La Rioja

LA RIOJA

La Rioja est une communauté autonome du nord de l’Espagne, uniprovinciale, sans zone côtière, traversée par l’Ebre et la Oja qui donne son nom à la région (rio Oja).

La Rioja est limitée par le Pays basque espagnol et la Navarre au nord, par l’Aragon à l’est, Castille et Léon au sud et à l’ouest.

La communauté de La Rioja produit des vins rouges réputés, appelés riojas.

La Rioja, anciennement province de Logroño, compte 306 377 habitants pour 5045 km². La capitale de La Rioja est Logroño, qui compte 147 036 habitants.

Origines de La Rioja

Les traces de peuplement les plus anciennes connues de La Rioja datent du néolithique. Les monuments mégalithiques ne sont pas rares.

La région fut envahie comme toute l’Europe par les Celtes. Les Berons fondèrent la ville de Varea, tout près de l’actuelle Logroño.

Logroño, elle, fut fondée par les romains au IIe siècle. À la chute de Rome, les Wisigoths dominent l’Espagne entière. La Rioja reste sous leur tutelle jusqu’en 714, date de l’invasion Maure. La Rioja restera possession arabe pendant trois siècles. Elle est incorporée à la Castille par Alphonse VI en 1073.

La Rioja se trouve sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, le Camino francés. Les pèlerins qui la traversaient furent à l’origine de son développement économique.

La Navarre disputera plusieurs fois la région mais la domination Castillane restera incontestable jusqu’à l’unification de l’Espagne sous Isabelle la Catholique. (Source, licence GFDL)

Vidéo de La Rioja

[youtube:http://www.youtube.com/watch?v=aVDtoprcs4U]

Pays Basque espagnol

PAYS BASQUE ESPAGNOL

Le Pays Basque espagnol (appelée aussi Euskadi) est l’une des 17 communautés autonomes de l’Espagne. Elle forme, avec la communauté forale de Navarre, la partie du Pays Basque inclue dans l’Etat espagnol.

Entouré par la mer Cantabrique (golfe de Gascogne, pour les basques Bizkaiko golkoa ou le « golfe de Bizcaye»), la France, Castille et León, Navarre, La Rioja et Cantabrie, le Pays Basque espagnol couvre une superficie de 7 234 km².

Le Pays Basque espagnol est situé au nord du pays et dispose d’une certaine autonomie dans plusieurs domaines : enseignement, police, soins de santé, etc. La capitale de la Communauté autonome du Pays-Basque est Vitoria (Gasteiz).

Géographie et transports au Pays Basque espagnol

Le Pays Basque espagnol est composé de trois provinces (officiellement territorios históricos, territoires historiques)

  • Alava (en basque Araba), la capitale est Vitoria (en basque, Gasteiz)
  • Biscaye (en basque Bizkaia), la capitale est Bilbao (en basque Bilbo) – Guipúzcoa (en basque Gipuzkoa), la capitale est Saint-Sébastien (en espagnol San Sebastián, en basque Donostia).

Trois aéroports desservent cette région : Foronda (Alava), Fontarrabie (Hondarribia, Guipúzcoa), Aéroport international de Bilbao à Loiu-Lujua (Biscaye). Il compte aussi deux importants ports dont celui de Bilbao (Puerto Autónomo de Bilbao).

Culture et langues du Pays Basque espagnol

Deux langues bénéficient du statut de langue officielle : l’espagnol (castillan) et le basque. Les élèves peuvent étudier dans des écoles en langue espagnole ou basque ou dans des écoles utilisant les deux langues.

Inauguré le 17 octobre 1997, le musée Guggenheim de Bilbao a constitué le fer de lance d’un vaste plan de développement urbain qui a réussi à faire de la ville un pôle économique et touristique de premier plan.

Le Festival du film de Saint-Sebastien est un évènement se déroulant en septembre, le meilleur acteur recevant la « Coquille d’Or ».

Médias au Pays Basque espagnol

  • Télévision : ETB
  • Radio : Radio Euskadi, Euskadi Irratia
  • Quotidiens : El Diario Vasco, El Mundo del País Vasco, Deia, Gara, Berria.

Démographie du Pays Basque espagnol

La population s’élevait à 2 104 060 habitants en 1998, soit 5,4% de la population nationale.

La densité est de 290,9 habitants par km². L’espérance de vie s’élève à 74,2 ans pour les hommes et 82,4 ans pour les femmes.

Le Pays Basque espagnol compte 4,5 médecins pour 1 000 habitants.

Cuisine traditionnelle du Pays Basque

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Politique du Pays Basque espagnol

Le Pays Basque espagnol a son propre gouvernement, dont le chef porte le titre de président ou en basque lehendakari, Patxi López (PSE-EE) depuis le 5 mai 2009, à la tête d’une coalition de partis non nationalistes (PSE-EE/PP). Il est élu par le parlement basque.

Les principaux partis politiques sont :

  • Parti nationaliste basque (PNV), nationaliste centriste, de type démocrate-chrétien
  • Eusko Alkartasuna (EA), indépendantiste social-démocrate de gauche
  • Parti Populaire (PP), droite conservatrice
  • Unión Progreso y Democracia (UPyD) : anti-nationaliste
  • Parti socialiste d’Euskadi-Gauche basque (PSE-EE) : centre-gauche socialiste
  • Gauche unie-Les Verts (EB-B) : fédéraliste de gauche
  • Aralar : appartenant à la gauche abertzale, mais condamnant le terrorisme.
  • Gauche indépendantiste abertzale, réputée proche d’ETA et faisant l’objet de poursuites judiciaires :

  • Unité (Batasuna) : national-communiste et indépendantiste radical (actuellement interdit par le gouvernement espagnol)
  • EHAK/PCTV : marxiste-léniniste indépendantiste (interdit d’activités politiques)
  • Les nouvelles formations Askatasuna et D3M récemment crées et aussitôt interdites.

Économie du Pays Basque espagnol

Après avoir traversé une grave crise économique et sociale pendant les années 80, le Pays Basque espagnol (ou Euskadi) a opéré un redressement économique très important.

Aujourd’hui, le Pays-Basque fait partie des dix régions dont le niveau d’industrialisation et le niveau de richesse sont les plus élevés d’Europe, aux côtés de la Bavière, du Bade-Wurtemberg, de la Lombardie et de la Haute-Autriche. En juin 2007, le taux de chômage atteignait le niveau record de 3,4% et le taux de croissance du PIB 4,2%.

Avec un PIB par habitant supérieur à la moyenne de l’UE à 25 (indice 122,9 en 2004 contre 98,1 en Espagne soit 25 000 € de PIB par tête dans la communauté autonome), Euskadi est la deuxième région la plus riche d’Espagne, juste derrière la Communauté autonome de Madrid.

Une des spécificités de l’économie basque est son caractère profondément industriel : le secteur emploie 36% de la population active, contre 24% en France par exemple.

Aujourd’hui, les principaux secteurs industriels basques sont la machine-outil (80% de la production espagnole), l’acier, l’électroménager et l’électronique professionnelle (40%), l’automobile (30%) et l’aéronautique (22%).

L’innovation, pratiquement inexistante il y a 15 ans, s’est considérablement développée. Même si son niveau reste encore inférieur à celui des autres grandes régions industrielles européennes, Euskadi est la troisième région la plus innovante d’Espagne avec 1,54% du PIB consacré à la R&D.

Le poids du secteur agricole et de la pêche est inférieur au reste de l’Espagne (1,2%).

Les pôles de compétitivité basques

Le Pays Basque espagnol est une des premières régions européennes à avoir mis en place des pôles de compétitivité (ou clusters). Cette politique industrielle a été lancée dès 1991 par le Gouvernement basque, sur la base des recommandations de Michael Porter, professeur à Harvard Business School et théoricien des clusters.

Les clusters basques sont aujourd’hui au nombre de 13, principalement dans le secteur industriel : électroménager, automobile, machine-outil, industries portuaires, environnement, énergie, connaissance, électronique/informatique/télecoms, aéronautique, papier, construction navale, transport logistique et audiovisuel. Ils génèrent 45% du PIB de la région.

Au Pays Basque, les clusters sont conçus comme un partenariat stratégique et opérationnel qui associe les entreprises, les organismes de recherche publics et privés mais aussi les pouvoirs publics, qui participent activement au fonctionnement et au suivi des projets. Chaque pôle est financé conjointement par les entreprises et les pouvoirs publics. Néanmoins, le financement public est plafonné (le coût est d’environ 3 millions d’euros par an pour le gouvernement basque). Autre spécificité, notamment par rapport aux pôles de compétitivité français : les subventions sont versées directement aux clusters et non aux entreprises membres, qui ne bénéficient à ce titre d’aucun avantage fiscal. Sources : Organisme de statistique basque et Institut France-Euskadi. (Source)

Navarre

NAVARRE

La Communauté Forale de Navarre (Comunidad Foral de Navarra en castillan, Nafarroako Foru Erkidegoa en basque) est une des dix-sept Communautés autonomes d’Espagne, dotée de l’autonomie depuis 1982. Elle est bordée au nord par la France (Pyrénées Atlantiques), à l’est par la Communauté autonome d’Aragon (province de Huesca), au sud par La Rioja et à l’ouest par la Communauté autonome basque (provinces du Guipúzcoa et de l’Alava). Elle n’est composée que d’une seule province : la province forale de Navarre, créée au XIXe siècle. On y parle le castillan ainsi que le basque, officiel dans le tiers nord de la communauté.

Géographie de la Navarre

Relief et climat
La Communauté Forale de Navarre est située au nord de l’Espagne, et fait frontière avec la France (163 km de frontières). Elle peut être divisée du nord au sud en trois grandes zones géomorphologiques et climatiques : la zone montagnarde, la zone centrale et la Ribera.

La zone montagnarde
Elle est située au nord de la communauté et s’étend sur l’extrémité est des monts basques (sous-ensemble du système cantabrique) et l’extrémité occidentale des Pyrénées. Cette zone est limitée par les massifs d’Urbasa, d’Andía, de Sarvil, de Perdón, d’Aláiz, d’Izoco et de Leire.

La zone nord-ouest, s’étend à cheval sur l’extrémité orientale des massifs basques (cantabrique) et sur l’extrémité occidentale des Pyrénées, est appelée Navarre humide, en raison de son climat d’influence océanique doux (températures moyennes de 11 à 14,5°) et à la pluviométrie généreuse (entre 1.400 et 2.500 mm. de précipitations annuelles). Le relief – irrégulier et accidenté – se caractérise par la présence de nombreuses vallées : Cinco Villas, Urumea, Leizarán, Araitz, Basaburúa Menor, Doneztebe/Santesteban, Bertizarana, Baztán, Burunda, Aranaz, Arakil, Larraun, Basaburúa Mayor, Imotz, Atez, Odieta, Ultzama et Anué.

Les vallées pyrénéennes composent les paysages du nord-est de la Navarre. Cette zone présente des reliefs plus homogènes, le long de la chaîne pyrénéenne, d’où s’échappent des vallées perpendiculaires à l’axe du massif : vallées de l’Arga, de l’Erro, d’Arce, d’Aezkoa, d’Almiradío de Navascués, de Salazar et de Roncal. L’altitude y croît d’ouest en est (1459 mètres à l’Aldi, 2436 mètres à la Mesa de los Tres Reyes). Le climat est ainsi de type continental humide et froid au nord, dérivant vers un climat méditerranéen froid vers le sud et le bassin de Pampelune. On y enregistre des températures moyennes de 7 à 12°, et des précipitations moyennes comprises entre 900 et 2200 mm.

Au sud de ces deux sous-ensembles, s’étendent les vallées pré-pyrénéennes, dans la continuation de la canal de Berdun en Aragon. Ces vallées sont au nombre de deux : celle de Pampelune et celle de Lumbier-Aoiz. On y trouve un climat de transition entre le climat méditerranéen froid et le climat méditerranéen doux, avec des températures moyennes de 10 à 13°, et une pluviométrie oscillant entre 700 et 1400 mm.

La zone centrale
La zone centrale est une zone de transition entre la Ribera et la zone de montagne, dont on retrouve certains éléments.

La moyenne Navarre orientale (comprise entre la rivière Arga et la frontière aragonaise) est constituée d’une alternance de plaines et de reliefs peu marqués s’adossant à des montagnes douces épousant certains cours d’eau. Le climat est d’influence méditerranéenne (températures moyennes de 12,5 à 14°, précipitations de 450 à 750 mm).

La région dite de Tierra Tudela s’étend entre la moyenne Navarre orientale et l’Álava. Il s’agit d’un ensemble de vallées, de plaines et de montagnes très hétérogène déployé autour de Tudele. Le climat y est océanique au nord (1100 à 1500 mm de précipitations, températures échelonnées entre 9 et 11°) et méditerranéen au sud (500 à 800 mm de précipitations, pour des températures comprises entre 11,5 et 13,5°).

La Ribera
La Ribera désigne la partie sud de la Navarre, qui annonce déjà les plateaux secs de Castille. La distinction qui est souvent faite entre Ribera tudelana (autour de Tudele) et Ribera estellesa (autour de Estella) est due davantage à des critères culturels que géographiques, les différences physiques entre ces deux contrées étant très minces. La Ribera se caractérise par un relief très accidenté et peu élevé (crêtes, fossés, plateaux,…). Le climat y est de type méditerranéen continental, marqué par des étés secs, des vents soutenus, de forts contrastes thermiques annuels, et un régime pluviométrique de faible intensité (moins de 500 mm de précîpitations annuelles). La vallée de l’Èbre apporte les recours hydrauliques nécessaires au développement de l’agriculture, grâce notamment à l’irrigation.

Hydrographie et végétation

La zone nord de la Navarre est traversée par de très nombreux cours d’eau dont le débit puissant et régulier est assurée par des conditions climatiques idoines. Ces rivières se jettent dans l’océan Atlantique et la mer Cantabrique (Nive , Nivelle , Bidassoa, Urumea, Leizarán, Araxes…) ou la mer Méditerranée après avoir rejoint l’Èbre ou ses affluents (Arga, Arakil, Larraun, Ultzama…). Il n’est donc pas étonnant de voir dans cette région une alternance d’épaisses forêts de chênes, sapins, pins sylvestres, hêtres, châtaigniers, de grandes prairies et pâturages mais aussi de landes.

Dans la zone centrale les cours d’eau sont moins nombreux mais la plupart d’entre eux descendant des montagnes, ils présentent un débit régulier et puissant, les principaux d’entre eux sont l’Ega et l’Urederra. La végétation répond au climat plus sec : moins de forêts de hêtres, de chênes et de sapins, mais des massifs mixtes de chênes rouvres et chênes verts alternant avec la garrigue.

La Ribera, plus sèche, présente une végétation très méditerranéenne. Les forêts y sont absentes et la garrigue règne en maître.

Démographie de la Navarre

La population de la Navarre s’élève à 600231 habitants (1er janvier 2006), contre un peu plus de 500000 en 1980. L’augmentation de la population a été rapide et soutenue (quoiqu’en-deçà de la moyenne nationale espagnole) mais n’a pas été égale sur tout le territoire de la communauté. Ainsi, les grands centres urbains – au premier rang desquels Pampelune – ont vu s’accroître leur population, tandis que les vallées pyrénéennes et la zone centrale continuent à perdre des habitants.

Aujourd’hui donc, la majeure partie de la population est installée dans l’agglomération pamplonaise et dans la Ribera. 42,3% de la population réside dans des villes de plus de 20.000 habitants (Pampelune, Tudele, Barañáin), et 39,2% dans des communes de 2.000 à 20.000 habitants. Le reste se répartissant dans les villages à la population inférieure à 2.000 habitants.

La Navarre ne doit pas sa vitalité démographique à son solde naturel mais à l’immigration, phénomène ayant tendance à s’accentuer dans toute l’Espagne. En 2006, les étrangers représentent ainsi 9,1 % de la population navarraise. Communauté riche et prospère, la Navarre attire les migrants, qui s’établissent en priorité dans la région de la Ribera.

Economie de la Navarre

Tendances générales
La Navarre a été traditionnellement perçue comme une petite région agraire au faible développement économique, et ce, en dépit de la proximité des industries basques.

Depuis le Programme de Promotion Industrielle lancé par l’administration forale en 1964, la région a toutefois connu un développement spectaculaire, confirmé par les nouvelles compétences dévolues par l’Etat lors de la Transition espagnole (Constitution de 1978 et Statut d’Autonomie de 1982). Les pouvoirs publics navarrais, profitant de l’excellente position géographique de la Navarre (sur les axes Méditerrannée-Atlantique et France-Espagne) et de l’autonomie fiscale, ont su développer les infrastructures et encourager la création et l’implantation d’entreprises, dans les domaines de l’industrie et des services notamment. Le développement d’un excellent service public d’éducation et de recherche a nettement contribué à renforcer cette tendance.

La population navarraise était jusque dans les années soixante employée pour moitié dans le secteur agricole. Ce chiffre a pu être ramené autour de 6%, tandis que la part de l’emploi industriel dans la population active tourne désormais autour de 32%. Le taux de chômage s’y établit désormais à 5,7% de la population active, un des chiffres les plus bas de toute l’Union européenne. Aujourd’hui, le PIB par habitant atteint 23 156 euros (chiffres 2004), tandis que le taux de croissance s’établit à 3,4% annuels. Cette croissance est soutenue par un commerce extérieur dynamique.

Tendances par secteur
L’agriculture
L’activité agricole reste très bien implantée en Navarre. La Communauté forale dispose en effet d’une variété de climats et de paysages permettant une grande diversité dans la production. Le nord – montagnard et humide, marqué par des paysages de forêts et de prairies – est très fortement tourné vers le pastoralisme. L’élevage bovin, mais surtout ovin y est très développé, ainsi que la culture du maïs. Les productions de la zone centrale de la Navarre sont davantage orientées vers les cultures céréalières, fourragères et fruitières. La zone sud de la Ribera possède de nombreuses surfaces viticoles, mais aussi maraîchères.

Grâce à cette diversité, la communauté a su se tourner vers une agriculture de qualité dont elle commercialise des produits renommés et protégés par une appellation d’origine (Denominación de Origen) :

  • Vins de Navarre (Vino de Navarra)
  • Vins de Rioja (Vino de Rioja)
  • Poivrons de Piquillo (Piquillo de Lodosa)
  • Asperges de Navarre (Espárrago de Navarra)
  • Artichaut de Tudele (Alcachofa de Tudela)
  • Fromage de Roncal (Queso Roncal)
  • Fromage d’Idiazabal (Queso Idiazabal)
  • Veau de Navarre (Ternera de Navarra)
  • Patcharan navarrais (Pacharán Navarro)
  • Aliments artisanaux (Alimentos Artesanos)

L’industrie
L’industrie navarraise – caractérisée par de nombreuses petites et moyennes entreprises – est très nettement localisée dans deux zones : la Vallée de l’Èbre et la région de Pampelune. Formée de nombreuses entreprises autochtones, l’industrie locale compte également sur la présence de grands groupes industriels nationaux, européens et internationaux. Deux activités ressortent par leur importance : l’automobile et les biens d’équipement. L’industrie agroalimentaire joue également un rôle important dans cet ensemble. C’est en grande partie grâce au secteur industriel que la Navarre a pu faire croître son niveau de vie et l’industrie continue à exercer un poids non négligeable dans l’économie forale, par sa capacité à exporter et par sa haute valeur ajoutée due à un niveau technologique très élevé.

Le secteur tertiaire
Un des faits significatifs des vingt dernières années a été la montée en puissance du secteur des services dans l’économie navarraise. Le secteur représente à l’heure actuelle plus de la moitié des emplois et du PIB de la Communauté. Le tourisme (chemins de St-Jacques, tourisme vert, fêtes de San Fermín,…), les services aux entreprises, l’immobilier notamment contribuent à la vitalité du secteur.

Organisation politique et administrative de la Navarre

L’organisation juridico-administrative actuelle de la Navarre est directement issue de la Transition démocratique espagnole ayant suivi la mort de Franco. Durant les années 1975 à 1982 sont adoptés les deux textes qui régissent aujourd’hui le fonctionnement de la Communauté : la Constitution espagnole de 1978 et le statut d’autonomie de 1982.

Brève histoire de la Navarre espagnole

En 1512, Ferdinand d’Aragon, assurant la régence de Castille selon les voeux de sa femme Isabelle, décédée en 1504, avance d’obscurs liens familiaux pour s’emparer plus ou moins légalement du royaume de Navarre, au grand dam de la famille gasconne des Albret, titulaire légitime du trône. L’intervention de François Ier de France permet de maintenir la Basse-Navarre (juridiction de St-Jean-Pied-de-Port) dans le patrimoine des Albret et donc dans la mouvance française. Quoi qu’il en soit la Navarre se retrouve définitivement séparée en deux entités, malgré les tentatives de François Ier pour reprendre la Navarre péninsulaire.

La Haute-Navarre (ou Navarre péninsulaire, l’actuelle communauté forale) est intégrée à la Couronne de Castille, tout en conservant son statut de royaume, et, de ce fait, un très haut degré d’autonomie vis-à-vis du pouvoir central. Cette autonomie sera remise en cause une première fois avec l’arrivée sur le trône d’Espagne des Bourbon, lesquels, débarqués du très centralisateur royaume de France, tentent d’appliquer de manière minimale le modèle français en Espagne. Le 30 novembre 1833, le régime libéral en place procède au découpage de l’Espagne en 48 provinces, sur le modèle des départements français. La Navarre perd son statut de royaume et est constituée en province, avec pour capitale Pampelune. Une loi de 1839 vient cependant confirmer ses fors, qui seront abolis en 1876-77, marquant la fin du processus centralisateur. La Navarre, repaire de carlistes et phalangistes, se verra toutefois récompensée par le Général Franco pour son soutien lors de la Guerre Civile de 1936-1939. Le dictateur lui octroie un rétablissement – certes limité – de son régime foral.

Constitution de la Communauté Forale

Durant la Transition démocratique, la Navarre se constitue seule en communauté autonome, refusant de se joindre aux trois provinces basques voisines, qui souhaitent former avec elle une seule et même communauté. Néanmoins, une disposition transitoire de la Constitution espagnole prévoit que, dans le futur, ce rapprochement pourra se faire en cas d’entendement et d’accord mutuels. Fondé sur l’ancien droit foral hérité du Moyen-Âge, le statut d’autonomie de la Navarre (appelé Ley de reintagración y Amejoramiento del Régimen Foral de Navarra, du 10 août 1982) consacre celle-ci en Communauté Forale, ayant pour capitale Pampelune.

Découpage administratif de la Navarre

La Communauté Forale de Navarre se compose de 232 communes, réparties en 5 Merindades, 19 Comarques, 5 Circonscriptions judiciaires (partidos judiciales) et 3 zones linguistiques.

Institutions de la Navarre

Dotée de statuts particuliers, la Navarre ne bénéficie pas de toutes les compétences accordées aux nationalités reconnues comme historiques (nacionalidades históricas), c’est-à-dire les communautés dotées d’une identité collective, linguistique et culturelle différente du reste de l’Espagne et ayant revendiqué leur spécificité et leur droit à l’autonomie au sein du pays avant la II° République (il s’agit de la Catalogne, de la Galice, du Pays Basque, et, de l’Andalousie, qui ne se désigne cependant pas comme telle dans son statut d’autonomie).

La Navarre dispose cependant d’un niveau d’autonomie très élevé, grâce à son droit foral historique. En plus de jouir d’institutions propres comme toute communauté espagnole (Gobierno Foral, Parlamento Foral,…) et d’exercer les compétences prévues par la Constitution, la Navarre dispose de sa propre force de police (la Policía Foral, qui agit en collaboration avec la Guardia Civil et la Policía Nacional), de deux langues officielles (le castillan dans toute la communauté et le basque dans la moitié nord, selon des règles fixées par la Ley Foral del Vascuence de 1986, Loi Forale de la langue basque) et surtout, de pouvoirs exclusifs en matière fiscale, privilège qu’elle partage avec les trois provinces basques.

Alors que dans toutes les communautés autonomes espagnoles, c’est l’Etat central qui calcule le montant de l’impôt et le récolte pour son compte et celui des communautés autonomes (auxquelles l’Etat reverse la part correspondante), en Navarre, cette prérogative appartient au Gouvernement Foral. Celui-ci a tous pouvoirs sur l’administration fiscale, qui lui est d’ailleurs propre. Selon un fonctionnement précis déterminé en accord avec l’Etat, la communauté prélève et gère le fruit de l’impôt (à l’exception de la TVA et des droits de douane extra-communautaires, perçus par Madrid) puis reverse une quote-part au Gouvernement Central de Madrid. Ce système est appelé Convenio Económico.

Compétences linguistiques en Navarre

La Communauté Forale de Navarre possède deux langues officielles. Le castillan, est la langue commune à toute l’Espagne et doit être connue par tous les citoyens. L’autre, le basque, n’est officielle que dans la Communauté autonome basque et en Navarre.

Une loi (la Ley Foral del Vascuence, de 1986) assure sa défense et détermine trois zones, pour autant de statuts différents de la langue basque et de son utilisation dans la vie publique. La Navarre est linguistiquement divisée en 3 zones où sur 272 communes, 61 communes sont dans la zone bascophone, où le castillan et le basque ont un statut de co-officialité, 50 communes dans la zone mixte où des services bilingues sont prévus à l’intention des bascophones et 161 communes dans la zone hispanophone où seul le castillan est langue officielle.

(Source : Wikipedia, licence GFDL)

Province de Huelva

PROVINCE DE HUELVALa province de Huelva est l’une des huit provinces de la Communauté autonome d’Andalousie, en Espagne. Elle se trouve à l’ouest de celle-là, elle est bordée au nord par la province de Badajoz, à l’est par les provinces de Séville et Cadix, au sud par l’Atlantique et à l’ouest par le Portugal.

Sa capitale est Huelva. Elle s’étend sur une superficie de 10 128 km², et sa population est de 483 792 habitants (données INE 2005), dont environ 30% habitent la capitale. Sa densité est de 47,76 hab./km². La province est divisée en 79 communes regroupées en six districts judiciaires : Aracena, Ayamonte, Huelva, Moguer, La Palma del Condado y Valverde del Camino.

(Source : Wikipedia, licence GFDL)

Galice

GALICELa Galice est une communauté autonome située dans le nord-ouest de l’Espagne. La Galice est entourée par les Asturies, Castille et León, le Portugal et l’océan Atlantique. La Galice recouvre une superficie de 29 574 km² et comptait 2 737 370 habitants en 2003.

La Galice se compose de quatre provinces : La Corogne, Lugo, Orense et Pontevedra. Saint-Jacques-de-Compostelle est la capitale de la communauté autonome.

Les deux langues officielles de la Galice sont le castillan et le galicien.

Géographie de la Galice

La Galice couvre une superficie de 29 574 km² (presque la comme la Belgique) et possède 1300 km de côtes. À l’époque romaine la Galice disposait d’importantes ressources d’or, d’argent et d’étain.

La Galice est une zone géographique limitée au nord et à l’ouest par l’océan Atlantique, à l’est par une chaîne montagneuse (Os Ancares) et au sud par le fleuve le plus important de la péninsule ibérique par son débit (O Miño).

La région est divisée en 4 provinces, 53 comarcas (cantons), 316 concellos (communes), 3847 paroisses et 31 855 « noyaux de population » (la moitié de toute l’Espagne qui en compte 63 613) ou « aldeas » (hameaux). Mais la paroisse est pour le galicien, la référence absolue. Il est commun, si vous demandez à un Galicien d’où il vient, qu’il vous réponde par le nom de sa paroisse.

L’origine de ces paroisses est due aux Suèves, peuple germanique qui fonda un des premiers royaumes chrétiens d’Europe vers 410. Un document de l’an 569 atteste de cette organisation admistrative, le « Parochiale Suevorum ».

Villes de Galice

La Galice se caractérise, à la différence d’autres régions espagnoles, par l’absence d’une métropole dominant le territoire. En effet, l’armature urbaine est constituée de plusieurs villes moyennes qui maillent la région :

SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE

  • Vigo (300 000 habitants)
  • La Corogne (250 000 habitants)
  • Ourense (Orense) (110 000 habitants)
  • Saint-Jacques de Compostelle (90 000 habitants)
  • Lugo (90 000 habitants)
  • Ferrol (80 000 habitants)
  • Pontevedra (80 000 habitants)
  • Vilagarcía de Arousa (35 000 habitants)
  • Narón (35 000 habitants)
  • Redondela (30 000 habitants)
  • Monforte de Lemos (12 000 habitants)

Culture en Galice

La Galice est connue pour le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. On assiste aussi depuis quelques années à un retour de la musique traditionnelle galicienne et notamment de la Gaita, la cornemuse locale. Une très grande influence celtique est présente dans la culture galicienne, qu’il s’agisse de musique ou de coutumes. Plusieurs légendes et histoires populaires de la Galice ont les mêmes origines que celles connues dans d’autres régions à influence celtique, par exemple l’Irlande.

L’intime art roman galicien
La Galice compte le plus grand nombre de bâtiments romans en Espagne, même si une telle richesse patrimoniale n’est pas divulguée comme dans d’autres lieux de la péninsule. Seulement un certain retard dans le catalogue de ces monuments a empêché que cette région soit évaluée comme elle le mérite dans un contexte de l’art roman hispanique ; l’histoire et l’évolution de l’art galicien roman passe par une série de phases et vicissitudes trop complexes pour les détailler ici.

Tout au long du Moyen-Âge s’est développée en Galice une période de construction où prédomina l’art roman, dans les grandes cathédrales comme celle de Saint-Jacques-de-Compostelle, aussi bien que dans les monastères, comme ceux de la Ribeira Sacra, caractérisé par l’importance des monuments, véritables plaques fortes de l’architecture médiévale. Mais l’art roman s’est aussi imposé dans des centaines de paroisses rurales, éparpillées un peu partout dans le territoire, plus particulièrement dans la centre de la Galice.

À la tête du roman galicien on trouve la cathédrale Saint Jacques-de-Compostelle mais la Galice est riche en cathédrales médiévales, comme Lugo, Ourense, Tui et Mondoñedo. Les zones à l’interieur , là où les quatre provinces sont presque unies dans un seul point, on retrouve l’une des plus grandes concentrations d’art roman de toute l’Espagne.

GALICE : rose des vents représentant les différentes peuples celtes, au pied de la Tour d’Hercules, phare romain de Galice

Tout le long aussi de la côte atlantique, depuis Pontevedra jusqu’à Lugo, passant par La Corogne, l’art roman rural est étendu spécialement aussi aux côtes de Pontevedra et du golfe Ártabro de La Corogne et jusqu’à d’autres zones plus éloignées de la côte, dans toute la vallée verte ou montagneuse on avait érigé des centaines de paroisses rurales. Quelques communes ont plusieurs églises romanes, des temples paroissiaux et des ermites de la plus grande qualité artistique. Elles passent souvent inaperçues aux regards d’un public non averti.

La force visuelle des ces bâtiments de granit, presque tous bien conservés sauf par l’action directe de l’homme, est une rendue consubstantielle au territoire galicien.

Une autre caractéristique de cet art galicien est sa conservation dans le temps et la persistance de l’architecture des formes romanes pendant les siècles du bas Moyen Áge. Bien que quelques innovations gothiques aient été utilisées, les couvents et les temples ruraux des siècles XIIIe au XVe, lesquels presque tous, perdurent de claires réminiscences romanes, spécialement dérivées du monde « mateano » (du maître Mateo) de la cathédrale de saint Jacques de Compostelle.

L’intime simplicité de cet art s’est pleinement identifié avec l’esprit de recueillement du paysage et de la dévotion galicienne. Dans les hameaux ou lieux-dits, aujourd’hui isolés, des chemins en marge des routes touristiques habituelles conduisent vers ces témoins de tant d’histoire. Pour les visiter, il faut s’adresser sans réticence aux habitants du village qui gardent les clés des chapelles et connaissent plus d’une histoire sur leur passé. Parfois abandonné par l’Église et par l’administration, parfois victimes de restaurations sauvages, ce patrimoine garde encore, dans son granit séculaire, la finesse d’un loup, à San Miguel d’Eiré, les signes lapidaires séculaires des tailleurs, ou des jalousies d’inspiration celtique encastrées avec d’autres pierres de taille pré-romanes, dans les murs de l’église de saint Estevo d’Atán. Pierre dans la pierre, le monde galaïco a toujours été dans cette superposition de cultures et de civilisations.

Photos de Galice

La faïence de Sargadelos
Le complexe industrielle et culturel de Sargadelos répond à un projet intégral et moderne d’une grande importance pour la Galice, l’entreprise, dont les origines remontent à deux siècles en arrière, vers la fin du XVIIIe, pour renaître au XXe siècle et contribue ainsi à la récupération de la mémoire du pays et une utilisation des ressources naturelles de la région, où industrie et dimension artistique sont en relation étroitement liées.

L’initiateur du projet fut l’illustre galicien-asturien, Antonio Raimundo Ibáñez Llano y Valdés, libéral éclairé, que le peuple et les premiers historiens ont fait Marquis de Sargadelos et qui mettra en marche la première sidérurgie intégrale de l’Espagne. Après avoir découvert et identifié des réservoirs proches du caolín (kaolin), au début du XIXe. Dans ce même complexe vont créer aussi une usine pour la fabrication de faïences que, entre autres innovations, introduisait dans le panorama ibérique un dessin particulier de décoration mécanique des vaisselles imprimées.

Cependant, au cours de la guerre de l’Indépendance d’Espagne (1808-1813), guerre napoléonienne, Ibáñez, accusé par ses ennemis d’être un «afrancesado», un partisan de Napoléon, a été traîné par terre jusqu’à ce qu’il meurt dans les rues de Ribadeo, où il avait son « pazo » (manoir), face à la passivité de l’armée anglaise retranchée dans la ville. Cette épisode, tragique et injuste a été l’objet de recherches controversées parmi les historiens, et motif littéraire pour un grand nombre d’écrivains.

GALICE

Ibáñez assassiné, ses usines ont eu une subsistance inégale jusqu’à ce qu’elles cessent en 1875, date à la quelle se consume la fermeture et s’initie la dégradation du complexe architectonique.

Sargadelos était un point important pour entreprendre la récupération de l’histoire de la Galice. Et avec sa restauration, naît d’un projet de 1963 du Laboratoire de Formes de Galice, puis soutenu et associé par l’expérience acquise des Faïences du Castro depuis 1947.

Par conséquent, la convention entre le Laboratoire des Formes, institution conçue en Argentine par Luis Seoane et Issac Diaz Pardo, créateurs artistiques et intellectuels galegistas exilés, et Faïences du Castro, ils vont mettre en marche les projets qui avaient cristallisé avec un secteur expérimental en 1968, qui aboutira finalement, le 10 mai 1970 par l’inauguration de la nouvelle entreprise de Sargadelos dont les buts étaient de restaurer la mémoire historique cachée par la dictature du général Franco et de créer en même temps une industrie propre.

L’entreprise a situé les installations industrielles hors de l’ancienne enceinte du complexe de Sargadelos, et puis, le Laboratoire de Formes avait demandé en 1972 que cet ensemble soit protégé et déclaré d’Historique-Artistique, protection lui fut accordé cette même année.

C’est ainsi que, sous la direction de Diaz Pardo, retourné en Galice, se fonde à nouveau la « Faïencerie de Sargadelos ». Depuis lors, des formes traditionnelles galiciennes et des expériences d’avant garde internationales se combinent dans une variété infinie de pièces à usage quotidien ou décoratif d’une qualité et d’un sucées extraordinaires. Parallèlement, le Groupe Sargadelos est à l’origine de projets culturels et industriels, devenus fondamentaux dans la Galice actuelle.

Parmi ses initiatives, on peut citer, entre autres, le séminaire de Sargadelos, consacrée à la recherche technique, artistique et historique ; à Sada, d’une part, le musée Carlos Maside d’Art galicien contemporain, d’autre part, le complexe Do Castro : faïence, arts graphiques et maison d’édition, ainsi que le Laboratoire géologique de Laxe de la Fondation Parga Pondal ; à Saint-Jacques-de-Compostelle, l’Institut Galicien de l’Information (IGN) et son auditorium et, finalement, partout en Galice et dans d’autres pays en Europe.

Le Royal Patronat de Sargadelos, qui protège l’ensemble, a son siège dans la nouvelle reconstruction de la Casa da Administración (Maison de l’Administration).

L’émigration, une résistance culturelle et politique
L’émigration galicienne remonte à l’époque moderne, quand les plus déshérités se déplaçaient vers d’autres lieux de la péninsule Ibérique pour réaliser, en tant que saisonniers les travaux les plus durs, comme la moisson ou le charriage. Mais, en réalité, c’est au XVIIIe siècle que commença la véritable diaspora des travailleurs vers les Amériques. Tout au long de ce siècle, le retard économique, la situation géografique et la politique espagnole ont rendu propice l’exode massif des Galiciens en Amérique, au point que que celui-ci a atteint un tiers de la population, un chiffre qui tourne autour des deux millions de personnes. Le nombre d’émigrés originaires de Galice étant tellement important que, dans plusieurs pays américains, il était habituel d’appeler « Gallegos » tous les Espagnols qui s’y installaient.

Avec le temps, ces Galiciens de l’exterieur se sont organisé dans des associations culturelles et des œuvres de bienfaisance, créant de grands comités à la Havane, Buenos Aires, ou Montevideo. Certains parmi les plus fortunés ont financé la préservation et le rayonnement des traditions et de la langue galiciennes dans l’émigration, ainsi que la réalisation d’œuvres philanthropiques dans leur terre d’origine : travaux publics, écoles, centres culturels…

L’Amérique latine ne pouvait plus s’expliquer sans la Galice (le président cubain Fidel Castro ou l’ex-président argentin Raúl Alfonsín sont descendants de Galiciens) mais, en retour la Galice ne peut pas non plus se comprendre sans l’Amérique latine (l’hymne galicien a été composé à Cuba et partout il existe de traces de l’empreinte « indiana » (des émigrants retournés), par exemple dans l’architecture ou la botanique).

Au XXe siècle, la préoccupation civique et « galleguiste » de quelques-unes de ces communautés émigrantes conflua avec l’attitude revendicative des exilés arrivés en Amérique après l’éclatement de la guerre civile. Il s’est alors produit à l’extérieur un important foyer de résistance culturelle et politique de la spécificité galicienne, persécutée en Galice par la dictature du général Franco. Pendant cette période, une nouvelle émigration s’est produite, cette fois-ci à destination des pays de l’Europe centrale, où les nouvelles associations émigrantes ont ainsi été crées.

Il n’est pas de famille galicienne qui n’ait connu, en conséquence, l’émigration, soit à travers ses aïeux, soit parmi ses proches.

Vidéo de la Galice

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Galiciens célèbres

Enfants de Galiciens
« Pour les Galiciens, le Finisterre n’a jamais été le bout, mais le début. » dixit Raúl Ricardo Alfonsín, premier président élu d’Argentine et fils de Galicien.

La saignante émigration galicienne vers les Amériques, puis l’Europe, oblige à mentionner quelques « fils » célèbres :

  • Manuel Chao, dit Manu Chao, père Galicien et mère Basque, né à Paris, chanteur
  • José Doval, dit José Garcia, fils de Galiciens, né à Paris, acteur
  • Gabriel García Márquez, petit-fils de Galiciens
  • Bernardino Rivadavia, premier président argentin 1780-1845, capitaine du « Tercio de Gallegos » dès 1807
  • Pedro Benito Cambón, fondateur de San Francisco
  • Fidel Castro, né à Cuba, fils d’un Galicien, président de Cuba depuis 1959
  • Raúl Alfonsín, ex-president argentin
  • Nélida Piñón, fille de Galiciens au Brésil
  • Rubén Blades, fils de Galiciens à Panama
  • Ramón Estévez, dit Martin Sheen, fils de Galiciens
  • Adolfo Pérez Esquivel, prix nobel de la Paix, né à Buenos-Aires
  • Fernando Caldeiro, dit Frank Caldeiro, astronaute à la NASA, né à Buenos-Aires, fils de Galiciens
  • Luís Vaz de Camõens, le plus grand poète portugais du XVIe siècle (1524 – 1580), une référence nationale pour les Portugais serait né à Lisbonne en 1524. C’est le fils de Simão Vaz de Camões, gentilhomme de la maison du roi issu d’une famille originaire de Galice.
  • Miguel de Cervantes Saavedra, connu notamment pour son ouvrage, Don Quichotte, porte le nom « Saavedra » d’origine galicienne par sa mère.
  • Julio Iglesias, né à Madrid, crooner.

Écrivains et artistes

  • Castelao, Rianxo (1886-1950) écrivant journaliste et dessinateur caricaturiste de la revue Nos et profondément nationaliste galicien.
  • Camilo José Cela, écrivain et prix Nobel de littérature
  • Ramón María del Valle-Inclán
  • Rosalía de Castro
  • Manuel Curros Enríquez
  • Ignacio Ramonet, Redondela, directeur du Monde diplomatique
  • Ramón Chao, écrivain, journaliste
  • María Casares Pérez, La Corogne, 1922 – Paris, 1996 – artiste
  • Fernando Casado Arambillet, dit Fernando Rey, La Corogne, 1917 – Madrid, 1994 – Acteur
  • Emilia Pardo Bazán
  • Gonzalo Torrente Ballester, O Ferrol (1910-1999)
  • Caroline Otero, dite la belle Otero (Ponte Valga, 1868 – Nice, 1965)
  • Carlos Nuñez, musicien
  • Susana Seivane, musicienne
  • Juan Pardo, né à Palma de Majorque, crooner
  • Vicente Risco, écrivain.

Hommes politiques

  • Castelao, Rianxo (1886-1950) homme politique, profondément galleguiste
  • Francisco Franco, O Ferrol (1892-1975), général et chef de l’Etat (Caudillo de España)
  • Pablo Iglesias Posse, O Ferrol (1850-1925), fondateur du PSOE – Parti Socialiste ouvrier espagnol et de l’UGT
  • Concepción Arenal, O Ferrol (1820-1893), une des initiatrices du féminisme espagnol
  • José Calvo Sotelo, Tuy (1893-1936) était un homme politique espagnol monarchiste de premier plan avant la guerre civile espagnole
  • Raúl Alfonsín, premier président de la République d’Argentine [1983-1989]
  • Mariano Rajoy , Président du parti populaire espagnol depuis 2004.
  • Manuel Fraga, ancien ministre de Franco, président de la Communauté Autonome de Galice de 1989 à 2005
  • Emilio Pérez Touriño, socialiste, président de la Communauté Autonome de Galice depuis 2005.
  • Loly Bolay, vice-présidente du Grand Conseil de la République et canton de Genève 2007.

Sportifs

  • David Cal, champion du monde d’aviron (or à Athènes 2004)
  • Iván Raña, champion du monde de triathlon
  • Oscar Pereiro, cest un coureur cycliste

Politique de la Galice

Les compétences de la communauté autonome de Galice et l’organisation de ces pouvoirs sont définies dans le Statut d’autonomie de Galice qui joue en quelque sorte le rôle de constitution.

Le pouvoir exécutif est exercé par la Xunta de Galicia («Junte de Galice») à la tête de laquelle se trouve le président de la Galice.

Le parlement de Galice, où siègent 75 députés, exerce le pouvoir législatif. Tous les quatre ans, des élections sont organisées pour renouveler le parlement.

Histoire de la Galice

GALICE : Construction emblématique de la campagne galicienne: un hórreo ou grenier sur pilotis. Egalement présent dans la région des Asturies

La Galice doit son nom aux anciens Gallaeci, un peuple celte implanté dans cette région (jusqu’au fleuve Douro) vers le VIe siècle ou Ve siècle avant l’ère chrétienne ; ce sont les mêmes Celtes qui auraient peuplé la Bretagne et la Galice. Cependant, bien que la langue celte se soit maintenue jusqu’à l’arrivée des envahisseurs romains, elle n’a pas survécu jusqu’à la fin de l’Empire romain. La Gallaecia devint une province romaine dotée d’une certaine autonomie avec ses propres capitales (Braga, Lugo et Astorga).

Au cours des dernières décennies de l’Empire romain, soit au début des grandes invasions germaniques, les Suèves, un peuple établi entre le Rhin et le Danube, arrivèrent en Espagne en 409. Les nouveaux envahisseurs s’installèrent en Galice mais ne purent imposer leur langue, car les Gallaeci continuèrent de parler le latin qui commença à évoluer différemment de la langue mère. L’influence la plus durable laissée par les Romains demeure la langue galicienne qui se développa à partir du latin parlé dans cette région. Le latin a donné naissance à toutes les autres langues de la péninsule ibérique (castillan, catalan, portugais, galicien, aranais, aragonais, etc.), à l’exception du basque dont les locuteurs conservèrent leur langue d’origine qui n’est apparentée à aucune autre langue connue.

Le royaume de Galice

La conquête romaine (137-22 avant Jésus-Christ), motivée par la richesse en minerais, a créé, au fil des siècles, une culture où les éléments indigènes se sont manifestés avec une force croissante. Les voies romaines, les ponts (Bibei, Orense), les murailles (Lugo) et les exploitations agricoles autour des villae changent peu à peu l’image du pays. La Gallaecia devient une province romaine indépendante avec ses propres capitales, Braga, Lugo et Astorga. Mais la trace fondamentale laissée par les romains demeure la langue galicienne.

Le christianisme change progressivement la religiosité populaire, même si celle-ci subsiste à travers des mythes, des rites et des symbolismes particulièrement riches. Au IVe siècle, les premiers sièges épiscopaux font leur apparition, les doctrines priscillianistes ayant un singulier succès dans le monde rural. Priscillien finit par être exécuté, accusé de magie et d’orgies sexuelles mais il fut considéré dans la Gallaecia comme un martyr, à un tel point que les évêques galiciens, au cours du synode de Tolède de 396, refusèrent de ne pas considérer les priscillianistes comme des martyrs.

DRAPEAU DE LA GALICE

En 425-426, les Vandales, un autre peuple germanique, refoulèrent les Suèves et s’établirent également en Galice. Après une époque initiale de conflits, Galiciens, Suèves et Vandales s’allièrent et fondèrent un royaume qui dura un siècle et demi. C’est à cette époque que la Galice reçut le dernier apport ethnique avec l’établissement, au nord de Lugo, d’un important groupe de Bretons. Puis, le roi wisigoth Léovigild annexa, en 585, le royaume suève de Galice, qui devint alors une unité administrative du royaume wisigoth. Au cours des quelques siècles qui suivirent, les divers peuples composant la Galice, c’est-à-dire les Galéïco-Romains, les Suèves, les Vandales, les Bretons et les Wisigoths, s’intégrèrent socialement et linguistiquement, puis fortifièrent leur royaume. Ce fut une époque d’âge d’or pour la Galice qui s’étendit sur presque toute la côte ouest de la péninsule (le Portugal actuel). En 711, les Arabes mirent fin à la domination wisigothe sur l’ensemble de la péninsule Ibérique mais l’influence arabe demeura toujours faible en Galice car, à part quelques incursions, les Arabes ne s’installèrent pas dans cette région.

Sur le plan linguistique, les Galiciens consolidèrent leur langue, le galicien (gallego), qui se développa non seulement en Galice du Nord (l’actuelle communauté autonome de Galice), mais aussi dans toute la Galice du Sud (le Portugal d’aujourd’hui). Durant tout le Moyen-Âge, on parlait la même langue en Galice du Nord et en Galice du Sud. Le fleuve Miño, qui sépare la Galice du Nord et la Galice du Sud (Portugal), était au centre de l’aire de la langue commune galeïco-portugaise. C’est ce parler commun, caractérisé par des emprunts celtiques et germaniques, qui s’est diffusé jusqu’au sud du Portugal lors de la Reconquête espagnole sur les Arabes.

Le galicien, une langue et une culture

Langue romane, le galicien a avec le portugais un tronc commun, le gallego-portugués ou galicien-portugais issu du latin, au cours du Moyen Âge. Ce fait a motivé la création d’une riche littérature médiévale et a donné naissance aux deux langues actuelles : le galicien et le portugais d’une assez forte ressemblance.

Un mouvement linguistique (le reintegracionisme) soutient que le galicien et le portugais ne sont que deux variétés de la même langue gallego-luso-brasileiro et que l’actuelle séparation entre le portugais officiel et le galicien officiel n’est due qu’à l’hispanisation normative du galicien (seule variété galaïco-portugués s’écrivant avec une orthographe semblable à celle du castillan).

De fait, selon beaucoup de linguistes, la différence entre le galicien et le portugais parlés est approximativement la même que celle qui sépare les deux variétés du néerlandais parlé : néerlandais des pays-bas et flamand de belgique (ces deux variétés partagent par contre la même orthographe). Un Galicien et un Portugais se comprennent donc assez bien.

Le plus ancien document connu écrit en galicien a été récemment trouvé. Il date de l’année 1228 et s’appelle le Foro do bo burgo do Castro Caldelas. Il a été accordé par Alphonse IX en avril de cette année à la ville d’Orense, d’Allariz.

La culture de la Galice est indissociable de cette langue et maintient vivante une tradition comportant des éléments celtes, héritée des peuples celtes établis dans les « castros » avant l’arrivée des Romains.

Après la décadence culturelle de l’époque moderne, le galicien et sa littérature ont ressurgi avec la renaissance du XIXe siècle, appelé le siècle du Rexurdimento et avec la période Nos (« Nous ») du premier tiers du XXe. Malgré l’interruption du processus, à cause de la guerre d’Espagne et de la dictature franquiste, la culture galicienne s’est à nouveau imposée progressivement depuis les années cinquante jusqu’à nos jours. Avec l’arrivée de l’autonomie en 1981, le galicien est devenu langue officielle avec le castillan en Galice.

Le galicien est enseigné à l’école primaire et il est langue véhiculaire importante dans l’enseignement secondaire et dans les trois universités du territoire galicien : celle de Saint-Jacques-de-Compostelle (avec son campus de Lugo), celle de La Corogne (avec son campus à Ferrol et celle de Vigo (avec deux campus, à Ourense et à Pontevedra).

La séparation du galicien et du portugais

Soumise par les rois des Asturies au VIIIe siècle, la Galice fut réunie au royaume de León et de Castille en 1071. En 1230, sous le règne de Ferdinand III de Castille, le royaume de Galice s’intégra définitivement à la monarchie castillane de Léon et de Castille. Auparavant, une partie de la Galice du Sud (le nord du Portugal actuel) était devenue indépendante, puis le royaume du Portugal se constitua définitivement en 1139 avec les frontières actuelles.

Dès lors, la frontière politique qui se fixa définitivement entre le Portugal et la Galice produisit peu à peu ses effets sur la langue commune galeïco-portugaise. Cette langue, pourtant née en Galice du Nord, qui s’était implantée au sud lors de la Reconquête espagnole contre les Arabes, fut coupée de ses racines galiciennes et subit des influences différentes. Ainsi, alors que le galicien du Nord (galéïco-castillan) commençait à être colonisé par l’Espagne et empruntait massivement au castillan, le galicien du Sud (galeïco-portugais) subit l’influence arabe, puis, plus tard, soumis à la dynastie des ducs de Bourgogne et à l’influence des moines de Cluny (célèbre abbaye de Bourgogne), il emprunta une partie de son vocabulaire au français. À partir de 1500, le terme portugais remplaça définitivement celui de gallego pour désigner la langue parlée par les Portugais, ce qui scella la fragmentation du gallego en deux langues.

Dans les siècles qui suivirent, les Galiciens furent de plus en plus influencés par le castillan qui imprégna massivement leur langue. Toutefois, encore aujourd’hui, Portugais et Galiciens parlant leur langue galeïco-portugaise (et non le galeïco-castillan) peuvent aisément se comprendre, en dépit des différences phonétiques, grammaticales et surtout lexicales. À l’écrit, le galicien et le portugais demeurent assez semblables, exception faite, bien entendu, des différences lexicales parfois importantes.

Le déclin du galicien

Durant tout le XVIe siècle, une dernière période de prospérité économique en Galice entraîna une explosion démographique et un développement artistique et linguistique qui atteindra son point culminant à l’époque baroque. Cependant, l’absolutisme royal, la religion catholique et la culture castillane officielle, les trois forces majeures qui devaient unir l’Espagne, ont fait en sorte que le galicien, exclu de tout usage officiel, fut considéré comme une langue pouvant seulement être utilisée dans les communications orales informelles. Il s’ensuivit une longue période sombre appelée les Siglos Oscuros (les Siècles sombres), qui ne se terminera qu’avec l’avènement de la démocratie en 1975. La Galice poursuivit son déclin au XIXe siècle et demeura coupée du reste de l’Espagne. Pour diverses raisons, la modernisation rurale n’a pas été possible en Galice, qui sortit du XIXe siècle avec une économie sous-développée et exclusivement agricole, ce qui entraîna une émigration massive vers l’Espagne d’abord, puis à l’extérieur du pays. Entre 1860 et 1936, la plupart des Galiciens émigrants sont partis pour Cuba, l’Argentine, le Brésil et le Venezuela. La Galice prit alors un retard considérable sur le reste de l’Espagne et la langue galicienne resta confinée aux communications orales et perdit tout prestige social.

Ce n’est certes pas le régime autoritaire de Francisco Franco (1936-1975), lequel avait même interdit l’usage du galicien, qui favorisa la restauration de la langue galicienne.

Dans les années cinquante, l’émigration galicienne s’est poursuivie vers l’Europe centrale (Royaume-Uni, France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique et Suisse) ainsi que dans les principaux centres industriels de l’Espagne (Catalogne, Pays basque et Région de Madrid).

Cette saignée de la population a commencé à ralentir au début des années soixante-dix.

GALICE

Puis, une fois passé le régime de la dictature franquiste (1975), la Galice a pu enfin bénéficier d’un statut d’autonomie où sa condition de nationalité a été proclamée en vertu des dispositions de la Constitution espagnole de 1978.

La Communauté autonome de Galice a alors été instituée et le galicien fut reconnu co-officiel avec le castillan.

L’utilisation de la langue par la population est en diminution depuis ces dernières années dans les secteurs ruraux au profit du castillan (espagnol). Cette langue est influente dans les centres urbains depuis plus longtemps encore.

Malgré cette évolution historique en faveur du castillan, une récente étude sur les coutumes idiomatiques de la population galicienne montre que 80% de cette population pratique toujours le galicien.

De nombreux Galiciens émigrèrent au Brésil et en Argentine, à tel point que l’on surnomme aujourd’hui gallego (« galicien » en français) les personnes blondes et à la couleur claire au Brésil. Encore aujourd’hui, dans la plus grande partie de l’Amérique latine, tous les habitants venant d’Espagne ou vivant dans ces pays on les appelle encore, les Galiciens, quelque soit leurs origines régionales.

La Galice possède le statut de communauté autonome depuis le 28 avril 1981.

Le 13 novembre 2002, le Prestige avait fait naufrage à 270 km des côtes. Le fioul avait atteint les plages galiciennes.

(Source, licence GFDL)