Belle exposition du peintre Sorolla en Espagne

Plaza de España Séville (photo : ctsnow)

Découvrez le peintre Sorolla et ses oeuvres à travers une exposition qui se déroule à Séville au musée CaixaForum Sevilla.

En effet, l’exposition « Sorolla. Un jardin para pintar » montre comment Joaquín Sorolla a conçu le jardin de sa maison pour en faire un espace de création artistique à l’image de ce qu’il a peint dans ses tableaux.

L’exposition montre ainsi la fascination du peintre espagnol pour les patios et les jardins arabes d’Andalousie et vous avez jusqu’au 15/10/17 pour la découvrir 🙂

Je réserve mon hébergement

Je prépare ma visite de Séville avec un guide

Les 3 musées à voir à Madrid IMMANQUABLEMENT

Musée du Prado à Madrid (photo : marcp_dmoz)

Les amateurs d’art trouveront forcément leur bonheur à Madrid où se situent trois des meilleurs musées d’Europe, à 10 minutes de distance seulement sur le fameux Paseo del Prado.

  1. Le plus important des musées de Madrid est le Museo del Prado (Musée du Prado) qui propose l’art espagnol des 500 dernières années. Vous y retrouverez notamment Goya, El Greco ou encore Velázquez.
  2. Le centre d’art Reina Sofia concerne l’art contemporain pour découvrir les oeuvres de Dalí, Picasso et des artistes de ces 100 dernières années.
  3. Le musée Thyssen-Bornemisza couvre quant à lui une très large période : du moyen-âge à nos jours.

Une application gratuite pour vous accompagner

Enrichissez votre visite dans ces 3 musées grâce à l’application gratuite officielle « Paseo del Arte Imprescindible » (iOS, Android) qui vous offre un audio guide en plusieurs langues des œuvres majeures de chaque musée, sélectionnées par les conservateurs eux-mêmes.

Enfin, n’oubliez pas que si vous prévoyez de visiter ces 3 musées madrilènes, la carte touristique « Madrid Card » est susceptible de vous intéresser (disponible à l’office du tourisme de Madrid mais aussi dans les aéroports, les musées…).

Voir aussi : les 10 meilleurs musées d’Espagne

Pablo Picasso : sa vie, ses oeuvres, les musées

Pablo Ruiz Picasso (né à Malaga) le 25 octobre 1881 et mort le 8 avril 1973 à Mougins (France) était un artiste espagnol. Il est principalement connu pour ses peintures mais fut aussi sculpteur et est l’un des artistes majeurs du XXe siècle. Il est, avec Georges Braque, le fondateur du mouvement cubiste.

Picasso (photo : Dplanet::)
Picasso (photo : Dplanet::)

Biographie de Pablo Picasso

Le nom complet de Pablo Picasso est Pablo Diego Jose Francisco de Paula Juan Nepomuceno Crispin Crispiniano de la Santisima Trinidad Ruiz Blasco Picasso y Lopez. Le père de Picasso était peintre et professeur de dessin à l’école de Malaga appelée « San Telmo ».

En 1895, Picasso entre aux Beaux arts et débute sa carrière en 1898. En 1901 il entre dans sa période bleue : atterré par la mort d’un de ses amis il peint des tableaux plus tristes. En 1904, il entre dans sa période rose, il est au Bateau-Lavoir avec des artistes de sa génération et peint des tableaux plus sentimentaux en s’inspirant du cirque (arlequins, acrobates, dompteurs…). Picasso meurt en 1973 et est enterré dans le parc du château de Vauvenargues dans les Bouches-du-Rhône.

13 journées de la vie de Picasso

Qui sont les enfants de Pablo Picasso ?

  • Paulo Picasso (4 février 1921 – 5 juin 1975) d’avec Olga Khokhlova
  • Maya Picasso (5 septembre 1935 – ) d’avec Marie-Thérèse Walter
  • Claude Picasso (15 mai 1947) d’avec Françoise Gilot
  • Paloma Picasso (19 avril 1949 – ) d’avec Françoise Gilot

Vivre avec Picasso

Oeuvres de Pablo Picasso

Musée Picasso

  • La Première Communion (1895-1896)
  • Femme à la mantille (1894), Musée Picasso (Malaga)
  • Autoportrait mal coiffé (1896) Musée Picasso (Barcelone)
  • Autoportrait aux cheveux courts (1896), Musée Picasso (Barcelone)
  • Autoportrait (1899-1900)
  • Autoportrait Yo, Picasso (printemps 1901), collection particulière (New York)
  • Maternidad, Picasso (1901)
  • Autoportrait : Yo (1901), John Hay Whitney Collection (New York)
  • Dans un café (1902)
  • Autoportrait (fin 1901), Musée Picasso (Paris)
  • Madame Soler (1903), Pinakothek der Moderne, Munich
  • Dama en Eden Concert (1903)
  • Picasso

  • Repasseuse (1903)
  • La tragédie (1903)
  • La Vie (1903)
  • Portrait de Jaime Sabarté (1904)
  • Harlequin, assis (1905)
  • Pablo Picasso

  • Les Saltimbanques (1905)
  • Family of Saltimbanques by Pablo Picasso

  • La Femme à l’Eventail (1905)
  • Portrait de Gertrude Stein (1906)
  • Tête d’un jeune homme (1906)
  • Tête d’une femme (1906)
  • Deux Nus (1906)
  • Autoportrait (printemps 1906), Gellman Collection (Mexico)
  • Autoportrait (été 1906), collection particulière
  • Autoportrait à la palette (été/automne 1906), Philadelphia Museum of Art (Philadelphie)
  • Marin, roulant une cigarette (1907)
  • Autoportrait (été 1907), Národni Gallery (Prague)
  • Les Demoiselles d’Avignon (1907), Museum of Modern Art (New York)
  • NYC - MoMA: Pablo Picasso's Les Demoiselles d'Avignon

  • Nu Jaune (1907)
  • Coupe des fruits aves des poires et des pommes (1908)
  • Maisons sur une colline (Horta de Ebro) (1909)
  • Femme en vert (1909), Abbemuseum, Eindhoven, Holanda
  • Portrait de Georges Braque (1910)
  • Violon (1912)
  • Nature morte à la chaise cannée (printemps 1912), Musée Picasso (Paris)
  • Guitare et journal (1916)
  • Olga Kokhlova à la mantille (1917), Musée Picasso (Malaga)
  • Les Baigneuses (1918)
  • Nature morte devant une fenêtre à St. Raphael (1919)
  • Portrait de la famille Sisley (1919)
  • Baignants (1920)
  • Les Trois Musiciens (1921), Museum of Modern Art (New York)
  • Maternité (1921-1922), Musée Picasso (Malaga)
  • Portrait de Paulo au bonnet blanc (1923), Musée Picasso (Malaga)
  • Olga au col de fourrure (1923), Musée des beaux arts de Lille
  • Paul en Arlequin (1924) Musée Picasso (Paris)
  • Nature morte à la charlotte (1924), Centre Georges-Pompidou (Paris)
  • Buste de jeune fille (1926), portrait de Marie-Thérèse Walter
    au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg.
  • Marie-Thérèse à 21 ans dessin dérobé en février 2007 collection privée
    de Diana Widmaier, petite-fille du peintre.
  • Grand nu au fauteuil rouge (1929), Musée Picasso de Paris
  • Le Sculpteur (1931)
  • La Lecture (1932)
  • Minotauromachie (1935)
  • Femmes lisant (1935)
  • Guernica (1937) (Musée Reina Sofia, Madrid)
  • Maya à la poupée (1937), collection privée de Diana Widmaier, petite-fille
    du peintre (dérobé en février 2007)
  • La femme qui pleure (1937)
  • Maya à la poupée et au cheval de bois, huile sur toile datée du 22 janvier (1938)
  • Portrait de femme au col vert (1938), Musée Picasso (Málaga)
  • Dora Maar au chat (1941), collection particulière
  • NYC - MoMA: Pablo Picasso's Studio with Plaster Head

  • La Colombe de la paix (1949)
  • Buste de femme, les bras croisés derrière la tête (1939), Musée Picasso (Malaga)
  • Le pull-over jaune (1939)
  • Femme dans un fauteuil (1946), Musée Picasso (Malaga)
  • Massacre en Corée (1951)
  • Madame Z ou Jacqueline aux fleurs (1954), collection particulière
  • Jacqueline au rocking-chair (1954), Pinacothèque de Paris
  • Jacqueline assise (1954), Musée Picasso (Malaga)
  • Jacqueline en costume turc (avril 1955), collection particulière
  • Jacqueline assise (1955)
  • Las palomas (1957)
  • Homme assis (autoportrait) (1965), collection particulière
  • Le Matador (1970)
  • Baigneuse (1971), Musée Picasso (Malaga)
  • Autoportrait (30 juin 1972), Fuji Television Gallery (Tokyo)
  • Las Meninas
  • Tête d’Harlequin

NYC - Metropolitan Museum of Art: Pablo Picasso's Mandolin, Fruit Bowl, and Plaster Arm

Périodes artistiques de Picasso

Premières peintures

Pablo Picasso a ainsi commencé la peinture dès son plus jeune âge et réalise ses premiers tableaux à huit ans. En 1895, il entre à l’école des Beaux-Arts de Barcelone. Signant d’abord du nom de son père, Ruiz Blasco, il choisit finalement d’utiliser le nom de sa mère, Picasso, à partir de 1901.

Période bleue

La période bleue correspond aux années 1901-1903. Son nom vient du fait que le bleu est la teinte dominante de ses tableaux à cette époque, qui a débutée avec le suicide de son ami Carlos Casagemas ce qui explique qu’elle soit marquée par les thèmes de la mort, de la vieillesse et de la pauvreté, ce qui ne l’empêche pas d’être satirique. Les pauvres, les mendiants et les aveugles sont largement décrits dans les tableaux de cette époque : Dama en Eden Concert (1903), La Vida (1903), Las Dos hermanas (1904). On peut ajouter que Picasso en peignant ses tableaux exprime la mélancolie. La période rose sera, elle, plus gaie, il utilisera des couleurs telles que le rouge et le rose.

Le mystère Picasso

Période rose

À partir de 1904, Pablo Picasso s’installe à Paris, au Bateau-Lavoir. Il y rencontre sa première compagne : Fernande Olivier. C’est le début de la période rose. Comme précédemment, c’est l’utilisation des teintes rougées qui explique cette dénomination. Les thèmes abordés sont la joie et l’inquiétude existentielle. Ils restent mélancoliques et dominés par l’amour ; on y trouve aussi de nombreuses références au monde du zoo. Il peint des masques, arlequins et clown. Picasso privilégia pendant cette période le travail sur le trait, le dessin, plutôt que sur la couleur…

Influences africaines

La période de Picasso sous influence africaine (1907-1909) est marquée au débit par les deux figures du côté droit des Demoiselles d’Avignon, qui ont été inspirées par les masques africains que Picasso possédait.

Picasso ceramic fish

Cubisme

De 1907 à 1914, Pablo Picasso réalise avec Georges Braque des peintures qui seront appelées «cubistes». Elles sont caractérisées par une recherche sur la géométrie et les formes représentées : tous les objets se retrouvent divisés et réduits en formes géométriques simples, souvent des carrés. Cela signifie en fait qu’un objet n’est pas représenté tel qu’il apparaît visiblement, mais par des codes correspondant à sa réalité connue.

L’œuvre fondatrice du cubisme est Les Demoiselles d’Avignon en 1907.

Le cubisme consiste aussi à représenter sur une toile en deux dimensions un objet de l’espace. Pablo Picasso décompose l’image en multiples facettes (ou cubes, d’où le nom de « cubisme ») et détruit les formes du réel pour plonger dans des figures parfois étranges (comme une figure représentée sur une moitié de face, et sur l’autre de côté ).

Trois formes de cubisme émergent : le précubisme ou cubisme cézannien, le cubisme analytique et le cubisme synthétique.

Pendant la Première Guerre mondiale, Pablo Picasso séjourna à Rome avec Jean Cocteau, travaillant comme décorateur pour le ballet Parade de Léonide Massine et les Ballets russes de Serge de Diaghilev, sur une musique d’Erik Satie. Pablo Picasso y rencontra la danseuse Olga Kokhlova qui devint sa femme. Dans une veine décorative, Picasso réalisa plusieurs portraits d’elle et de leur fils (Paul en Pierrot en 1925). Au début des années 1920, dans un climat de reconnaissance mondaine, il peignit des tableaux marqués par un retour à la figuration et au classicisme : Trois Femmes à la fontaine (1921), et des œuvres inspirées par la mythologie comme les Flûtes de Pan (1923).

Surréalisme

L’année 1925 fut celle d’une rupture radicale dans la production du peintre. Il peignit des tableaux très violents montrant des créatures difformes, convulsives, prises dans les rets d’une rage hystérique : Femme dans un fauteuil (1927) et Baigneuse assise (1930). L’influence des poètes surréalistes fut indéniable dans cette volonté de dépeindre de l’intérieur l’enfer personnel. Cependant il adoptait une approche plus pragmatique que celle du « rêve calqué sur la toile » des surréalistes.

NYC - MoMA: Pablo Picasso's The Studio

Guernica et pacifisme

À la suite du bombardement de Guernica pendant la guerre civile espagnole, en 1937, Picasso réalise l’une de ses œuvres les plus célèbres : Guernica. Elle symbolise toute l’horreur de la guerre et la colère ressentie par Picasso à la mort de nombreuses victimes innocentes, causée par le bombardement des avions nazis à la demande du général Franco. Chez lui à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, Picasso rencontra dans son atelier des officiers allemands très intéressés par son travail. Les officiers aperçurent la célèbre peinture Guernica et lui demandèrent : « C’est vous qui avez fait ça ? », Picasso répondit : « Non, c’est vous ». Très opposé à la guerre, il peint la célèbre Colombe de la paix (1949) à l’occasion de son adhésion au Conseil Mondial de la Paix. Il reçoit à ce titre un prix international de la paix en 1955.

De Picasso à Guernica : Généalogie d’un tableau

Depuis 1985, une reproduction du tableau siège à l’entrée du conseil de sécurité de l’ONU à New York. Elle y a été placée pour rappeler les horreurs de la guerre. Néanmoins, le 5 février 2003, un grand voile bleu recouvrait la puissante œuvre anti-guerre alors que Colin Powell et John Negroponte tentaient de trouver des appuis à la guerre en Irak au Conseil. Selon les diplomates américains, «il serait inapproprié que Collin Powell parle aux médias du monde de la guerre en Irak entre l’image d’un cheval agonisant et d’une mère tenant son enfant mort entre les mains».

Engagement au parti communiste

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ses tableaux deviennent plus optimistes, plus gais, montrant, comme l’indique le titre d’un tableau de 1946, la Joie de vivre qu’il ressent alors.

PICASSO

Période de Vallauris

Le 15 mai 1947, nait son fils Claude. En juin, il part pour Golfe-Juan. Lorsque Picasso visite Vallauris à l’été 1946, il se rend chez Georges et Suzanne Ramié et modèle trois pièces de céramique. Lorsqu’il reviendra l’année suivante, il retrouve ses pièces et débute alors une période intense de production de céramique qu’on estime à près de 4500 pièces. Il s’installera à Vallauris en 1948 avec Françoise Gilot.

Le 25 août 1948, Picasso va au le Congrès des Intellectuels pour la Paix à Wroclaw. Il revient à Vallauris à la mi-septembre. Il peint les deux versions de La cuisine (Paris, Musée Picasso et New-York, Museum of Modern Art).

En février 1949, La colombe est choisie par Aragon pour l’affiche du Congrès de la Paix qui ouvre à Paris le 20 avril. Le 19 avril, nait Paloma.

Le 6 août 1950, Laurent Casanova inaugure L’homme au mouton à Vallauris. Picasso exécute La chèvre, La femme à la poussette, la Petite fille sautant à la corde (Paris, Musée Picasso).

Le 15 janvier 1951, il peint Massacre en Corée (Paris, Musée Picasso).
En 1952, il dessine La guerre et la Paix pour la décoration de la chapelle de Vallauris, il écrit une seconde pièce de théâtre : Les quatre petites filles.

Pablo Picasso

L’affaire du Portrait de Staline dans Les Lettres françaises se déroule en mars 1953. Françoise Gilot part pour Paris avec les enfants. Il fait les portraits de Sylvette David, en avril 1954. En juin, il rencontre Jacqueline Roque. C’est en décembre que débute la série des variations sur les Femmes d’Alger de Delacroix. Il s’installe en mai 1955, avec Jacqueline, à la villa La Californie à Cannes. En juin , a lieu une rétrospective au Musée des Arts Décoratifs. Pendant l’été il travaille avec Henri-Georges Clouzot pour le film le Mystère Picasso.

En 1956, Les baigneurs, les sculptures en bois (Stuttgard, Staatsgalerie) sont coulées en bronze (Paris, Musée Picasso). Il peint L’atelier de La Californie (Paris, Musée Picasso).

Le 17 août 1957, il commence le travail sur Les Ménines (Barcelone, Musée Picasso). Le 29 mars 1958 a lieu la présentation de la décoration pour l’UNESCO : La chute d’Icare. En septembre, Picasso achète le château de Vauvenargues et peint La baie de Cannes (Paris, Musée Picasso). Les premiers dessins d’après Le déjeuner sur l’herbe de Manet sont faits le 10 août 1959.

Il se marie avec Jacqueline à Vallauris, le 2 mars 1961, et en juin, s’installe au mas Notre-Dame-de-Vie à Mougins (près de Cannes). Il travaille sur les tôles découpées et peintes, La chaise, la Femme aux bras écartés, la Femme à l’enfant, les Footballeurs (Paris, Musée Picasso).

En novembre 1962, il peint, L’enlèvement des sabines dont une version se trouve au Musée National d’Art Moderne de Paris. L’inauguration de la rétrospective au Grand Palais et au Petit Palais se déroule le 19 novembre 1966. Au printemps 1967, Picasso est expulsé de son atelier des Grands-Augustins.

En janvier 1970, le Musée Picasso de Barcelone reçoit la donation des œuvres conservées par sa famille. Une exposition se déroule au Palais des Papes d’Avignon de mai à octobre.

En avril 1971, la galerie Louise Leiris expose les 194 dessins réalisés entre le 15 décembre 1969 et le 12 janvier 1971. Nouvelle exposition à la galerie Louise Leiris, en janvier 1973, qui montre cette fois les 156 gravures réalisées entre fin 1970 et mars 1972.

Picasso décéde le 8 avril 1973, et est enterré dans le parc du château de Vauvenargues dans les Bouches-du-Rhône.

Une exposition de 201 toiles se tient au Palais des Papes d’Avignon de mai à septembre 1973.

Les musées Picasso à travers le monde

Museu Picasso

  • Musée Picasso (Barcelone)
  • Musée Picasso (Horta de Sant Joan)
  • Musée Picasso (Lucerne)
  • Musée Picasso (Madrid)
  • Musée Picasso (Malaga)
  • Musée Picasso (Münster)
  • Musée Picasso (Paris)
  • Musée Picasso de Vallauris
  • Musée Picasso d’Antibes (Source : Wikipedia)

Salvador Dalí : oeuvres, peintures, biographie, tableaux

SALVADOR DALI

Salvador Dalí (11 mai 1904 – 23 janvier 1989) était un peintre surréaliste.

De son vrai nom Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí Domènech, Salvador Dalí est né et mort à Figueres en Catalogne (Espagne).

C’est d’ailleurs à Figueres qu’il créa son propre musée en 1974, le Teatre-Museu Gala Salvador Dalí.

En 2013-2013, une exposition Dalí est proposée à Paris au Centre Georges Pompidou.

Biographie de Salvador Dalí

La région de son enfance, la Catalogne, aura toujours une place privilégiée dans son œuvre comme dans sa vie. Son père Don Salvador Dalí y Cusi était un homme autoritaire et aurait été responsable de la mort du frère ainé de Dalí appelé Salvador, né le 11 mai 1901 et décédé deux années plus tard.

À sept ans, Salvador Dalí peint son premier tableau et veut être Napoléon. En 1918, après un bac obtenu facilement, ilentre à l’École des Beaux-Arts de San Fernando, à Madrid. Il se lie d’amitié avec Federico García Lorca et Luis Buñuel mais l’enseignement le déçoit et il se fait expulser pour avoir incité les étudiants à manifester contre l’incompétence d’un nouveau professeur.

En 1926, Salvador Dalí fait un premier voyage à Paris et y rencontre Pablo Picasso. Trois ans plus tard, il retourne dans la capitale française, en compagnie de Buñuel, pour le tournage d’Un chien andalou.

C’est la rencontre décisive avec les surréalistes : Louis Aragon, André Breton, Paul Éluard, Tristan Tzara… et sa femme, Gala. L’apparition de celle-ci est une révélation : il l’a rêvée et peinte avant de la connaître ; ils ne se quitteront plus.

En 1932, Salvador Dalí participe à la première exposition surréaliste aux États-Unis et obtient un succès triomphal. Il accumule les idées et Gala essaye de vendre ses inventions souvent jugées trop folles.

De 1939 à 1948, il s’exile à New York et ses toiles témoignent de ses découvertes du nouveau continent (Poésie d’Amérique, par exemple).

Pour pénétrer dans la réalité, j’ai l’intuition géniale que je dispose d’une arme extraordinaire : le mysticisme, c’est-à-dire l’intuition profonde de ce qui est, la communication immédiate avec le tout, la vision absolue par la grâce de la vérité, par la grâce divine.

Cette profession de mysticisme, Salvador Dalí va l’appliquer jusqu’à la fin de sa vie aux œuvres qu’il lui reste à créer. Le gigantisme atteint ses dernières toiles, grouillantes de personnages dionysiaques, où il réunit toutes les tendances en -isme : pointillisme, surréalisme, tachisme…

Salvador Dalí s’intéressa aussi à bien d’autres arts et fut en particulier fasciné par le cinéma, la photographie, la mode ou la publicité. En outre, il était passionné par les sciences, notamment par la théorie de la relativité d’Albert Einstein qu’il a représentée à sa façon dans les célèbres « montres molles » de son tableau Persistance de la mémoire.

Selon le couple Lacroix, en 1980, Salvador Dalí aurait semble-t-il été victime d’une dépression nerveuse et ses proches vont commencer à régenter les visites que le maître reçoit.

Gala meurt en 1982 ; la même année, Salvador Dalí est fait marquis de Pubol où il vit dans le château qu’il a offert à sa femme.

En mai 1983, il peint son dernier tableau, La queue d’aronde. En 1984, Salvador Dalí est très gravement brûlé lors de l’incendie de sa chambre, au château de Pubol. Il meurt le 23 janvier 1989 d’une défaillance cardiaque. Conformément à sa volonté, Salvador Dalí se fera embaumer puis exposer dans son « Teatre-Museu », où il repose désormais. Une simple pierre indique le lieu de sa sépulture. Par testament, il légue l’ensemble de ses biens et de son œuvre à l’État espagnol.

Les œuvres de Salvador Dalí

Liste non exhaustive de ses œuvres :

  • 1929 : L’énigme du désir : ma mère, ma mère, ma mère – Portrait de Paul Éluard
  • 1930 : Fonctionnement symbolique d’un objet scatologique
  • 1931 : La persistance de la mémoire.
  • Hallucination partielle Six images de Lénine sur un piano
  • 1932 : Méditation sur la harpe « naissances des plaisirs liquides »
  • 1934 : Enfant géopolitique observant la naissance de l’homme nouveau – Vestiges ataviques après la pluie – Le sevrage du meuble-aliment
  • 1935 : Réminiscence archéologique de l’Angelus de Millet
  • 1936 : Construction molle avec des haricots bouillis : Prémonition de la guerre civile – Cannibalisme en automne – Les Girafes allégées – Le Téléphone homard
  • 1937 : La Métamorphose de Narcisse – Cygnes réfléchissant des éléphants
  • 1939 : Le Rêve de Vénus, Shirley Temple, le monstre le plus jeune, le plus sacré de son temps
  • 1940 : Marché d’esclaves avec le buste de Voltaire disparaissant
  • 1940 : Vieillesse, adolescance, enfance
  • 1941 : Le Miel est plus doux que le sang
  • 1944 : Rêve causé par le vol d’une abeille autour d’une pomme-grenade une seconde avant l’éveil
  • 1946 : La Tentation de Saint Antoine
  • 1948 : Léda Atomica
  • 1948 : Les éléphants
  • 1949 : La Madone de Port Lligat
  • 1949 : La Maison Surréaliste
  • 1951 : Le Christ de Saint Jean de la Croix
  • 1954 : Dalí nu en contemplation devant cinq corps réguliers métamorphosés en corpuscules, dans lesquels apparaît soudainement la Léda chromosomatisée par le visage de Gala – Le Colosse de Rhodes – Crucifixion – Jeune vierge autosodomisée par sa propre chasteté – Autoportrait en Mona Lisa
  • 1956 : Nature morte vivante
  • 1959 : Paysage aux Papillons – Apparition du visage d’Aphrodite
  • 1965 : La Gare de Perpignan
  • 1969 : Le Toréador halluciné
  • 1972 : La Toile Dalígram
  • 1972 : Un Christ dentrite long de 12 mètres composé avec des débris laissés sur la plage après une terrible tempête.

L’œuvre de Salvador Dalí

Dalí et le monde de la publicité
Salvador Dalí n’a pas hésité à s’immerger dans la culture populaire à travers la publicité, pour laquelle il a créé des couvertures de magazines américains comme The American Weekly, Vogue, Town & Country, des pochettes de disques et a travaillé pour les collants Bryans Hosiery, la bouteille Perrier, pour Alka Seltzer, pour Datsun et surtout il a joué dans l’inoubliable spot à l’humour décalé « Je suis fou, du chocolat Lanvin ! ».

Dans l’autre sens, Salvador Dalí a utilisé la publicité dans ses œuvres, tout en y intégrant des clins d’œil à la psychanalyse ou aux travaux sur la relativité, par exemple : Projet interprétatif pour un bureau étable, bébé Pervers polymorphe de Freud, Appareil et la main, La Madone de Raphaël à la vitesse maximum. Salvador Dalí a aussi utilisé et détourné les techniques manipulatoires de la publicité pour réaliser son autopromotion dans le journal satirique Dalí News.

Dalí et le monde du cinéma
Salvador Dalí a aussi participé à la réalisation de plusieurs films :

  • en complicité avec Luis Buñuel, il a ouvert la voie au cinéma surréaliste avec deux films emblématiques : Un chien andalou en 1929 et L’Âge d’or en 1930 ;
  • en 1945, pour le film d’Alfred Hitchcock, La Maison du docteur Edwardes, il réalisa le décor de la scène du rêve (spellbound).

Dalí a fait 2 films :

  • au cours des années 50, réalisé par Robert Descharnes L’aventure prodigieuse de la Dentelliere et du Rhinocéros, association d’images et objets par la courbe logarithmique et le nombre d’or.
  • en 1979, réalisé par José Montes Baquer Voyage en Haute Mongolie.

Le Septième Art et Hollywood l’ont aussi inspiré :

  • dans le tableau Shirley Temple, le monstre le plus jeune, le plus sacré du cinéma de son temps (1939), en sirène dévorant ses victimes ;
  • Les éléments du visage de Mae West, utilisés pour la décoration d’un appartement cosy où l’on remarque le Mae West Lips Sofa, sofa rouge inspiré des lèvres de l’artiste ;
  • En 1941, Salvador Dalí commença à réaliser pour Walt Disney, un dessin animé de six minutes, appelé Destino. Cinq ans après, 15 secondes seulement avaient été réalisées et ce travail ne fut finalement terminé qu’en 2002.

Dalí a aussi réalisé seul des courts films expérimentaux surréalistes où il se met en scène.

Les rapports de Dalí avec le cinéma ont fait l’objet en 2004 d’un film documentaire intitulé Cinéma Dalí.

Dalí et le monde du théâtre
Salvador Dalí a également participé à plusieurs projets liés au théâtre :

  • en 1927, il collabore avec Federico García Lorca pour la pièce Marina Pineda ;
  • il fut l’auteur du livret de Bacchanale, inspiré du Tannhäuser de Richard Wagner

Dalí et le monde de la mode
Dans le cadre de la pièce Bacchanale, Salvador Dalí collabora avec Coco Chanel pour dessiner les costumes et les décors ;

  • Dans les années 1930, il participa à la création de quelques modèles de chapeaux dont un célèbre en forme de chaussure et avec la couturière Elsa Schiaparelli, il créa la robe « homard » ;
  • en 1950, avec Christian Dior, Salvador Dalí imagina le fameux Costume de l’année 1945 à tiroirs.
  • En 1972, alors qu’Elvis Presley lui rend visite, Salvador Dalí est tellement fasciné par sa chemise « country » à motifs brodés et boutons de nacre que le chanteur la lui offre. Salvador Dalí la porte alors pour peindre « Dalí avec la chemise d’Elvis ».
  • Dalí et la mode : depuis fin 2006, l’Espace Dalí à Paris a décidé, pour perpétuer cette relation entre Dalí et le monde de la mode, de demander aux plus prestigieux noms de la Haute Couture française et internationale d’imaginer une « robe-hommage » au Maître. Le résultat ? Des créations surprenantes, magiques, surréalistes signées Paco Rabanne, Sonia Rykiel, Loris Azzaro, Hanae Mori, Moschino, Paul Smith, Trussardi…

Dalí, le design et la mode
Salvador Dalí, tout au long de sa vie et de son œuvre, a maintenu une longue et intense relation avec le monde polymorphique de la mode. Dans son désir permanent de matérialiser la capacité créative sans limite qui le singularisait, il explora les registres créatifs les plus hétérogènes du secteur de la mode, en laissant dans chacun d’eux sa marque de fabrique particulière.

Parmi les inventions dalíniennes dans le domaine de ce que nous pourrions appeler « la mode virtuelle » — puisque ses modèles sous forme d’écritures et de dessins, n’ont pas été réalisés — nous pouvons citer :

  • Les robes, avec de fausses intercalaires et bourrées d’anatomies factices, destinées à exciter l’imagination érotique, comme Salvador Dalí lui-même le commentait dans Vogue : « Toutes les femmes avec de faux seins dans le dos — insérés exactement à la place des omoplates — jouiront d’un aspect ailé. »
  • Le maquillage au niveau des joues creuses pour éliminer les ombres sous les yeux.
  • Les lunettes kaléidoscopiques particulièrement recommandées en voiture pendant les voyages ennuyeux.
  • Les faux ongles composés de mini miroirs dans lesquels on peut se contempler, spécialement adaptés pour accompagner les costumes du soir.
  • Les chaussures musicales de printemps pour égayer les promenades.

Mais Salvador Dalí ne se limita pas à imaginer des croquis de mode « virtuels », il collabora aussi à la réalisation de dessins « réels » comme :

  • Les robes qu’Edward James lui demanda de créer pour son amie l’actrice Ruth Ford et qui furent réalisées par Elsa Schiaparelli, la couturière italienne de Haute Couture installée à Paris, avec qui il collabora tout au long des années 1980 pour les motifs des tissus et pour les dessins de décoration de ses robes et chapeaux, parmi eux, le célèbre « chapeau-chaussure » qui fait déjà partie de l’imaginaire du surréaliste.
  • Les modèles pour les représentations sur scène : de ses premiers croquis avec la réalisation des costumes du modèle Mariana Pineda jusqu’à ses dessins pour de nombreux ballets et œuvres de théâtre, dans lequel participaient parmi les plus connus, les modèles que son amie Coco Chanel avait créés pour « Bacchanale », le premier ballet « paranoïaque-kinétique ».
  • MUSEE SALVADOR DALI (FIGUERES)

  • Les maillots de bain féminins qui compriment totalement les seins, pour camoufler le buste et donner ainsi un aspect angélique.
  • Le smoking aphrodisiaque recouvert de verres de liqueur remplis de peppermint frappé.
  • Les cravates que Georges McCurrach lui demanda de dessiner avec les motifs iconographiques emblématiques Dalíniens : les lèvres collées à un téléphone-langouste, des fourmis pullulant sur les montres molles…
  • Le design capillaire de ses moustaches-antennes métamorphiques.
  • Les flacons de parfums Dalíniens, de « Rock and Roll » dessinés par Mrs Mafalda Davis — une « eau de toilette » pour homme qui se vendait plus cher que Dior — jusqu’à son dernier parfum dont le flacon s’inspirait de « L’apparition du visage de l’Aphrodite de Cnide dans un paysage. », en passant par « Shocking », le parfum rose de Schiaparelli dont il réalisa la publicité.
  • Les fantastiques bijoux que Gala, grande admiratrice du bijoutier mythique Fabergé, l’invita à dessiner à partir de ses propres iconographies.
  • La publicité pour les entreprises de mode américaine, comme la célèbre campagne de publicité pour les bas Bryans que Vogue publia.
  • Les déguisements pour les danses de carême, en commençant par la polémique sur la tenue de Gala dans « la danse onirique » réalisée en son honneur par Caresse Crosby dans le Coq Rouge de New York, jusqu’aux robes vénitiennes démesurément longues pour le bal du Carnaval au Palazo Beistegui, que Christian Dior réalisa à partir d’un dessin de Salvador Dalí.

Mais le dandy qu’était Salvador Dalí (il réussit à se faire élire Homme le plus élégant en France) ne s’est pas limité à concevoir des modèles pour ses femmes aux hanches proéminentes (les femmes coccyx) et imberbes au niveau des aisselles (comme les nordiques du type de Greta Garbo) au contraire, dans le cadre de son roman « Hidden Faces », il conçut une maison de couture pour les voitures aux lignes aérodynamiques : robes du soir très formelles avec d’énormes cols rabattus, toilettes du soir très élégantes aux décolletés profonds faisant ressortir les radiateurs entre des froufrous d’organdi et de larges bandes de satin pour les soirées de Gala !

Hermine pour tapisser les capotes convertibles des décapotables, avec les poignées des portières en peau de phoque et manchon de bison pour couvrir le moteur ! La matérialisation de ce design Dalínien doublait automatiquement les podiums de mode et le passage des automobiles accessoirisées augmentait la part du fantastique…

La Toile Daligram
Salvador Dalí crée La Toile Daligram à la fin des années 1960, à partir d’un étui de Louis Vuitton. Il réinterprète les monogrammes de La Maison Vuitton et décline sa propre ligne d’objets monogrammés, les « Daligrammes », pour lui et Gala, mais aussi pour les offrir à ses amis et aux collectionneurs de ses œuvres.

Salvador Dalí, tout au long de son existence, a ressenti une passion intarissable pour le graphisme. On retrouve une profusion délirante de ses dessins graphiques dès ses premières esquisses, dans ses cahiers et manuels scolaires, jusqu’au Traité d’Ecriture Catastrophéiforme, un manuscrit de vingt-neuf pages calligraphiées, qu’il écrivit de manière impulsive après la mort de Gala.

Déjà cloîtré dans son Château de Púbol, il passa par les lettres qu’il inventa pour créer un alphabet Dalínien alors qu’il se trouvait plongé au milieu du chemin de sa dantesque vie.

Ces Daligrammes orthographiques de Artsmode Network S.A, dessinés spécifiquement par Dalí pour les article de maroquinerie, établissent un lien frappant avec les monogrammes et les calligraphies du légendaire malletier Louis Vuitton, dont le design des valises, des secrétaires, des sacs de voyage et de tous types d’accessoires conjuguent l’art du voyage avec l’art de vivre, des arts qui au sein de l’esthétique Dalínienne se transforment en une machine de guerre au service du désir, dans sa lutte contre la suprématie du Principe de Réalité.

Dalí et la science
Dalí était un avide lecteur de littérature scientifique qui recherchait la compagnie des hommes de science, parmi lesquels des prix Nobel, avec lesquels il pouvait discuter aussi bien de mécanique quantique que de mathématiques ou de génétique. Sa fascination pour la science se retrouve dans son art. Cet aspect méconnu de sa personnalité a fait l’objet en 2004 d’un film documentaire intitulé The Dali Dimension: A Genius’ Lifelong Obsession with Science.

Désintégration de la persistance de la mémoire
Salvador Dalí, dans le préambule de son Manifeste de l’Antimatière (1958) explique :

Durant la période surréaliste, j’ai voulu créer l’iconographie du monde intérieur, le monde merveilleux de mon père Freud et j’y suis arrivé. A partir des années 1950, le monde extérieur — celui de la physique — a transcendé celui de la psychologie. Mon père, aujourd’hui, est le Docteur Heisenberg.

Se référant au chercheur allemand, spécialisé dans le domaine de la mécanique quantique, qui reçu le Prix Nobel en 1932. « Désintégration de la persistance de la mémoire », née entre 1952 et 1954 et qui reprend « La persistance de la Mémoire » (1931), constitue une œuvre emblématique de cette soi-disante reconversion des coordonnées de la cosmogonie psychanalytique en coordonnées de la quatrième dimension, modulées par la relativité de l’interaction espaciotemporelle au sein de l’équation espace-temps : une nouvelle cosmogonie engendrée par la Révolution scientifique du milieu du siècle dernier.

De l’exploration freudienne de la persistance de la mémoire inconsciente du sujet humain, nous passons à la vertigineuse démolition des structures de la matière réalisée à l’aide de la physique nucléaire, où dans cet espace corpusculaire, les montres molles de l’imagination onirique pénètrent à l’intérieur des particules microscopiques. La méthode paranoïaque-critique, télédirigée par le nucléaire mystique, nous donne accès à la nouvelle cosmogonie Dalínienne, où nous pouvons admirer la persistance de la mémoire en voie de désintégration et la matière en processus permanent de dématérialisation.

Dalí et le monde de la photographie
Salvador Dalí montra aussi un réel intérêt pour la photographie à laquelle il donna une place importante dans son œuvre. Il harmonise les décors et les photographes comme un peintre travaille sa toile avec ses pinceaux.

Dalí photographe est la révélation d’une partie majeure et méconnue de la création dalinienne. Il travailla avec des photographes comme Man Ray, Brassaï, Cecil Beaton, Philippe Halsman. Avec ce dernier il créa la fameuse série Dalí Atomicus. C’est sans aucuns doute Robert Descharnes, son ami collaborateur-photographe pendant 40 années, qui a fait le plus de clichés de Dalí, l’homme et son oeuvre.

Dalí à Paris en 1934, par Carl Van Vechten

Avec le photographe de mode Marc Lacroix, Salvador Dalí posa, en 1970, pour une série de portraits où il s’est mis en scène, dans des photos délirantes : « Dalí à la couronne d’araignée de mer », « Dalí à la chemise d’Elvis Presley », « Dalí à l’oreille fleurie », « Avida Dollars », avec le portrait de Salvador Dalí, au-dessus d’une enseigne de la Banque de France, entouré de billets à son effigie, « Dalí en extase au-dessus d’un nid d’oursins dans la piscine phallique », etc.

Toujours avec Marc Lacroix, Salvador Dalí va tenter une expérience à laquelle il songe depuis toujours : la peinture en trois dimensions, qui se concrétisera dans le tableau « Huit Pupilles », fait à l’aide d’un appareil-prototype à prise de vue stéréoscopique : des images doubles presque similaires qui observées simultanément deviennent, par la magie des lois de l’optique, une seule et même image avec une profondeur.

Dalí sculpteur
Le souhait de Dalí était de traduire en volume et matière solide les fétiches et obsessions issus de son inconscient. C’est ainsi qu’il restitua sous forme de sculptures les grands thèmes de son œuvre picturale.

Dans la « Vie secrète », l’un de ses récits autobiographiques, Salvador Dalí raconte qu’enfant, il fit un modelage de la Venus de Milo car elle figurait sur sa boîte de crayon : ce fut son premier essai de sculpture.

Dès les années 30, Dalí s’essaye à la troisième dimension. En tant qu’artiste surréaliste tentant de traduire l’inconscient, les rêves, les sentiments et dans la lignée de Marcel Duchamp avec ses ready-made (Fontaine 1917), il s’intéresse à l’art de « l’objet » utilisant des matériaux et des matières inattendues.

SALVADOR DALI

Conçues par Dalí et réalisées à partir de ses plus célèbres tableaux, les sculptures en bronze, telles que la Persistance de la Mémoire, le Profil du Temps, la Noblesse du Temps, Vénus à la girafe, Le Toréador hallucinogène, La Vénus spatiale, Alice au pays des Merveilles, l’Eléphant spatial témoignent avec une vigueur extrême de la force d’expression de ses images iconographiques surréelles.

L’Espace Dalí à Paris présente la collection comprennant plus d’une quinzaine de sculptures originales conférant à cette exposition son statut de plus importante collection en France.

Dalí et l’architecture
En 1939, pour l’exposition universelle, il créa le pavillon Dream of Venus. Il s’agissait d’une attraction foraine surréaliste, avec entre autres, une Vénus terrassée par la fièvre de l’amour sur un lit de satin rouge, des sirènes et des girafes. De cette maison, il n’en reste plus que le souvenir, une quarantaine de photos d’Éric Schaal, un film de huit minutes, et le somptueux quadriptyque aux montres molles, conservé au Japon.

Le peintre a fait du surréalisme un art de vivre. À Port Lligat en Catalogne, Salvador Dalí a décoré sa maison à sa manière, « en prince du kitsch, de l’ironie et de la dérision ».

Dalí et la littérature
Salvador Dalí a écrit, pendant la guerre, un unique roman Visages Cachés. Il y met en scène l’aristocratie française durant cette même guerre et notamment la passion amoureuse de deux personnages, le duc de Grandsailles et Solange de Cléda.

Dalí est également l’auteur de textes qui exposent ses idées, sa conception de la peinture et donnent des éléments biographiques très intéressants pour comprendre la genèse de certains de ses tableaux. Ces textes qui ont élé longtemps difficiles à trouver sont actuellement réédités sous les titres suivants :

  • La vie secrète de Salvador Dalí qui donne les éléments biographiques les plus intéressants notamment sur son enfance, ses relations problématiques avec son père et la conviction acquise dès l’enfance qu’il était un génie.
  • Journal d’un génie qui couvre les années 1952 à 1963.
  • Oui qui expose ses conceptions théoriques dans deux grands textes : La révolution paranoïaque-critique qui est sans doute l’un de ses textes les plus importants et L’archangélisme scientifique.
    Salvador Dalí a aussi illustré Fantastic memories (1945), La Maison sans fenêtres, Le labyrinthe (1949) et La Limite (1951) de Maurice Sandoz, dont il fit connaissance à New York au début des années 1940.

Dalí et la sexualité
Dans son livre Dalí et moi, Catherine Millet révèle que le fil conducteur de l’œuvre de Salvador Dalí est le sexe : onanisme, scatologie, impuissance, abstinence, voyeurisme, seraient les secrets intimes du peintre.

Salvador Dalí se vantait d’être impuissant, d’où sa propension à peindre des objets mous. Il n’aurait connu qu’une seule femme, Gala, l’unique qui le guérit de sa phobie des femmes qu’il a longtemps comparées à des mantes religieuses.

Il invitait souvent à ses soirées Amanda Lear dont il se plaisait, par espièglerie ou malice, à faire croire à ses interlocuteurs qu’elle était un homme. Alors inconnue, Amanda Lear comprit tout le parti qu’elle pourrait tirer, dans les médias, de cette sulfureuse réputation et s’autoproclama « égérie de Salvador Dalí ».

Il adorait particulièrement les femmes peintes par Johannes Vermeer. Dans le musée qu’il a conçu à Figueres, Dalí rend hommage à l’actrice Mae West, sexe-symbole de l’entre-deux-guerres.

Citations de Salvador Dalí

  • « Je serai un génie et le monde m’admirera. Peut-être serai-je méprisé et incompris mais je serai un génie, un grand génie, j’en suis certain. » Déjà, à seize ans, dans ses carnets intimes.
  • « Les deux choses les plus heureuses qui puissent arriver à un peintre contemporain sont : primo, être espagnol et secundo s’appeler Dalí : elles me sont arrivées toutes les deux ».
  • « Là où il y a Dalí, je ne m’ennuie jamais. »
  • Dalí disait qu’il faisait des photographies du subconscient peintes à la main : « Ma peinture n’est autre que la photographie en couleurs et à la main d’images super-fines extra-picturales de l’irrationalité concrète. »
  • « Je ne fais pas de publicité pour l’argent, mais pour me permettre de passer un an sur un petit tableau. »
  • « Avec de l’or, il devient tout à fait inutile de s’engager. Un héros ne s’engage nulle part ! Il est le contraire d’un domestique. Il faut vraiment avoir les dents couvertes de Sartre pour ne pas oser parler ainsi ! »
  • « Le poète doit, avant qui que ce soit, prouver ce qu’il dit. »
  • « La gare de Perpignan est le centre du monde ! » Lors de sa visite le 27 Août 1965 à Perpignan.
  • « Picasso est espagnol : moi aussi. Picasso est peintre : moi aussi. Picasso est communiste : moi non plus… » Cette citation aurait inspiré Serge Gainsbourg pour sa chanson « Je t’aime, moi non plus ».
  • « La différence entre un fou et moi, c’est que moi je ne suis pas fou. »

Livres sur Salvador Dalí