dans Le maire de Zalamea de Pedro Calderón de la Barca.

Plus tard, il a parcouru les villes principales de Sicile et Sardaigne, de Gênes et de la Lombardie. Il resta finalement deux ans à Naples, jusqu’en 1575.

Cervantes s’est ensuite toujours montré très fier d’avoir participé à la bataille de Lépante, qui fut pour lui comme il l’a écrit dans le prologue de Don Quichotte, « le plus grand évènement que virent les siècles passés, présents, et que ceux qui viennent ne peuvent espérer ».

CERVANTES
Plaza de España à Madrid

Captivité à Alger
Pendant son retour depuis Naples en Espagne à bord de la galère Sol, une flotille turque commandée par Arnaut Mamí fit prisonnier Miguel et son frère Rodrigo le 26 septembre 1575. Ils furent capturés à hauteur de Cadaqués de Rosas ou Palamós, situé sur ce qu’on appelle la Costa Brava, ils furent emmenés à Alger. Cervantes est attribué en tant qu’esclave au rénégat grec Dali Mamí. Le fait de trouver en sa possession les lettres de recommandations qu’il portait de la part de don Juan d’Autriche et du Duc de Sessa fit penser à ses geôliers que Cervantes était quelqu’un de très important et de qui ils pourraient obtenir une bonne rançon. Ils demandèrent cinq cent écus d’or pour sa liberté.

Pendant ses cinq ans d’emprisonnement, Cervantes, en homme à l’esprit fort et motivé, essaya de s’échapper à quatre occasions. Pour éviter les représailles sur ses compagnons de captivité, il se fit responsable de tout devant ses ennemis. Il préféra la torture à la délation. Grâce aux sources officielles et au livre de frère Diego de Haedo Topographie et histoire générale d’Alger (1612), on a pu obtenir des informations importantes sur sa captivité. Ces informations sont complémentaires avec ses comédies Los tratos de Argel ; Les bains d’Alger et la relation avec l’histoire du Captif, incluse dans la première partie de Don Quichotte entre les chapitres 39 et 41. Aussi, on sait depuis longtemps que l’œuvre publiée par Haedo n’était pas de lui, chose que lui-même reconnaît. Selon Emilio Sola, son auteur est Antonio de Sosa, qui n’était pas écrivain, bénédictain compagnon de captivité de Cervantes et dialoguiste de cette même œuvre. Daniel Eisenberg pense que l’œuvre n’est pas de Sosa, qui n’était pas écrivain, sinon du grand écrivain captif à Alger, dont les écrits ont de grandes similitudes avec celle de Haedo. Il semble donc que l’œuvre de Haedo n’est plus une confirmation indépendante de la vie de Cervantes à Alger, sinon un écrit de plus de la part de Cervantes et qui portent aux nues son héroïsme.

La première tentative de fugue fut un échec car le complice maure qui devait conduire Cervantes et ses compagnons à Oran les a abandonnés dès le premier jour. Les prisonniers durent retourner à Alger, où ils furent enfermés et mieux gardés qu’avant. Pourtant, la mère de Cervantes avait réussi à réunir une certaine quantité de ducas, avec l’espoir de pouvoir sauver ses deux fils. En 1577, après avoir traité avec les geôliers, la quantité de ducas se révélait insuffisante pour libérer les deux frères. Miguel préféra que ce soit son frère qui soit libéré, qui rentra alors en Espagne. Rodrigo avait un plan élaboré par son frère pour le libérer, lui et ses quatorze ou quinze autres compagnons. Cervantes devait se cacher avec les autres prisonniers dans une grotte, en attente d’une galère espagnole qui viendrait les récupérer. La galère, effectivement, vint et tenta de s’approcher deux fois de la plage ; mais finalement fut prise. Les chrétiens cachés dans la grotte furent aussi découverts, ceci à cause d’un traître, surnommé el Dorador (le Doreur). Cervantes se déclare alors comme le seul responsable de l’organisation de l’évasion et d’avoir convaincu ses compagnons de le suivre. Le roi d’Alger, Azán Bajá, l’enferma dans son « bain » ou prison, chargé de chaînes, où il resta durant cinq mois.

La troisième tentative, conçue par Cervantes dans le but d’arriver par la terre jusqu’à Oran. Il envoya là-bas un maure fidèle avec des lettres pour Martin de Cordoue, général de cette place, en lui explicant et lui demandant des guides. Cependant le messager fut prit et les lettres découvertes. Les lettres dénonçaient Miguel de Cervantes et montraient qu’il avait tout monté. Il fut condamné à recevoir deux mille coups de bâtons, punition non reçue car beaucoup intercédèrent en sa faveur.

La dernière tentative de fuite s’est produite grâce à une importante somme d’argent que lui donna un marchand valencien qui était à Alger. Cervantes acheta une frégate capable de transporter soixante captifs chrétiens. Quand tout était sur le point de réussir, un de ceux qui devaient être libérés, l’ancien dominicain docteur Juan Blanco de Paz, révéla tout le plan à Azán Bajá. Comme récompense le traitre reçu un écu et une jarre de graisse. Azán Bajá transféra alors Cervantes dans une prison plus sure, au sein de son palais. Ensuite, il décida de l’emmener à Constantinople, d’où la fuite deviendrait une entreprise quasi impossible à réaliser. Une fois encore, Cervantes assuma toute la responsabilité.

En mai 1580, les pères Trinitaires, frère Antonio de la Bella et frère Juan Gil arrivèrent à Alger, cet ordre effectuait des tentatives de libération des captifs, y compris en se proposant eux-mêmes comme monnaie d’échange. Frère Antonio partit dans une expédition de sauvetage. Frère Juan Gil, qui ne disposait que de trois cents écus, essaya de sauver Cervantes, pour lequel on en exigeait cinq cents. Le frère se mit alors à récolter parmi les marchands chrétiens la quantité qui manquait. Il réussit à les réunir quand Cervantes était déjà dans une galère en partance pour Constantinople, affrétée par Azán Bajá, attaché avec deux chaînes. Grâce aux cinq cents écus si durement réunis, Cervantes est libéré le 19 septembre 1580. Le 24 octobre il revient enfin en Espagne avec d’autres captifs sauvés également. Il arrive alors à Dénia, d’où il partit pour Valence. En novembre ou décembre, il retrouve sa famille à Madrid.

Retour en Espagne
CERVANTES En mai 1580, Cervantes part au Portugal, où était la cour de Philippe II, dans le but de refaire sa vie et payer les dettes creusées par sa famille pour le sauver d’Alger. On lui confia une mission secrète à Oran, puisqu’il avait une bonne connaissance de la culture et des coutumes de l’Afrique du Nord. Pour ce travail il reçut 50 écus. De retour ensuite à Lisbonne, il revient à la fin de l’année à Madrid. En février 1582, il fait une demande de poste de travail vacant aux Indes ; sans l’obtenir. À cette époque, l’écrivain a des relations amoureuses avec Ana Villafranca (ou Franca) de Rojas, la femme d’Alonso Rodríguez, un tavernier. De cette relation naquit une fille nommée Isabel de Saavedra, qu’il reconnut.

Le 12 décembre 1584, il se marie avec Catalina de Salazar y Palacios dans un village près de Tolède nommé Esquivias. Catalina était une jeune fille qui n’avait pas vingt ans et qui lui apporta une dot modeste. On pense que cette union inféconde fut aussi un échec. Après deux ans de mariage, Cervantes entreprend de grands voyages à travers l’Andalousie. Cervantes est le premier à inaugurer dans la littérature espagnole le thème du divorce, alors impossible dans un pays catholique.

Il est probable que La Galatea fût écrite entre 1581 et 1583, c’est sa première œuvre littéraire remarquable. Elle fut publiée à Alcalá de Henares en 1585. Jusqu’alors il n’avait publié que quelques articles dans des œuvres d’autrui ou des recueils, qui réunissaient les productions de divers poètes.

La Galatea est divisé en six livres, mais seule la « première partie » fut écrte. Cervantes a promis de donner une suite à l’œuvre ; pourtant, elle ne fut jamais imprimée. Dans le prologue, l’œuvre est qualifiée d’« églogue » et il insiste sur l’affection qu’il a toujours eue pour la poésie. C’est un roman pastoral, genre déjà visité en Espagne dans la Diana de Jorge de Montemayor. On peut encore y deviner les lectures qu’il a pu avoir quand il était soldat en Italie.

Le mariage avec Catalina paraissant infécond, les époux se séparèrent au bout de deux ans. Cervantes ne parle jamais de son épouse dans tous ses textes autobiographiques, bien qu’il soit le premier à avoir inauguré le thème du divorce avec L’intermède Le juge des divorces. On suppose que son mariage fut malheureux, alors que dans cet intermède il soutient que « más vale el peor concierto / que no el divorcio mejor » « mieux vaut la pire entente / que le meilleur divorce ».

Dernières années
En 1587, il voyage à travers l’Andalousie en tant qu’intendant de l’Invincible Armada. Il parcourt à nouveau le chemin entre Madrid et l’Andalousie, qui passe par la Castille et la Manche. Cet itinéraire se retrouve dans Rinconete et Cortadillo.

Il s’établit alors à Séville. Plus tard, il travaille en tant que percepteur des impôts. Il est emprisonné en 1597, suite à la faillite de la banque où il déposait les fonds collectés. C’est là qu’il aurait, selon le prologue de l’œuvre, imaginé le personnage de Don Quichotte. On ne sait pas s’il veut dire dans le prologue qu’il a commencé à écrire en prison, ou si c’est seulement l’idée qui lui est venue à ce moment-là.

Cet autre emprisonnement à Castro del Río (Cordoue) fut très bref. Il ne semble pas qu’il soit jamais allé à la grotte de Medrano, à Argamasilla de Alba.

En 1605, il publie la première partie de ce qui sera son chef-d’œuvre : L’ingénieux hidalgo don Quichotte de la Manche. Cette œuvre marqua la fin du réalisme en tant qu’esthétique littéraire et créa le genre du roman moderne, polyphonique, qui aura une très grande influence. La seconde partie n’apparaît pas avant 1615 : L’ingénieux chevallier don Quichotte de la Manche. Cette partie sort deux ans après la parution d’une suite apocryphe signée d’un mystérieux Alonso Fernández de Avellaneda qui, selon certains historiens, ne serait autre que l’écrivain Lope de Vega, ou du moins un de ses disciples et ami, originaire d’Aragon, on pense aussi à un groupe d’amis de Lope.

Les deux œuvres lui donnent un statut dans l’histoire de la littérature universelle et révèlent son auteur, aux côtés de Dante Alighieri, William Shakespeare, Michel de Montaigne et Goethe comme un auteur incontournable de la littérature occidentale.

Entre les deux parties du Don Quichotte, paraissent en 1613 les Nouvelles exemplaires. C’est un ensemble de douze récits brefs, écrits plusieurs années auparavant pour certains. Son inspiration est originale et il tente diverses formules narratives comme la satire lucianesque (Le colloque des chiens), le roman picaresque (Rinconete et Cortadillo), la miscelánea (Le licencié de verre), la nouvelle byzantine (L’Espagnole anglaise, L’amant libéral) ou aussi le roman policier (La force du sang). Pour certaines, comme par exemple Le Jaloux d’Estrémadure, on observe une rédaction alternée redécouverte au XIXe siècle, en témoigne le manuscrit de Porras de la Cámara. Ce recueil de nouvelles aurait suffit pour lui donner un statut important dans l’histoire de la littérature castillane.

La critique littéraire est une constante dans son œuvre. Elle apparaît dans la Galatea et dans Don Quichotte. Il lui consacre le Voyage de Parnasse (1614), long poème en tercets enchaînés. En 1615 il publie Huit comédies et huit intermèdes nouveaux jamais représentés, mais son drame le plus populaire aujourd’hui, Le siège de Numance, plus que Le traité d’Alger, resta inédit jusqu’au XVIIIe siècle.

Le roman les Travaux de Persille et Sigismonde paraît un an après sa mort, sa dédicace au Comte de Lemos fut signée seulement deux jours avant sa mort. Ce roman byzantin, qui prétend concurrencer le modèle classique grec d’Héliodore, connut quelques éditions suplémentaires à son époque ; mais elle fut oubliée et effacée par le triomphe indiscutable du Don Quichotte. Cervantes utilise un groupe de personnages comme fil conducteur de l’œuvre, au lieu de deux. Il anticipe ainsi le réalisme magique. D’une certaine manière, il christianise le modèle original en utilisant le cliché de l’homo viator, en atteignant le point culminant à la fin de l’œuvre avec l’anagnorèse des deux amoureux, appelés jusqu’alors Pérandre et Auristelle dans la ville de Rome :

Nos âmes, comme tu le sais bien et comme on me l’a enseigné ici, se meuvent dans un continuel mouvement et ne peuvent s’arrêter sinon en Dieu, ou en leur centre. Dans cette vie les désirs sont infinis et certains s’enchaînent aux autres et forment une maille qui une fois arrive au ciel et une autre plonge en enfer.

En réalité, ce roman est de structure et d’intention très complexes mais supporte toutefois une interprétation satisfaisante.

L’influence de Cervantes dans la littérature universelle fut telle que l’espagnol est souvent nommé la « langue de Cervantes ».

Il mourut à Madrid en 1616.

Portée artistique

CERVANTES, illustration de Honoré DaumierEn parodiant un genre en déclin, comme les romans de chevalerie, Cervantes a créé un autre genre extrêmement vivace, le roman polyphonique, où se superposent les points de vue qui vont jusqu’à se confondre de manière complexe avec la réalité elle-même, en jouant avec la fiction. À l’époque la poésie épique pouvait aussi s’écrire en prose et avec le précédent de Lope de Vega au théâtre, peu respectueux des modèles classiques, il en résulta le réalisme issu d’une longue tradition littéraire espagnole, depuis le Cantar del Mío Cid, et le popularisa en Europe, où Cervantes eut plus de disciples qu’en Espagne. Le roman réaliste tout entier est marqué par ce chef-d’œuvre. D’autre part, une autre œuvre importante de Cervantes, les Nouvelles exemplaires, démontre la largeur d’esprit et son désir d’expérimenter les structures narratives. Dans ce recueil de nouvelles l’auteur expérimente la nouvelle bizantine (L’Espagnole anglaise), le roman policier ou criminel (La force du sang, Le jaloux d’Estrémadure), le dialogue lucianesque (Le Colloque des chiens), le mélange de sentences et de mots d’esprits (Le licencié de verre), le roman picaresque (Rinconete et Cortadillo), la narration constituée sur une anagnorèse (La petite Gitane), etc.

Publications

Cervantes est aujourd’hui connu comme l’auteur du célèbre roman de Don Quichotte de la Manche (publié à Madrid en deux parties, 1605 et 1615) : il y raille de la manière la plus plaisante le goût des aventures romanesques et chevaleresques qui dominait en son temps. On a aussi de lui :

  • Don Quichotte de la Manche publié à Madrid en deux parties, 1605 et 1615
  • Galatée, roman pastoral, 1584
  • des Nouvelles morales, publiées en 1613 et qui l’ont fait surnommer le Boccace espagnol (Boccace étant un écrivain italien)
  • Persilès et Sigismonde, histoire septentrionale, 1617
  • quelques pièces de théâtre

Publications anciennes

On a donné à Madrid en 1805 une collection de ses œuvres, 16 vol. in-8.

Le Don Quichotte a été souvent imprimé :

  • Charles III d’Espagne en fit faire une édition magnifique en 1780, Madrid, 4 vol. in-4
  • Diego Clemencín en a donné une édition avec commentaire, Madrid, 1833-1835, 6 vol. in-4.

Traductions anciennes

Il a été plusieurs fois traduit en français par :

  • César Oudin, dès 1616
  • François de Rosset, 1618
  • François Filleau de Saint-Martin, 1677
  • Henri Bouchon-Dubournial, 1808
  • François-Henri-Stanislas de l’Aulnaye, 1821
  • Louis Viardot, 1836-1838
  • Jean-Joseph-Stanislas-Albert Damas-Hinard, 1847
  • Furne, 1858, etc.

Dubournial a traduit en outre :

  • Persilès et Sigismonde, 1809
  • Viardot et Romey
  • les Nouvelles (1858)

Alphonse Royer : le Théâtre, 1862 Joseph-Michel Guardia : le Voyage au Parnasse, 1864.

Jean-Pierre Claris de Florian a imité à sa manière Don Quichotte et Galatée.

Sur la monnaie européenne
Son visage, d’après le portrait présumé de Jaúregui, figure sur les pièces de 10, 20 et 50 centimes d’euro espagnoles.

(Source : Wikipedia, licence GFDL)

Castille-La Manche

CASTILLE-LA MANCHELa communauté autonome de Castille-La Manche est une des 17 communautés autonomes d’Espagne.

C’est l’héritière de la région historique de Nouvelle-Castille (Castilla la Nueva), exception faite de la province de Madrid dont il fut décidé qu’elle constituerait une communauté propre, séparée de Castille-La Manche, après la division territoriale de l’Espagne suite à la promulgation de la Constitution de 1978.

Castille-La Manche est limitrophe des communautés autonomes de Castille et León, Madrid, Aragon, Valence, Murcie, Andalousie et Estrémadure.

Castille-La Manche est composée de 5 provinces : Albacete, Ciudad Real, Cuenca, Guadalajara et Tolède.

La capitale de Castille-La Manche est Tolède.

Vidéo de Castille-la-Manche

Histoire de Castille-La Manche

Cette Communauté Autonome est une réalité politique et administrative récente. Cependant, depuis l’Antiquité, de nombreux peuples ont laissé une trace dans cette région. Vers le IVème Siècle av JC, les Ibères et les Celtibères vivaient déjà sur ce territoire. Vers la fin du IIème Siècle av. JC, les historiens font état d’incursions de Romains qui s’installent dans la région. Avec la décadence de l’Empire Romain, diverses tribus germaniques pénètrent dans la Péninsule et les Wisigoths occupent ces terres, choisissant Tolède pour capitale politique et religieuse.

En 711, les Arabes assiègent la Péninsule et entament ainsi une large période de coexistence et de superposition de cultures, religions et langues. Après la désintégration au début du XIème (1031) Siècle du Califat de Cordoue surgissent dans la Péninsule plusieurs royaumes de taifas, parmi lesquels se détache le Royaume médiéval de Tolède, dont le territoire coincide en grande partie avec l’actuelle Castille-La Manche.

Le règne de ces taifas connut un important essor artistique et culturel, mais leur faiblesse politique les rendît plus vulnérables face aux Royaumes Chrétiens, qui avançaient lentement depuis le Nord, conquérant les principales villes et territoires sous le pouvoir musulman; Alphonse VI prit Tolède en 1085, une des villes les plus importantes de Al Andalous; Alphonse VIII prit la ville de Cuenca en 1177, Alphonse X fonda Villa Real en 1255 qui devint par la suite Ciudad Real. De nombreux châteaux et forteresses rappellent que ce territoire médiéval a pendant longtemps constitué une frontière disputée entre Chrétiens et Musulmans. Dans ce processus militaire, la Couronne bénéficiait de l’aide des ordres militaires qui, en échange du paiement de leurs services, se voyaient octroyés des territoires très étendus, devenant ainsi de puissants seigneurs.

Au XVIème Siècle, cette région connut un essor démographique et agricole qui fit notamment diminuer pour le siècle suivant la peste, les famines et l’émigration.

Au XVIIIème Siècle, on assista également à un essor démographique accompagné de l’extension générale de l’agriculture. Les crises successives de la Monarchie, l’étape de la dictature de Primo de Rivera et l’avènement de la IIe République furent vécues dans la région avec une intensité comparable aux autres territoires espagnols. Les décennies qui ont suivi la guerre civile furent marquées par une émigration massive vers les centres urbains des autres régions et à l’étranger. Dans les années 1950 et 1960, plus de 500 000 personnes émigrèrent ainsi majoritairement vers Madrid, Valence et la Catalogne.

La promulgation de la Constitution espagnole de 1978 et la création de l’État des Autonomies sont le point de départ pour une nouvelle ère d’organisation politique.

CASTILLE-LA MANCHEAvant l’instauration du régime des communautés autonomes, la province de Madrid faisait partie intégrante dans un ensemble appelé Nouvelle-Castille, qui a disparu en raison de la grande disparité économique entre la capitale espagnole et les autres provinces. La Nouvelle-Castille était elle-même l’héritière de l’ancien Royaume de Tolède et des terres plus méridionales du Royaume de Castille conquis aux Arabes par Alphonse VI en 1085.

C’est en 1605 qu’est publiée la première édition du livre qui rendît célèbre cette région, Don Quichotte de la Manche, écrit par Miguel de Cervantes et Saavedra.

Le statut actuel de la Communauté Autonome de Castille-La Manche date de 1982. José Bono, membre du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) a été président de cette région de 1983 à 2004, année où il céda son poste à José María Barreda pour devenir Ministre de la Défense.

(Source, licence GFDL)