Flamenco en Espagne : la danse, l’histoire, le Mystère !

FLAMENCOLe flamenco est un genre musical et une danse d’origine gitane et andalouse. À l’origine, le flamenco consistait en un chant sans accompagnement (cante). Puis la guitare est apparue comme accompagnement (toque), suivie des mains (palmas) et de la danse (baile). La guitare et la danse s’expriment désormais souvent seules, bien que le chant soit toujours considéré comme le cœur de la tradition.

Plus récemment, des instruments comme le cajón (un instrument de percussion provenant du Pérou), les palillos (castagnettes), et la guitare basse, ont été introduits.

Formes du Flamenco

Le cante flamenco consiste en un certain nombre de formes traditionnelles (et d’autres plus modernes), ayant des structures rythmiques et harmoniques différentes. Le rythme (compas) est sans doute la caractéristique la plus importante pour distinguer les différentes formes du flamenco. Les pièces sont composées de plusieurs « phrases » ou « falsetas » dont la sensation intense, rythmique est définie par la forme principale du morceau.

Certaines formes sont chantées sans accompagnement, alors que d’autres utilisent une guitare, voire un autre accompagnement. Certaines formes ne s’expriment que par la danse. En outre certaines danses ou chants sont traditionnellement le privilège des hommes et d’autres sont réservés aux femmes. Cependant de nombreux aspects traditionnels perdent de leur rigidité. La « farruca » par exemple, traditionnellement une danse masculine, est aujourd’hui également pratiquée par les femmes.

Classification du Cante

La classification des formes du flamenco fait l’objet de débats mais une approche classique et pratique est de les séparer en trois groupes. Les formes les plus profondes et les plus « sérieuses » sont connues sous le nom de cante jondo (ou cante grande), alors que les formes relativement plus légères et frivoles sont nommées cante chico. Les formes intermédiaires sont appelées cante intermedio (par exemple, la rumba est une forme de fandango). De nombreux artistes de flamenco, gherbas y compris ceux considérés comme les plus grands, se sont spécialisés dans une forme unique.

Cantes dans le Flamenco

Cante Jondo
– Siguiriyas
– Soleares
– Tientos
– Peteneras

Cante Intermedio
– Bulerias
– Tango
– Malagueñas|Farruca
– Granadinas

Cante Chico
– Garrotín
– Verdiales
– Verdiales
– Alegrías
– Fandango
– Farruca
– Guajiras
– Sevillana
– Verdiales
– Milongas

Aujourd’hui, cette classification n’a plus la même signification. Le caractère jondo ou chico est moins fonction du style de compas (solea, buleria, tientos…) que de l’interprétation qu’en fait le chanteur. Par exemple, de nombreux chanteurs interprètent les fandangos libres, ou les bulerias, comme des cantes jondos.

Par ailleurs, on peut ajouter à cette liste d’autres styles plus folkloriques, plus modernes, ou certains styles hybrides :

Styles hybrides : solea por buleria, jaleos, zambra, liviana, serrana

Cantes del Levante : taranta, tarantos, minera, cartagenera

Styles folkloriques : colombiana, garrotin, farruca

Cantinas : cantina, romera, alegria

Auxquels ils faut encore ajouter les sous-catégories propres à certains styles. Il existe ainsi plusieurs variantes traditionnelles de soleares, bulerias, tangos, cantinas, fandangos (qui est le style le plus riche en termes de sous-catégories : il existe quasiment un fandango par village et par interprète spécialiste des fandangos).

Ajoutons, pour être presque exhaustifs, que la tona, proche du martinete et qui s’interprête également sans guitare constitue quasiment un style en soi et que les saetas sont également très flamencas dans le sud de l’Espagne.

Artistes de flamenco

Chant

– Antonio Chacon
– Camarón de la Isla
– Diego el Cigala
– José Mercé
– Duquende
– Manuel Torre
– Terremoto de Jerez
– La Niña de los Peines
– Porrinas de Badajoz
– Pepe Marchena
– Carmen Linares
– Miguel Flores
– Bernarda de Utrera
– Fernanda de Utrera
– Agujetas
– Manolo Caracol
– El Pele
– El Chocolate
– Antonio Mairena
– Fosforito
– Estrella Morente
– Niña Pastori
– Pepe Pinto
– Antonio Molina
– Juanito Valderrama
– Carmen Amaya
– Remedios Amaya

Guitare

– Paco de Lucía
– Melchor de Marchena
– Niño Ricardo
– Diego del Gastor
– Sabicas
– Tomatito
– Pepe Habichuela
– Juan Habichuela
– Manolo Sanlúcar
– Vicente Amigo
– Pedro Bacan
– Paco Cepero
– Paco Pena
– Ramon Montoya
– Pedro Soler
– Juan Martin

Paco de Lucía

Paco de Lucía (né Francisco Sánchez Gómez) était un guitariste espagnol né le 21 décembre 1947 à Algesiras (province de Cadix, Espagne) et décédé le 26 février 2014. Il était considéré comme le plus universel des guitaristes ayant également apporté l’innovation la plus importante à la guitare flamenca.

Enfance, adolescence

L’environnement familial de Paco de Lucía fut favorable à son travail musical, tout d’abord par son père lui-même guitariste qui lui donne ses premières leçons à l’âge de 5 ans, puis ses frères, Ramón de Algeciras reconnu comme guitariste de talent et Pepe de Lucía qui mena très tôt une carrière de chanteur de flamenco.

A Jerez, Paco de Lucía participe à un concours de flamenco à l’âge de 12 ans et remporte le prix spécial. À l’âge de quatorze ans il est engagé comme guitariste pour la compagnie de danse José Greco et commence sa première tournée aux États-Unis. À New York il rencontre Mario Escudero et Sabicas, deux guitaristes espagnols de renommée qui l’encouragent à mener une carrière de soliste.

Carrière

Après l’enregistrement en solo de son premier disque en 1965 et un concert au Teatro Real de Madrid son talent est reconnu unanimement. L’innovation de ses compositions dans le milieu du flamenco traditionnel associé à une technique instrumentale impressionnante lui ouvre d’autres horizons musicaux.

Paco De Lucia (Best Of)
Paco De Lucia (Best Of)

Paco de Lucía adapte et enregistre plusieurs thèmes du compositeur espagnol Manuel de Falla et quelques années plus tard il enregistre l’œuvre majeure de Joaquín Rodrigo, le Concerto d’Aranjuez.

Entre-temps Paco de Lucía collabore avec de nombreux musiciens de jazz, Larry Coryell, Chick Corea… En 1981, un trio réunit les guitaristes John McLaughlin, Al Di Meola et Paco de Lucía, le disque Friday Night in San Francisco enregistré à l’issue d’une tournée mondiale se classe rapidement parmi les meilleures ventes de disques de guitare instrumentale.

Sans jamais oublier son univers musical d’origine Paco de Lucía s’associera à l’enregistrement de 10 albums de la grande figure du chant flamenco, Camarón de la Isla.

Un guitariste reconnu et influent

Paco de Lucía représente l’influence de nombreux guitaristes et participe avec eux à l’expression d’un nouveau flamenco qui élargit considérablement son audience à travers le monde.

En automne 2004 Paco de Lucía reçoit à Oviedo (Asturies – Espagne) le Prix Prince des Asturies des Arts patronnée par Felipe de Bourbon, actuel roi d’Espagne.

« Considéré comme le plus universel des artistes flamenco, son style a fait école parmi les plus jeunes générations et son art est devenu un des meilleurs ambassadeurs de la culture espagnole à travers le monde », a estimé le jury.

DVD Paco de Lucía
DVD Paco de Lucía

« Tout ce qui peut s’exprimer avec les six cordes d’une guitare peut sortir de ses mains, qui s’animent avec l’émouvante profondeur de la sensibilité », a ajouté le jury.

A noter, qu’il a composé la musique du film « The Hit » de Stephen Frears en 1984.

Danse

– Carmen Amaya
– Farruquito
– Sara Baras
– Israël Galvan
– Mercedes Ruiz
– Farruco
– Felix El loco
– Antonio Gades
– Christina Hoyos
– Manuel Liñán
– La Morita
– Maria Pages
– José Rafael « el Moro »

Histoire du flamenco

Le Flamenco trouve son origine dans trois cultures essentielles, qui furent violemment combattues et persécutées par l’Église catholique : Musulmane, Juive et Andalouse. Exégètes, musicologues, chercheurs, s’accordent à penser aujourd’hui que Triana (quartier de Seville), est le berceau du flamenco. C’est en effet dans cette ville, que poètes et musiciens trouvèrent refuges vers le XVIe siècle. D’autres sources, telle la bibliothèque de Séville, fait remonter la venue de troubadours « réfugiés » en raison de persécutions au XIIIe siècle.

Flamenco = gitans ?

Il est souvent dit que le flamenco est né des Gitans. Ce qui, comme le souligne Michel Dieuzaide n’est pas tout à fait exact, et de nuancer : « Le Flamenco ne se confond pas avec les gitans, il s’en faut ; les « payos » (ou « gadgés » pour les Manouches), y jouent un rôle important, mais les gitans lui donnent son style ». Certains historiens considèrent que les gitans par nomadisme,ont fortment contribué à la dispersion et diffusion du flamenco.

Certains attribuent la création de cette musique aux gitans, un peuple provenant d’Inde (jusqu’à récemment, on croyait qu’ils étaient égyptien)- et dispersé, en raison de sa condition de peuple errant, partout en Europe. Ils sont arrivés en Espagne, au début du XVe siècle, à la recherche de climats plus chauds que ceux qu´ils avaient connus jusqu´à lors sur le continent.

« Cantaores » absolument prodigieux, les gitans intègrent alors les diverses sonorités musulmanes, telles que nous pouvons encore les entendre de nos jours, avec l’immense el Hadj Abdelkrim Raïs 1, tout en en modifiant le rythme.

Ils s’inspirent également des cantiques liturgiques chrétiens Mozarabes, ou « rites Mozarabes », dont la présence est attestée dès le début du IXe siècle. Ces liturgies seront remplacées (pour ne pas dire interdites) vers le début du XIe siècle par les papes qui se succéderont, ainsi que par les rois de Castille et d’Aragon. Elles seront de nouveau autorisées au XVIe siècle par l’évêque Cisneros de la cathédrale de Tolède, qui voit là une bonne façon de ramener au bercail les « Infidèles ». Il est par ailleurs intéressant de noter, que le Mozarabe apparaît pleinement dans la poésie des troubadours appelée « muwachchaha », terme que l’on retrouve déformé dans la langue Rom sous la forme « muvaachaha ».

Enfin, la profonde sensibilité musicale des gitans, puise également dans la douceur, l’exil et la tristesse des berceuses des mères juives.

L’ancêtre du flamenco ?

Selon les avis les plus répandus, au début il n’y avait ni danse ni guitare, seulement le chant, de sorte qu’on est arrivé à la conclusion que le premier genre de l´histoire fut la toná, et que celle-ci s’est établie dans le triangle formé par Triana, Xérès et Cadix.

Il est très difficile de déterminer avant le XVIIIe siècle, comment était représenté l' »ancêtre » du Flamenco. Des pièces de musique du XVIè (nées vers 930-960) et ayant circulées dans le sud de l’Europe, Corse, Andalousie, et dans les pays Catalans, tels les « Cant de la sibilla » – tout en étant d’ailleurs interdits par l’Église – peuvent nous donner une idée des sonorités arabo-andalouse, qui composaient les voix et le son des instruments de cette époque.

A côté des instruments traditionnels utilisés, un seul d’entre eux semble ne pas avoir changé. Il s’agit du « rabab », ancienne vielle à deux cordes en boyau de mouton, dont on tire les sons avec un archet en crin de cheval. Le son mélodieux de cet instrument, peut, sans autres précisions, d’après le musicologue Garcia Matos, avoir été utilisé pour accompagner ceux que nous pouvons, nommer les « premiers » Cantaores. Il semblerait que la mandoline ait pu être utilisée, mais ce, sans autre forme de précision notable, si ce n’est quelques très vieilles photos datées des années 1900.

À la fin du XVIIè début du XVIIIè, le Flamenco commence à être reconnu et revendiqué par les exclus, les déshérités. Le chant seul, comme dans la tonà servait à dissimuler des remarques et critiques d’ordre politique.

Ce n’est qu’au milieu du XVIIIè et au XIXe siècle, que ce dernier commencera à être reconnu, et à avoir un rôle social et culturel, qui s’exprimera d’abord dans les lieux de travail, entre amis, ou dans les réunions familiales. Et c’est à Triana, que s’ouvriront les premiers « tablaos », ancêtres de nos cafés-concerts. Mais le succès du Flamenco à aussi son revers.

Il perdra dans les années 1920, jusqu’à environ 1950, voire 1960 – date de son renouveau – son âme. Mêlé à un pseudo folklore de « bas étage », il ne servira qu’à plaire à un public toujours plus nombreux, en recherche de trivialités.

Renouveau des années 80

Il faudra attendre les années 1980, afin que soit entrepris un travail conséquent, pour faire découvrir aux amateurs, les plus belles et vibrantes pages du Flamenco passé. On le doit notamment à Mario Bois, qui propose en 1985 à Chant du Monde de créer une anthologie. Le succès aujourd’hui est considérable. Les archives discographiques des plus grands (es) interprètes couvrent à ce jour plus d’une trentaine de volumes. Pour ce dernier, le travail a été très difficile : « Comment trouver cette musique dans le labyrinthe de l’édition ? On peut dire que 80 % de ce que l’entend est médiocre, 15 % est de « bonne volonté », mais le reste, rarissime, est d’une force, d’une flamboyance fascinantes ».

De nos jours, pour ce qui est de l’enseignement, des Ecoles prestigieuses, des Académies – Jerez, Séville, Grenade entre autres – offrent à cette musique exceptionnelle, la place qui est enfin la sienne. Ce qui fait dire avec beaucoup de justesse et d’émotion à Sophie Galland :

« Il [le flamenco] renferme aussi et surtout les trois mémoires de l’Andalousie, mêlées de façon inextricable : la Musulmane, savante et raffinée ; la Juive, pathétique et tendre ; la Gitane enfin, rythmique et populaire. »

Le mystère de l’origine du flamenco

Un autre aspect selon lequel cet art est un véritable mystère réside dans le fait de définir quelle est la provenance exacte du terme « flamenco« . Il existe de nombreuses théories concernant la genèse de ce vocable, même si la plus répandue est peut-être celle que défend Blas Infante dans son livre « Origines du flamenco« . Selon le père de l’Autonomie andalouse, le mot « flamenco » dérive des termes arabes « Felah-Mengus », qui associés signifient « paysan errant ».

Flamenco = nom d’un couteau ?

De nombreux adeptes connaissent également la curieuse théorie affirmant que le flamenco était le nom d’un couteau ou d´un poignard. C’est la raison pour laquelle, dans la saynète « El Soldado Fanfarrón », écrite par González del Castillo au XVIIIè siècle, on peut lire : « El melitar, que sacó para mi esposo, un flamenco« (Le militaire, qui sortit pour mon époux, un flamenco). Dans une autre copla (chanson) reprise par Rodríguez Marín, il dit : « Si me s’ajuma er pescao (Si le poisson brûle) / y desenvaino er flamenco (et si je sors mon flamenco)/ con cuarenta puñalás (avec 40 coups de poignard)/ se iba a rematar el cuento (allait se terminer l’histoire) ».

Cependant, cette hypothèse ne s’est jamais fait une place, de même que l’hypothèse selon laquelle le nom avait été donné au genre pour l’oiseau appelé flamenco (flamand). L’autorité de ce précepte est également due à Rodríguez Marín, qui justifia sa position en argumentant que les chanteurs interprétaient le chant avec une veste courte, qu’ils étaient grands et brisés à la taille et c’était la raison pour laquelle ils ressemblaient à l’échassiers du même nom.

De même que les précédentes, la théorie dirigée par des experts tels que Hipólito Rossy ou Carlos Almendro dans laquelle on affirme que nous devons le mot flamenco à la musique polyphonique de l´Espagne au XVI siècle qui s’est accentuée avec les Pays Bas, c’est à dire, avec les anciennes Flandres, n’a toujours pas été vérifiée. Cette théorie fut également défendue, bien que nuancée, par le voyageur romantique George Borrow et par Hugo Schuchard, entre autres. Selon ces écrivains, anciennement on croyait que les gitans étaient d’origine germanique, ce qui explique qu’on aurait pu les appeler flamencos.

Enfin, il existe deux hypothèses moins engagées, mais assez intéressantes. Antonio Machado et Álvarez, Demófilo, dit que « les gitans appellent les Andalous gachós et que ceux-ci appellent les gitans flamencos, sans que nous sachions la cause de cette dénomination ». Et Manuel García Matos affirme: « Flamenco provient de l´argot employé à la fin du XVIII siècle et au début du XIXe pour cataloguer tout ce qui signifie ostentatoire, prétentieux ou fanfaron ou, comme nous pourrions le déterminer d´une façon très andalouse, « echao p´alante » (débrouillard) ». Pour ce même auteur, ce serait un mot germanique qui signifierait « flamboyant », « ardent ».

Le flamenco fut popularisé à la fin du XVIIIe siècle à Jerez-de-la-Frontera en Andalousie, par Tio Luis el de la Juliana. C’est en transportant de l’eau depuis la source des Albarizones jusqu’à Jerez que le troubadour créait ses chants. Un nom qui a créé de nombreux conflits entre les flamencologues d´antan, car sa biographie n’a jamais pu faire l’objet d’un consensus. Aujourd’hui, cette discussion n’a plus la même importance car il est toujours impossible de démontrer le fait même qu’il ait existé (source).

Corrida en Espagne, explications d’une tradition CONTESTEE

Malaga (Photo : tim caynes)

La corrida est une forme de course de taureaux, consistant en un combat à l’issue duquel le taureau est mis à mort. La corrida est pratiquée essentiellement en Espagne, dans le Midi de la France, dans certains Etats d’Amérique latine (Mexique, Pérou, Colombie, Venezuela, Équateur et Bolivie) et dans quelques communes du Portugal.

Les « jeux taurins », éventuellement la mise à mort du taureau en public dans la corrida, sont sans doute une survivance des sacrifices d’animaux qui ont été si importants dans les cultures primitives.

Dans le langage courant, corrida désigne de nos jours la course de taureaux telle qu’elle se pratique principalement en Espagne. Au cours d’une corrida, six taureaux (le plus généralement) sont combattus et mis à mort par des matadors aidés de peones et de picadors.

La corrida ailleurs dans le monde

Au Portugal, la mise à mort en public est en principe interdite. Elle n’est effectuée que dans quelques communes, notamment à Barrancos ; ailleurs, la mise à mort est effectuée après le retour du taureau au toril.

La corrida est pratiquée sous une forme « édulcorée », sans picadors, sans banderilles et sans mise à mort, dans certains Etats des États-Unis, notamment la Californie et le Nouveau-Mexique.

La corrida en Catalogne

A noter que depuis 2012, la Catalogne a interdit la corrida dans sa région (source) mais… en octobre 2016 l’Etat espagnol conteste cette décision (source). Vous pourrez donc peut-être revoir des corridas à Barcelone par exemple.

Pourquoi vient-on voir une corrida ?

Pourquoi ils vont voir des corridas
Pourquoi ils vont voir des corridas

Parmi les éléments qui permettront d’évaluer le spectacle on trouve traditionnellement :

  • Le courage de l’homme
  • La bravoure de l’animal
  • L’autorité de l’homme sur l’animal
  • L’élégance
  • L’efficacité : une mise à mort « approximative » peut facilement dégrader un spectacle par ailleurs bien mené.

Corrida, Arles 2014

Déroulement d’une corrida

La corrida expliquée à mes amis
La corrida expliquée à mes amis

Le sorteo

Le jour même de la corrida, à midi, a lieu le sorteo, répartition des taureaux entre les matadors par un tirage au sort.

L’apartado

Une fois le tirage au sort effectué, a lieu l’apartado : les taureaux sont séparés les uns des autres et placés un à un dans les chiqueros, cellules obscures d’environ trois mètres sur deux, dans lesquelles ils attendent l’heure de la corrida afin de pouvoir être lâchés dans l’arène au moment voulu.

A las cinco de la tarde

« En Espagne, la seul chose qui commence à l’heure, c’est la corrida« .

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Le paseo

La corrida commence par un défilé de tous les participants : le paseo (ou paseíllo). À l’heure prévue, le président présente un mouchoir blanc ; aux accents d’un paso doble le cortège s’ébranle, précédé par les alguaziles (ou alguacilillos). Viennent au premier rang les trois matadors, classés par ordre d’ancienneté. Si un torero se présente pour la première fois dans la « plaza », il avance tête nue, sinon il est coiffé du chapeau traditionnel la « montera ». Derrière suivent les peones, également classés par ancienneté, puis les picadors, eux aussi classés selon l’ancienneté.

Viennent ensuite les areneros ou monosabios, employés des arènes qui ont pour fonction de remettre en état la piste entre chaque taureau. Vient enfin le train d’arrastre, attelage de mules chargé de traîner la dépouille du taureau hors de l’arène.

La lidia

Puis vient l’heure du combat, en espagnol « lidia ». Une corrida formelle comprend en principe la lidia de six taureaux. Pour chacun d’entre eux, la lidia se déroule selon protocole immuable. Ce protocole est décomposé en trois parties, appelées tercios.

Espectaculo Mortuoso

Premier tercio : le tercio de pique

Sortie du taureau

Après la sortie du taureau, le matador et ses peones effectuent des passes de capote, pièce de toile généralement de couleur lie de vin à l’extérieur et jaune à l’intérieur, qui sert de leurre. Ces premières passes de capote permettent au matador d’évaluer le comportement du taureau. Pour aider leur matador à évaluer le comportement du taureau, les peones appellent celui-ci à tour de rôle et l’attirer vers les différents points de l’arène, l’incitant à aller au bout de sa charge. Puis le matador effectue lui-même quelques passes de capote afin de compléter son étude du taureau.

Entrée des picadors

Autrefois, le picador était le principal héros de la corrida, le plus attendu des toreros ; les toreros à pied n’étaient que ses aides. Ce n’est que dans la seconde moitié du XVIIIe siècle qu’il a commencé à perdre sa suprématie, pour devenir au milieu du XIXe un subalterne du matador.

Le rôle du picador est de tester la bravoure du taureau à l’aide de sa pique, lance en bois de hêtre de 2,60 mètres de long terminée par une pointe d’acier : la puya.

Deuxième tercio : le tercio de banderilles

Le deuxième tercio consiste à poser les banderilles (espagnol : banderillas), bâtons d’environ 80 cm de long, terminés par un harpon et recouverts de papier de couleur.

Les banderilles sont généralement posées par les peones , mais certains matadors les posent eux-mêmes.

Corrida Chateaurenard

Troisième tercio : le tercio de mise à mort

La faena de muleta

La faena de muleta est le travail à pied du matador à l’aide d’un leurre en tissu rouge, la muleta. La faena de muleta prépare le taureau à la mort.

Corrida, Arles 2014

L’estocade

Ce tercio se termine par l’estocade à l’aide de l’épée.

Le descabello

Parfois, après l’estocade, le taureau tarde à s’écrouler. Le matador doit alors descabellar : il plante une épée spéciale (verdugo) entre la base du crâne et le début de la colonne vertébrale, au même endroit que celui où le puntillero plantera sa puntilla.

La puntilla

Après l’estocade (et éventuellement après le descabello), le coup de grâce est donné par l’un des peones (appelé puntillero) à l’aide d’une puntilla, poignard à lame courte et large, plantée entre la base du crâne et le début de la colonne vertébrale, afin de détruire le cervelet et le début de la moelle épinière.

Les récompenses

S’ils ont apprécié la prestation du matador, les spectateurs réclament au président que lui soient accordées une, voire deux oreilles, et même deux oreilles et la queue. Pour ce faire, ils doivent agiter un mouchoir blanc, mais l’expérience montre que nombre de spectateurs (surtout en France) se contentent de crier, siffler ou applaudir. Le président accorde une oreille, deux oreilles, deux oreilles et la queue en présentant un, deux ou trois mouchoirs blancs. Les trophées sont coupés sous la surveillance de l’alguazil qui les remettra au matador après que la dépouille du taureau ait été tirée hors de la piste. Il ne reste plus au matador qu’à faire une vuelta al ruedo : il fait le tour de la piste en longeant la barrière et salue le public ; les spectateurs les plus enthousiastes lui envoient des bouquets de fleurs, des cigares, leur chapeau, leur foulard etc. Le matador garde les fleurs et les cigares, et renvoie les chapeaux, foulards, etc., à leur propriétaire.

Si la prestation du matador a été fort peu appréciée, elle peut entraîner une bronca : les spectateurs mécontents crient, sifflent, et il peut même arriver que certains jettent des bouteilles sur la piste. (Un tel geste est largement condamné par les aficionados.) Parfois la réaction est pire pour le matador que la plus forte des broncas : le silence.

Si le taureau a été exceptionnellement bon, le président pourra lui accorder à lui aussi une vuelta al ruedo en présentant un mouchoir bleu. Et s’il a été plus qu’exceptionnellement bon, le président pourra, avant l’estocade, ordonner sa grâce en présentant un mouchoir orange.

Quand le matador a fini de saluer, il ne reste plus au président qu’à sortir son mouchoir blanc afin d’ordonner l’entrée en piste du taureau suivant.

Corrida in Sevilla

En fin de corrida, les matadors quittent l’arène l’un après l’autre, par ordre d’ancienneté.

Les protagonistes de la corrida

Le taureau

Le principal protagoniste de la corrida est le taureau : La corrida de toros se déroule dans une plaza de toros où le taureau est tué par un matador de toros.

L’élevage du taureau

À l’origine de la corrida, on se contente d’aller dans les élevages pour s’emparer des taureaux dont on peut supposer qu’ils sont les plus combatifs du troupeau. À partir du XVIIe siècle, la sélection se fait plus rigoureuse : quelques éleveurs commencent à sélectionner leurs taureaux spécialement pour les besoins de la corrida.

Aujourd’hui, les taureaux sont spécialement sélectionnés en fonction de leurs qualités supposées au combat et de leur masse corporelle (parfois plus de 600 kg, mais le plus souvent entre 480 et 550 kg).

Les ganaderías assurent un élevage dans des conditions d’isolement qui permettent de garantir que le taureau qui entre dans l’arène n’a jamais vu d’homme à pied (les éleveurs circulent exclusivement à cheval ou en véhicule). L’objectif est d’obtenir des taureaux « braves » (ce qui se reconnaît au fait qu’ils chargent à la plus petite provocation : soit parce que le torero empiète sur son terrain, soit à l’appel).

Philosophie de la corrida
Philosophie de la corrida

Jusqu’à son départ pour l’arène, le taureau vivra en quasi liberté dans les immenses prairies : si les latifundia du passé ont disparu, les élevages de taureaux continuent encore aujourd’hui de s’étendre sur plusieurs centaines, parfois milliers, d’hectares.

The Outfit

L’éleveur est représenté pendant la course par son mayoral (régisseur ou intendant). Quand le lot de taureaux a été exceptionnel, on voit parfois le mayoral porté a hombros pour honorer son élevage.

Le prix d’un taureau de combat (qui comprend son transport jusqu’aux arènes) varie selon la taille et l’origine, mais on considère qu’il varie entre quelques milliers d’euros pour un novillo et plusieurs dizaines de milliers d’euros pour les plus réputés.

Le taureau dans l’arène

À la sortie du toril, il est marqué de la devise, flot de rubans de diverses couleurs, chaque ganaderia ayant sa propre devise.

Les principales qualités que l’on demande au taureau sont la bravoure (charger à la moindre sollicitation), la noblesse (charger en ligne droite plutôt qu’en « zigzag ») et la caste (être d’une race de taureaux sélectionnés pour la corrida).

Le matador

Le matador est le principal des toreros : comme son nom l’indique, il est chargé de tuer le taureau. Sa responsabilité recouvre :

  • les passes de capote (en même temps que ses peones) ;
  • amener le taureau au cheval (lors du tercio de piques) ;
  • les passes de muleta ;
  • la mise à mort par l’estocade et éventuellement le descabello.

Généralement, il y a six taureaux et trois matadors par corrida. Chaque matador combat donc deux taureaux : le matador le plus ancien combat les premier et quatrième, le deuxième par ordre d’ancienneté combat les deuxième et cinquième, le plus jeune combat les troisième et sixième.

Les membres de la cuadrilla

Chaque matador est assisté par une cuadrilla, équipe de « subalternes » à son service. Les peones sont les aides du matador.

Les picadors

Le picador applique les piques lors du premier tercio. Chaque cuadrilla compte deux picadors, qui officient à tour de rôle.

Les autres assistants du matador

Le mozo de espada

Le mozo de espada (« valet d’épée ») assiste le matador depuis la contrepiste. Il lui fournit un capote de remplacement en cas de déchirure, lui tend les banderilles s’il les pose lui-même, lui remettra l’épée à la fin de la faena de muleta. Il entretient le matériel et l’habit de lumières, s’occupe des réservations d’hôtel, de train, d’avions, etc.

L’apoderado

Littéralement « fondé de pouvoir ». C’est l’équivalent du manager.

Le président et ses assesseurs

Le président est chargé de l’ordre. Il ordonne le début de chaque course, les changements de tercios, l’attribution des trophées. Ses décisions sont notifiées à l’aide de mouchoirs (voir plus haut). Il est assisté de deux assesseurs.

The Tour

L’alguazil

Les alguaziles (ou alguacilillos) sont les « policiers » de la place. Au nombre de deux, ils défilent en tête du paseo. Sous les ordres du président, ils veillent au respect du règlement par tous les acteurs. Le cas échéant, ils remettent également les trophées au matador.

Le personnel de l’arène

Les areneros sont chargés de remettre la piste en état après chaque taureau.

Les mulilleros sont les personnes chargées de l’attelage de mules évacuant la carcasse en fin de course.

La musique

Le paso doble est inséparable de la corrida. La musique accompagne le paseo et fait patienter le public entre deux taureaux. Elle souligne une faena de muleta qui commence à atteindre les sommets de la qualité, ainsi que la pose des banderilles lorsqu’elle est faite par le matador lui-même. Enfin, quand le picador pique avec le regatón, le plus souvent cette pique supplémentaire se fait en musique.

Faire jouer la musique en cours de faena de muleta est déjà une récompense. L’ordre de jouer est donné par le président (sauf à Séville où c’est le chef d’orchestre qui décide) ; souvent une partie du public la réclame en criant « música, música ».

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L’empresa

C’est l’organisateur de la corrida, celui qui engage les matadors, achète les taureaux et espère engranger les bénéfices.

Le public
Le public est varié. Traditionnellement, on classe les spectateurs en deux grandes catégories : les « toreristas » et les « toristas ».

Les toreristas seraient essentiellement attirés par l’art du matador, son adresse, l’élégance de ses passes.

Les toristas seraient essentiellement attirés par le spectacle du taureau démontrant sa bravoure, surtout face au picador. Ils n’apprécieraient que les matadors qui mettent en valeur le taureau, révèlent ses qualités et ses défauts.

À ces deux principales catégories, il faut ajouter les « turistas », les touristes 😉 (Source).

Espectaculo Mortuoso

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Drapeau Espagne, drapeau espagnol : signification

Connaissez-vous le drapeau d’Espagne ? Quelles sont ses couleurs, quelle est sa signification ?

Le drapeau de l’Espagne comporte 3 bandes horizontales de couleurs : rouge, jaune et rouge, avec, au centre, l’écu national (château, lion, barres, chaînes et grenade) surmonté d’une couronne à 8 fleurons (1927). Le rouge et l’or furent choisis comme emblème national en 1785.

Le drapeau espagnol et son blason : signification

Drapeau espagnol
Drapeau espagnol

Les armoiries du Royaume d’Espagne comprennent plusieurs éléments qui remontent à une histoire millénaire : un blason composé de six parties, la couronne royale espagnole qui surmonte l’écu et deux colonnes qui le flanquent à droite et à gauche surmontées des couronnes impériale (droite) et royale (gauche).

Le blason est constitué des blasons des royaumes historiques et de la dynastie régnante :

DRAPEAU ESPAGNE : blason

  • Le royaume de Castille de gueules au château d’or ouvert et ajouré d’azur (château jaune sur fond rouge, fenêtres et portes bleues)
  • Le royaume de Léon d’argent au lion de pourpre couronné armé et lampassé d’or (lion violet-mauve sur fond blanc, couronne, griffes et langue jaunes)
  • La Couronne d’Aragon d’or à quatre pals de gueules (Quatre bandes verticales rouges sur fond jaune)
  • Le royaume de Navarre de gueules aux chaînes d’or posées en orle, en croix et en sautoir, chargées en coeur d’une émeraude au naturel (chaînes d’or sur fond rouge, une émeraude verte au centre)
  • Le royaume de Grenade d’argent à une grenade au naturel, ouverte de gueules, tigée et feuilleté de sinople (Une grenade dans sa couleur naturelle, laissant voir des grains rouges, la tige et ses deux feuilles vertes sur fond blanc)
  • La maison de Bourbon-Anjou (la Casa de Borbón) qui règne sur l’Espagne depuis Philippe V d’azur aux trois fleurs de lys d’or à la bordure de gueules (trois fleurs de lys sur fond bleu bordé de rouge).

On trouve, de chaque côté de l’écu, les colonnes d’Hercule, ancien nom donné au détroit de Gibraltar, avec la mention en latin PLUS ULTRA qui signifie Au-delà, en référence aux territoires d’outremer conquis par les Espagnols en Amérique, en Afrique et dans le Pacifique.

Les colonnes, surmontées des couronnes impériale et royale, ont été ajoutées aux armoiries nationales par Charles Quint, à la fois roi d’Espagne et empereur du Saint Empire romain germanique (Source).

Bientôt en Espagne ? Où allez-vous dormir ?

Vivez les fêtes des Moros y Cristianos (maures et chrétiens)

Fêtes des Moros y Cristianos (maures et chrétiens) (Photo : Funny_Games)

Fêtes des Moros y Cristianos (maures et chrétiens) (Photo : Funny_Games)

Que sont ces fêtes ?

Célébrées dans plusieurs villes espagnoles, les fêtes de Moros y Cristianos (Maures et Chrétiens) sont la commémoration des XVe, XVIe et XVIIe siècles, période durant laquelle les Musulmans régnaient dans la péninsule ibérique et des batailles entre Chrétiens et Musulmans, donnant le pouvoir aux uns et aux autres selon le vainqueur.

Les Moros y Cristianos sont les fêtes les plus importantes de Villajoyosa (« Villa Joiosa » en valencien). Villajoyosa est une ville de la Communauté Valencienne, en Espagne, sur la côte de la province d’Alicante.

Selon la tradition, Santa Marta aida les habitants de la ville, en provocant une inondation qui arrosa les bateaux ennemis et empêchèrent les corsaires d’arriver sur la côte. En remerciement, le peuple la nommèrent patronne.

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Les fêtes de Moros y Cristianos ont lieu dans de nombreuses localités villes espagnoles mais surtout dans la province d’Alicante et, en fonction de l’histoire de chaque lieu, chaque fête possède des caractéristiques différentes et dates différentes. La particularité de Villajoyosa est la célébration du débarquement.

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Comment se déroulent les fêtes ?

Les fêtes commencent avec les extraordinaires défilés des Maures et Chrétiens, les 25 et 26 juillet, au son de la musique.

A l’aube du 28 juillet, on réalise le spectaculaire débarquement. Vers 5h du matin, les habitants et touristes commencent à rejoindre la place et, pendant que les Chrétiens préparent l’artillerie de défense sur la côte, plus de 30 embarcations musulmanes s’approchent des côtes.

Après avoir pris la terre, les deux armées luttent jusqu’à arriver au pied du château, qui finalement sera occupé par les Maures.

Dans l’après-midi, les troupes chrétiennes reviennent conquérir la forteresse : ils essayent tout d’abord de négocier la reddition des occupants mais suite à l’échec des négociations, commence une grande bataille qui se termine par la défaite des Maures, qui sont symboliquement renvoyés jusqu’à la mer.

Photos des fêtes de Moros y Cristianos (maures et chrétiens)

Moros y Cristianos vistos desde la ventana de mis padres en Elda, .... la mejor ventana para esto!

Moros i Cristians. Dragonwomen

De nombreuses activités sont proposées à Villajoyosa pour profiter de ces fêtes de Moros y Cristianos comme les concours gastronomiques, les fêtes populaires nocturnes, feux d’artifices et concerts.

Moros y Cristianos San Blas 2009  - 3

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Moros y Cristianos Alcoy 2010 1

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